Confinement, jour 4

Quotidien Vie intérieure / Pensées

Le thème du jour, en lien avec l’actualité et le post de la veille, est : savoir demander. Référez-vous à cet article pour plus de renseignements.

Pourquoi demander

Dans la non-demande, le « non » est naturellement acquis.

Demander fait partie des 4 interactions sociales de base, avec accepter, refuser et donner. A la manière des accords toltèques, d’aucun n’est clairement évident, car ils ont tous des implications personnelles et sociales.

Dans le développement personnel, demander est la troisième dans la connaissance de soi :

  1. en tant que bébé et petit enfant, on fait les choses à notre place
  2. en grandissant, on apprend à les faire soi-même, dans un accès à l’autonomie
  3. enfin, avec la sagesse, demander est censé en avant l’acceptation de ses propres limites

Culturellement, on considère l’étape 2 comme l’ultime étape, celle qui montre que notre éducation est un succès. C’est cette même culture qui définit les relations comme étant majoritairement intéressées, et où demander est perçu comme un signe de faiblesse et de régression vers l’étape 1… Et pour les 3 autres, ce n’est pas mieux :

  • donner va en contradiction avec les modèles économiques, et peut souvent cacher un retour
  • accepter nous met en position d’endettement
  • refuser nous met en conflit avec le demandeur

Alors que :

  • donner apporte le partage et le plaisir qui en découle
  • accepter montre à l’autre que son don ou sa demande est en phase avec nous-mêmes
  • refuser permet d’être en phase avec ses limites et intègre avec l’autre

Quoi demander

La question n’est pas si anodine qu’il y paraît. Demander c’est un peu comme faire de l’humour : on ne peut rire de tout avec tout le monde, et on ne peut demander n’importe quoi à n’importe qui. De nombreux facteurs liés à nos capacités d’acceptation conditionnent les individus et la qualité des demandes qu’ils sont en mesure de prendre en compte, sans parler de ceux qui peuvent nous reprocher de ne pas les avoir choisis pour faire notre demande.

Beaucoup de demandes cachent l’objet premier de la sollicitation, qui sont liées à un besoin d’affection ou de reconnaissance, pour rompre la solitude ou dans d’autres contextes, respecter un modèle hiérarchique de responsabilité (contradictoire avec l’esprit d’initiative). Il n’est pas du tout facile de demander directement l’objet premier, qui ramène dans l’esprit des gens à l’étape 1 !

Quand demander

Concernant mon cas, j’ai acquis une grande autonomie rapidement ; demander était pour moi un cas où je savais que je ne pouvais faire autrement et amenait généralement 3 situations de la part du sollicité :

  • refuser
  • accepter et ne pas faire
  • accepter et mal faire

De ce fait, et en conformité avec mon autonomie, je demandais de moins en moins, creusant certaines qualités relationnelles, comme si seules ces demandes étaient le ciment desdites relations.

Comment demander

Ceci est toute la difficulté : demander implique que la personne en face soit en mesure d’entendre votre demande, sans jugement et sans idée de contrepartie, une demande amenant une réponse. La demande doit être suffisamment claire pour soi pour pouvoir l’exprimer de manière à ce que l’autre la comprenne sans ambiguïté. Il est parfois nécessaire de préparer le terrain avant d’effectuer sa demande : contexte, intérêt personnel, attentes, méthodologie, qualités d’acceptation et de refus de l’autre…

Ainsi, si vous percevez que la personne à qui vous demandez ne saura comprendre votre demande, il ne vaut mieux ne pas avoir de regrets qu’il ne puisse y répondre favorablement.