La Justice [Confinement, jour 34]

Coronavirus 2020 Quotidien Vie intérieure / Pensées

Alors, le sujet du jour sera en lien avec le sujet d’avant-hier, à savoir comment rendre la justice. En effet, la notion même de justice semble très personnelle, et œuvrer pour le bien commun peut amener à une forme de dictature.

Justice pour tous

La notion de ce qui est juste, comme évoqué, est un problème qui relève de la philosophie, des lois et de la morale, autrement dit qui varie énormément selon les époques et les lieux. Ainsi, ce qui peut sembler juste à un moment donné et en un lieu donné peut ne pas l’être du tout à un autre moment ou en un autre lieu. De plus, en un même moment et un même lieu, ce qui peut sembler juste pour certains ne l’est pas nécessairement pour d’autres.

On dit que la justice est « aveugle », d’une part sur sa supposée impartialité (n’oublions pas que les juges et les avocats sont des hommes), et d’autre part à tout ce qui ne relève pas de sa compétence, ce qui fait qu’elle n’est jamais en mesure d’avoir une vision globale d’une affaire.

Il existe pléthore d’histoires où une seule personne tenait à amener une forme de paix mondiale, en mettant en œuvre leur idéal de justice. Dans 100% des cas, les réfractaires se sont retrouvés éliminés, et l’éventuel bénéfice apporté par cette paix se retrouvait rapidement perdu par des durcissements légaux. Autrement dit, la justice d’un homme devient la dictature du monde.

Justice vs. Justesse

Ces deux mots, ayant pourtant la même racine, ont des sens très différents. La justice a une approche purement législative, en essayant de tenir compte de circonstances pouvant appuyer ou limiter un verdict qui sera au final imposé à une personne jugée, alors que l’autre a une approche plus humaniste, en tenant compte de la sensibilité de la personne et de ce qui lui correspond. En fait, la différence entre la justice et la justesse est la même qu’entre l’égalité et l’équité.

De ce fait, la justice se trouve limitée par :

  1. le cadre instauré par la loi
  2. la connaissance éventuelle des jurisprudences
  3. les intentions derrière les actes
  4. la qualité des témoignages
  5. le véracité des propos
  6. les preuves, qui sont forcément indirectes
  7. les préjugés
  8. les coutumes locales
  9. les antécédents familiaux
  10. les croyances
  11. la morale

Dans une démarche plus de justesse, les intentions et le contexte sont placées en priorité sur les lois ou les croyances locales. On se concentre uniquement sur ce qui l’a amené à agir et si elle était dans l’optique de nuire ou non. C’est bien plus individualiste, et cela permet de n’avoir quasiment pas besoin de lois.