Confinement, jour 15

Coronavirus 2020 Quotidien Vie intérieure / Pensées

Alors là, j’ai un problème, qui n’en est pas forcément un mais comme tout problème dépend de celui qui le vit : deux femmes viennent de tomber amoureuse (sans savoir si je dois mettre un s ou pas à « amoureuse ») de moi ! Le paradoxe total en période de confinement…

Comment est-ce possible ?

Tout a commencé par Instagram, l’application de partage de photos qui tend à remplacer Flickr en ajoutant des filtres style photo oldie. J’avais créé un compte dans le but de gagner un téléphone (que j’ai acheté entre temps), et des dizaines de personnes se sont abonnées alors que je n’avais aucun contenu publié ! Ils sont fous sur ce réseau…

Et parmi ces parfaits inconnus, deux femmes, M et L, commencent à discuter (car oui, il y a un tchat en plus des photos), et de rentrer dans des questions de plus en plus intimes…

Elles ont toutes les deux le milieu de la trentaine, l’une vit à Bourges sans enfant, l’autre vers Dijon avec une fille de 4 ans, et toutes deux, au fil de nos échanges, ont développé une affinité non modérée à mon encontre… Help ! Pourtant, je n’ai pas le sentiment d’avoir cherché à les séduire, juste on parlait de nos goûts, de nos centres d’intérêt, comment on voit le monde, la vie de couple… Comme si je représentais la perle rare parmi les hommes ?!? Je me dis que, si c’était réellement le cas, j’aurais eu une vie de pacha avec un harem !!!

D’un point de vue strictement égotique, je suis flatté que l’on éprouve un intérêt pour ma personne en-dehors du cadre informatique (et j’aimerais beaucoup que cela soit plus fréquent). Mais je ne m’attends pas, quand je discute avec une personne, à ce qu’elle tombe amoureuse ! Ou bien mon inconscient est extrêmement manipulateur et s’appuie sur mon gouffre affectif, et auquel cas lui et moi devrons avoir une petite conversation (en espérant qu’il ne tombe pas amoureux de moi non plus) !

Que vais-je faire ?

Bref, vous vous en doutez, l’une n’est pas au courant de l’existence de l’autre, car la polygamie est un concept mal accepté dans notre société, et je n’ai pas le don d’ubiquité (la faculté de se retrouver à deux endroits en même temps). Je remercie quelque part le confinement du fait qu’on ne puisse pas – encore –  se rencontrer, mais j’apprécie ces deux personnes et je n’ai envie de faire de la peine à aucune des deux. C’est un dilemme… Mon côté opportuniste (à entendre dans le sens « qui vit de l’opportunité présentée ») me dit de prendre la première qui se présentera. Mes autres côtés (rationnel, émotionnel, socio-culturel, pique-nique-douillel…) ne trouvent pas d’autres solutions.

Fait amusant : cet après-midi, l’une d’elle m’a demandé si je me trouvais face à un choix comme celui-ci, sur quels critères j’appuierais ma préférence ; je n’ai pas su lui répondre…

Polygamie, polyandrie, et autres ?

Ce qui est bien, c’est que chaque sujet peut amener à une réflexion sociale, historique, technique ou philosophique. Il faut savoir que la conjugalité, qui a la même racine que le joug, est un concept récent dans l’Histoire de l’humanité, et qui est caractéristique des sociétés patriarcales, là où les sociétés matriarcales prônent l’union libre et consentie. Elle a été imposée pour les droits de sang, afin de garantir que l’engeance est bien celle du conjoint, et non d’un autre. On retrouve les dérivés du mot père dans le patrimoine, la patrie (ce qui fait que la Mère Patrie est androgyne), le patron même en couture, etc.

A contrario, dans le matriarcat, les femmes vivent entre elles, les hommes entre eux, chacun élève les enfants de tout le monde et la notion de couple n’intervient que dans l’union choisie le temps de la procréation (ça manque cruellement de romantisme mais au moins il n’y a pas de jaloux).

Dans notre société, le modèle conjugal exclusif (deux personnes, indépendamment de leur sexe depuis peu) prime. De ce fait, la relation est contractualisée sur la fidélité sexuelle, à savoir la relation sexuelle limitée à la personne choisie. On considérera comme illégal :

  • les relations extraconjugales (on parle d’adultère, de ad alter qui signifie « falsifier, corrompre », et dans ce cas « tromper », à ne pas confondre avec adulte, « qui a grandi »)
  • le mariage à trois et plus en même temps
  • le mariage alors qu’on est déjà en situation maritale

Ainsi que d’autres formes d’union :

  • le mariage d’intérêt (argent ou nationalité) ; un officier d’État Civil peut informer le Procureur de la République en cas de doute sur l’intérêt d’une union
  • le mariage consanguin de lignée directe (parent-enfant, frère-soeur, mais pas entre cousins)

A savoir : le mariage posthume est légal, la nuit de noce étant, dans ce cas précis, facultative (c’était al note d’humour noir du jour).

Dans l’absolu, tant qu’il n’y a pas officialisation de l’union entre plusieurs individus, chacun est libre de sa vie intime, le consentement entre les différents membres étant la clé de l’harmonie, quel que soit le nombre desdits membres. Pour ceux qui connaissent l’héroïne de comics Wonder Woman, mais pas comment l’histoire est née, je vous recommande le film My Wonder Women, qui fiche une sacrée claque au puritanisme américain.

Filmographie incluant des unions inhabituelles

  • My Wonder Women
  • Bandits
  • Hide and Seek
  • Sense8 (surtout le dernier épisode)
  • 3 Cœurs
  • Gazon Maudit
  • Splendeur
  • Proposition indécente
  • Jules et Jim
  • Pas si simple…
  • Closer, entre adultes consentants
  • Vicky Cristina Barcelona

MAJ 06/04/2020 : Le nombre de points communs entre M et L est assez troublant, au final :

  • 35/36 ans
  • coiffeuses
  • étrangères (l’une lituanienne, l’autre portugaise)
  • avec une fille
  • qui sont venues me voir depuis InstaGram
  • avec qui on a switché sur Hangouts (oui, il y en a qui l’utilisent…)
  • et des économies en berne

A se demander si ce n’est pas la même personne, mais a priori non !