C’est de la triche !

Vie intérieure / Pensées

Qu’il s’agisse d’examen scolaire, de jeu ou de justice, la triche est un sujet délicat qui attaque de plein fouet les règles établies, mettant en cause non pas le système mais celui qui le contourne, et notamment sa capacité d’obéissance.

De l’origine de la triche

Dans notre société codifiée, la règle première est :

Toute personne réussissant dans le respect des règles est digne de la réussite.

A ceci près que :

  • Tout le monde ne nait pas égaux face auxdites règles (capacités intellectuelles, mémorielles, physiques…)
  • D’autres critères que lesdites règles peuvent influencer la réussite (sélection selon le milieu social ou les frais d’inscription…)

De ce fait, si nous appliquions cette règle première à la lettre, nous devrions vivre dans une méritocratie. Or, étant donné que

  1. la réussite dépend d’un score
  2. que ce score dépend d’épreuves
  3. que ces épreuves dépendent de nos savoirs
  4. que nos savoirs dépendent de notre capacité à intégrer le modèle pédagogique imposé
  5. que notre capacité à intégrer le modèle pédagogique dépend aussi de notre environnement d’épanouissement

On peut aisément admettre que la triche trouve toute sa place dans ce système !

Quand la triche tente de remettre en question un système

La triche intervient dans tout milieu à la fois codifié et inégalitaire. Elle démontre que ceux qui sont contraints de déroger aux règles ne sont pas dignes d’elles, et donc de la réussite telle que définie par le système.

Cependant, et comme le dit l’adage :

Les limites augmentent la créativité

Le fait de tricher fait développer une grande créativité, qualité totalement mise à l’écart dans la reconnaissance des compétences individuelles et sociales ! Cela me rappelle une scène épique du film de 1980 Les Sous-Doués :

Et cela démontre surtout que les modèles d’enseignements n’ont pas évolué ces 40 dernières années !

Un monde sans triche ?

Pour faire simple, un monde sans triche serait un monde sans règles. Cependant, même la Nature a ses règles, mais il s’agit de règles de cohésion et non de discrimination, ce qui est très différent. Si l’on élevait les enfants à une approche collaborative, où l’entraide primerait sur la compétition, leur créativité servirait à tous au lieu de servir son propre intérêt, dans l’unique but de faire un pied-de-nez à un monde pour lequel on n’est pas adapté. Et dans l’absolu, la majorité des règles ne peuvent s’appliquer à la majorité d’entre nous.