3 conseils conjugaux

Vie intérieure / Pensées

Cohabiter avec une jeune femme de 23 ans montre les décalages liés avec la maturité et l’expérience. Dans le domaine amoureux, et en lien avec nos échanges, voici 3 conseils que je donne :

  1. ne soyez pas gaga avec votre compagnon/compagne
  2. ne dites jamais trop que vous l’aimez
  3. sachez affirmer votre position

L’édit Gaga

L’une des pires choses que l’on nous enseigne pour établir une vie conjugale est tout ce qui touche à la séduction ou à l’expression du sentiment amoureux. Le point commun de ces deux situations est que l’on falsifie notre personne avec un comportement codifié sensé exprimer le fait que l’on est « in love« .  En fait, cela exprime davantage un mécanisme d’un sentiment d’attachement affectif, tel un enfant envers sa maman afin que celle-ci soit toujours présente, quoi qu’il arrive.

Quand on dit que les hommes recherchent leur mère à travers leur compagne, il en va de même avec lesdites compagnes quand celles-ci les appellent « mon bébé ». En analyse transactionnelle, ce qui est censé être une relation Enfant-Enfant (à prendre dans le sens de l’émotionnel) devient rapidement une relation Enfant-Parent (dans la quête de reconnaissance affective (Parent Maternel) ou de la recherche de repères/protection (Parent Paternel).

On retrouve le même mécanisme dans la séduction, où l’on peut promettre affection ou sécurité financière, entre autres, en vue d’établir une relation conjugale.

Mais je t’aime !

Dire à une personne qu’on l’aime est un acte à double tranchant, et n’est que très rarement une preuve d’amour. En effet, le modèle affectif que nous enseignent nos parents étant davantage un modèle de compensation affective par la consommation qu’un réel accès à l’autonomie affective, tien à terminer notre parcours initiatique auprès d’une autre personne. Au final : le lien parental (on y revient) que l’on développe avec l’autre est celui d’un môme de 6-7 ans à qui la mère n’a jamais dit : « maintenant, tu peux trouver en toi l’affection dont tu as besoin, mais je serai toujours là si tu as besoin ». Donc chercher son père ou sa mère dans son conjoint nous amène à recréer ce lien d’attachement pré-natal, où la mère et l’enfant ne faisaient qu’un.

Et donc, dire trop souvent à quelqu’un qu’on l’aime, sous-entend cette phrase :

Je suis prêt.e à tout accepter de toi, si cela permet de ne pas rompre ce lien d’attachement.

Ainsi, dire « je t’aime » est l’excuse à toutes les situations, incluant les violences psychologiques et physiques. C’est le fameux « mais » qui détruit tout ce qui le précède :

Tu me fais du mal, mais je t’aime.

Ce « mais je t’aime » pardonne tout et minimise au degré zéro toute l’argumentation énoncée juste avant. Vous entretenez votre soumission uniquement pour ne pas rompre ce fameux lien.

Et, pour en revenir aux Petits Bonshommes Allumettes du 54° jour de confinement, il est possible d’aimer sans attache, dans une relation de soutien et non de survie.

Non, c’est non ! Enfin…

Savoir s’affirmer n’est un signe ni de violence ni que l’on n’aime pas l’autre. C’est celui du respect de soi. Et s’il y a bien une chose pour laquelle nul n’est responsable, c’est comment l’autre peut réagir à une situation. Notre seul pouvoir c’est de préparer le terrain à faire entendre un discours inhabituel. Mais la personne en face peut ne pas vouloir accepter une position différente ou admettre sa part de responsabilité dans une situation quelle qu’elle soit.

Dans le respect de sa personne, il n’y a pas d’échelle, qu’il s’agisse d’une surprise que l’on souhaite garder secret jusqu’à l’offrir, ou d’une relation intime pour laquelle on n’est pas demandeur.se. Et si l’autre insiste, voire force, c’est qu’il n’est pas dans le respect que vous vous imposez, et « lui faire plaisir » est juste un moyen d’assouvir et d’affirmer son côté manipulateur et supérieur qu’il peut exercer sur votre personne. Oui, ne pas respecter quelqu’un revient à vouloir avoir une emprise sur elle.

En résumé, c’est « non » ou c’est « bye bye ».