Répression et punition [Confinement, jour 28]

Coronavirus 2020 Quotidien Vie intérieure / Pensées

Je ne sais pas si vous le saviez, mais aux débuts de la célébration de Pâques, et ce pendant plusieurs siècles, le lundi du même nom durait toute la semaine ! Il a été réduit à une seule journée en 1801…

Ce soir, notre Président de la République a annoncé que :

  • le confinement est prolongé jusqu’au 11 mai
  • les décisions souffrent de failles et d’insuffisances
  • des aides seront accordées aux ménages défavorisés
  • seules les personnes à symptômes seront dépistées, pas les porteurs sains

Comment en es-ton arrivé là ?

La culture occidentale judéo-chrétienne dit assez clairement que tout humain naît pécheur et qu’il sera jugé lors de sa mort. Cela donne le ton d’une société qui est devenue majoritairement répressive et punitive, et non préventive. On retrouve cette philosophie dans la médecine moderne, où l’on tend à soigner les symptômes et non les causes.

Ainsi, là où en Asie, l’éducation préventive est très développée, l’épidémie a été jugulée par une dépistage systématique de toute la population dès les premières semaines, ici nous avons attendu que la situation dépasse notre capacité de gestion « normale » des maladies par les milieux hospitaliers pour mettre en place des mesures inappropriées et donc tardives. Ajoutez à cela :

  • un discours alarmiste et en aucun point rassurant du gouvernement
  • une population totalement désorientée (aller voter en confinement ?) et qui n’a déjà pas confiance absolue en ses autorités mais qui continue malgré tout à aller voter
  • un confinement qui fait plus de mal que de bien (l’isolement n’est pas facile pour tout le monde)
  • un discrédit sur les discours non-gouvernementaux (avec un culte de la désinformation très ancré), notamment le débat sur la Chloroquine (à ne pas confondre avec le Clos Roquin à Trosly-Breuil, 60)
  • une logique de priorisation des services « de première nécessité » davantage axée sur les taxes d’État (essence, alcool) que sur les besoins des personnes (opticiens, comme discuté avant-hier avec une dame à moitié aveugle à la laverie)
  • un système de santé public qui n’a pas évolué depuis le Moyen-Âge de Pierre, incluant autant la gestion des malades que des démunis
  • une imposition du télétravail à l’arrache
  • la fermeture des établissements scolaires alors que les enfants sont les moins touchés par la maladie

Et vous obtenez ce cafouillage que nous vivons depuis 4 semaines révolues, et qui continue pour la même durée.

Il faut savoir que, sans dépistage systématique de la population, la quantité de porteurs sains reste une inconnue, devenant de ce fait des réservoirs d’infection quand le confinement sera terminé, sans parler des évolutions possibles du virus chez ces porteurs et des impacts sanitaires qui en découleront.

Comment va-t-on en sortir ?

Si le mot crise veut dire étymologiquement changement, il n’est pas certain que celui-ci arrive une fois les mesures restrictives abolies. Une grande partie de la population subira des conséquences lourdes (pertes de proches, aggravation de l’état de santé, pétage de câble, violences familiales et conjugales, développement de pensées extrémistes, théorisation de complots, misanthropie…), et bien que chacun des cas ne représente qu’une minorité, l’ensemble des personnes développant au moins un de ces facteurs risque de représenter une majorité de la population !

Au niveau du modèle économique mondiale, la sortie de la mondialisation ne sera certainement pas pour demain, les ficelles étant tenues par une poignée de personnes à des kilomètres de la réalité et ayant suffisamment de ressources monétaires et d’influence politique pour maintenir leur idéal capitaliste. Même si l’idée d’une démondialisation fait son chemin, l’autonomisation des instances gouvernementales d’un point de vue économique et industriel sera complexe pour de nombreux pays ; n’oublions pas que les chefs de gouvernement sont des personnes désireuses d’accéder au pouvoir, quitte à baisser leur pantalon, avec tout ce que cela implique comme troubles psychologiques associés…

En ce qui concerne les conglomérats industriels, même si Coluche a dit qu’il suffirait qu’on n’achète pas pour que cela ne se vende pas, on se rend bien compte que la mise en berne des industries ne les empêchera pas de faire des profits, en réorientant leurs activités, en privilégiant le B2B (vente entre industriels), en monétisant les solutions aux problèmes qu’ils ont créé et se faire voir comme des bienfaiteurs.

A l’échelle individuelle, une certaine quête d’autonomisation de la population germe et prend forme : habitat léger, conscience écologique… même si l’environnement d’accueil de ces nouvelles pensées n’est pour le moment pas le plus adapté (je pense à l’amende de 500€/jour qu’un maire peut infliger à un particulier en situation de résidence en habitat léger si ce premier décide de ne plus autoriser ce dernier à résider sur son territoire, même sur un terrain privé), la résidence en bâti dur étant naturellement une source de revenus d’État non négligeable entre les taxes foncière et d’habitation.

Un épisode de notre Histoire porteur de leçon ?

Pas sûr. L’ego qui dirige nos dirigeants est bien trop orgueilleux pour admettre ses propres erreurs, alors celles des autres… Et même si l’on condamne l’intégralité des chefs d’Etat actuels pour Crime contre l’Humanité par négligence de l’impact de leurs décisions sur l’intégrité physique et morale des citoyens, rien ne dit que leurs successeurs, ou que la mise en place des nouveaux systèmes n’engrangent pas de pareilles déviances (je pense notamment au dessin animé La Ferme des Animaux).

Il est certain que cela fera partie des livres, comme la grippe de 1918 (qui est elle aussi chinoise, comme toutes les grippes), et le 11-Septembre.

Filmographie d’un avenir peu radieux

Tiens, voici, suite à une image humoristique publiée sur Facebook (voir ci-dessus), une liste de films sur les sociétés dystopiques et les complots en tous genres :