Poisson d’Avril ! [Confinement, jour 16]

Coronavirus 2020 Quotidien Vie intérieure / Pensées

Je suis content que mon article précédent ait amusé quelques lecteurs. La journée fut assez calme, j’ai pu regarder pas moins de 5 films, discuter un peu, et une personne m’a fait un poisson d’avril.

Pourquoi un poisson, et pourquoi le 1er Avril ?

Pour résumer synthétiquement de manière condensée Wikipedia, l’origine n’est pas claire. D’un côté on a les festivités depuis l’antiquité où des personnes subissent farces et satires, d’un autre on a une référence aux XV° et XVII° sur des porteurs de lettres, qui pourraient apporter des fausses nouvelles. Le poisson, quant à lui, serait lié à la fin du carême ou à l’ouverture de la pêche. Je viens d’apprendre d’ailleurs qu’en France, toutes les provinces ne commençaient pas l’année le même jour, jusqu’à l’officialisation du 1er janvier par Charles IX au XVI° siècle.

Comment le vit-on ?

En général, dans ce genre de célébration, il y a 2 publics : ceux qui font les farces et ceux qui les subissent. généralement, ni les uns ni les autres n’aiment les recevoir. Ceux qui ne font que les subir peuvent en souffrir grandement, le prétexte du folklore n’atténuant pas le ressenti du « subissement » (oui, subir n’a pas de substantif) de ces actes.

Derrière chaque second degré se cache un premier degré.

On retrouve dans ces farces cadrées, une forme d’immunité ou d’impunité, dans lesquelles les conséquences seront amoindries. Est-ce que, au même titre que le Jour des Fous durant le Moyen-Âge, cela permet de libérer des tensions accumulées l’année durant ? Est-ce que le fait de jouer sur la crédulité n’est pas perceptible comme une forme de sadisme ? Oui, mes questions vont loin, mais le nombre de personnes qui souffrent quotidiennement de ce second degré toute l’année n’ont peut-être pas forcément envie de le vivre puissance 10 un jour en particulier.

De ce fait, je n’approuve pas des expressions comme Qui aime bien châtie bien ou des réponses comme C’est pour rigoler… L’intonation ne masque pas les intentions, et je préfère être qualifié d’être sans humour. Ce qui n’a rien à voir avec l’autodérision, où on se moque de soi-même en signe d’acceptation de ses traits de personnalité. Quelque part, on retrouve la même différence entre le compliment (« tu es bon ») et la vanité (« je suis bon »).