Confinement, jour 12

Coronavirus 2020 Quotidien

Oh que les jours semblent de plus en plus calmes, l’euphorie des appels aux proches (ou des dépannages, selon les gens) semblant s’atténuer. Ainsi, aujourd’hui, j’ai pu regarder un film très attendu ces dernières semaines : Invisible Man (ou L’homme Invisible, pour les anglophobes).

Synopsis (du grec qui veut dire « vue d’ensemble ») : une femme tente d’échapper à un conjoint violent et apprend sa mort quelques semaines plus tard. A la suite de cela, ses craintes ne s’amoindrissent pas car elle ressent une présence invisible…

Mon avis : les effets spéciaux sont superbes, le scénario manque cruellement de rebondissements, la notion de film d’horreur est à chercher et on reste sur notre faim au bout des 2h du film.

Note : 5/10.

Et donc je profite de ce visionnage pour lequel je suis content de ne pas avoir payé une place de cinéma pour parler de l’invisibilité.

Définition

Invisible est composé de la racine visible, « que l’on peut voir », et le préfixe in-, amenant l’opposition, comme a-. Donc invisible veut dire « que l’on ne peut pas voir ».

J’insiste sur cette définition car elle est importante. Il existe 3 raisons pour lesquelles on ne peut voir quelque chose :

  1. notre système sensoriel ne dispose pas de la sensibilité nécessaire à sa perception (comme les infrarouges et les ultraviolets)
  2. notre connaissance ou notre capacité d’acceptation n’intègre pas l’élément devant être vu
  3. l’objet devant être vu n’est pas là où il devrait être vu

Pendant longtemps, l’existant était limité au perceptible, et il a fallu attendre des siècles avant d’intégrer le concept de vie dans un gaz invisible, inodore et insipide par exemple, ou encore l’infiniment petit et l’infiniment grand. Considérer l’invisible comme étant existant a requis une forme de remise en question de la culture moderne, très éloignée de la culture spirituelle, qui intègre les infiniment grand et petit dans le Tout.

La possibilité de rendre une chose invisible ?

Étant donné les 3 points cités ci-dessus, oui il est possible de rendre une chose invisible. Dans l’ordre :

  1. en faisant en sorte qu’il ne reflète aucune lumière visible (généralement en faisant contourner la lumière devant le percuter)
  2. en faisant croire que l’objet en question n’est pas ce qu’il est censé être (on retrouve ce phénomène dans le biomimétisme ou le camouflage)
  3. en faisant croire que l’objet n’est pas là (illusion ou suggestion)

Le point de vue du film est intéressant (attention, ce qui suit est un spoil), vu qu’il exploite la technologie optique sur un costume intégral pour prendre la lumière d’un côté (caméras) et la renvoyer de l’autre côté (écrans). On est donc dans le cas 1. Et je félicite le fait qu’il n’y ait aucune perte de luminosité, de qualité et une projection parfaite quelle que soit la posture de l’individu !

Plusieurs expériences ont permis de contourner la lumière autour d’un objet, mais les contraintes de taille (minuscule) et de longueur d’ondes (non visibles) n’ont pour le moment trouvé aucun intérêt à l’application sur des objets macroscopiques.

En psychologie

L’invisibilité existe aussi en psychologie, lié aux besoins d’appartenance, de reconnaissance, d’acceptation et de récompense non assouvis. Selon la personnalité et le passif de la personne concerné, ce sentiment d’invisibilité peut être :

  • soit ciblé sur un individu, un groupe d’individus ou une catégorie d’individus
  • soit généralisé à l’ensemble de la population

Ce sentiment de ne pas être vu peut avoir de lourdes conséquences sur l’estime de soi, la confiance envers l’autre, la confiance en notre ressenti, notre capacité à demander, notre sociabilité, et plein d’autres choses que vous pouvez allègrement deviner. La résolution thérapeutique est délicate, car le thérapeute est là dans un cadre  professionnel, et l’intérêt qu’il porte à la personne est contextué : il n’est pas là pour elle en tant qu’individu mais pour elle en tant que patient (et c’est déjà un miracle si une personne souffrant de ce sentiment va voir un thérapeute !).