2600 kms à 80 km/h

Divers

Après ce long périple sans autoroute à péage, je livre mes conclusions sur le passage aux 80 km/h.

Mais d’abord, reprenons depuis le début.

Pourquoi cette mesure ?

Le gouvernement, tout du moins les conseillers qui le constituent, estiment que la vitesse tue. C’est évidemment un raccourci de langage, car non seulement ce n’est pas la vitesse mais les conducteurs qui tuent, mais en plus la vitesse permet aussi de sauver des vies. Mais ceci est une autre histoire.

Un autre postulat gouvernemental consiste à faire comprendre à la population qu’elle est par nature irresponsable et que l’État se doit de la protéger d’elle-même. Ainsi, tout le monde est logé à la même enseigne, sans distinction d’expérience, de véhicule ou d’état de santé.

A quoi servent les limitations de vitesse ?

Les limitations de vitesse ont pour but de prévenir les risques d’accidents liés au temps et à la distance minimals nécessaires en cas de freinage. Dans notre cas ne sont concernées que les routes départementales à deux voies sans séparation physique au milieu. Une autre raison consiste à assurer la fluidité de circulation, notamment dans les giratoires (à ne pas confondre avec les rond-points, qui sont à priorité à droite), les lotissements et les carrefours.

Pour rappel des cours du code, la distance minimale de freinage selon la vitesse est corrélée par la formule :

D = (V/10)²

Soit, pour 80 km/h, (80/10)²=8²=64 m, et 90 km/h, (90/10)²=9²=81 m.

Je tiens à dire que sur les départementales où il y a un feu à un carrefour et où la vitesse est limitée à 70 km/h, quand le feu passe à l’orange, il est impossible de s’arrêter au rouge sans piler, car on n’a que 3 secondes pour stopper le véhicule. Je recommande donc, à la vue du feu, de passer à 50 km/h.

En quoi est-ce aberrant ?

  1. Certaines routes sont plus dangereuses à 80 qu’à 90, à cause de la lassitude et la perte de vigilance que peut procurer un rythme ralenti, surtout si le décor est vaste, la route droite et la circulation fluide
  2. Certaines routes larges avec un Zebra au milieu et des bandes d’arrêt d’urgence sont limitées à 80 là où des voies étroites de dépassement sans marge de manœuvre le sont à 90
  3. Les côtes peuvent, selon le véhicule, impliquer une rétrogradation de vitesse pour maintenir cette allure, augmentant la consommation d’essence
  4. Si l’argument est uniquement le temps de freinage, les élus ne tiennent pas compte :
    1. des caractéristiques du véhicule
    2. des conditions de santé du conducteur (fatigue, maladie, ébriété, handicap…)
    3. de l’état du revêtement routier
    4. de l’état des dispositifs de sécurité du véhicule
    5. des conditions météorologiques
    6. de la visibilité de certains tronçons
    7. du respect ou non des distances minimales entre chaque véhicule, selon la densité de circulation (V <= D) ou la visibilité
    8. que les personnes confondent vitesse maximale et vitesse obligatoire (ou vitesse limite maximale et vitesse limite minimale, selon les cas)
    9. du fait que  la plupart des accidents sur les routes sont provoqués par des véhicules roulant bien au-delà de la vitesse maximale

Quelles solutions ?

Les occidentaux ont une propension non négligeable à vouloir rejeter la faute sur quelqu’un d’autre, principe de dualité oblige. Les confronter à assumer leur propre responsabilité du jour au lendemain, en supprimant les limitations de vitesse et en leur demandant de faire preuve de bon sens, semble totalement utopiste actuellement.

Une autre solutions serait, comme pour les produits alimentaires, de définir des degrés de dangerosité d’une situation, comme le font les panneaux de virages dangereux. Un concept à réfléchir…

Enfin, on pourrait commencer par rajouter des panneaux de rappel, car notre degré d’attention et de vigilance étant limité, une petite piqure ne fait pas de mal de temps en temps, pour nous dire qu’on est censés rouler à 80…