Pinocchio & Blanche-Neige [Confinement, jour 48]

Coronavirus 2020 Quotidien

Hier, j’ai regardé des vieux Disney, et je me rends compte que les histoires ne sont pas les mêmes quand on les regarde enfant ou adulte. Voici donc mon analyse de deux d’entre eux.

Blanche-Neige et les 7 nains

L’histoire se déroule dans un royaume où on ne rencontre que 3 protagonistes :

  • Une Princesse
  • Une Reine, belle-mère de la Princesse, donc on peut aisément imaginer que la mère de la Princesse est décédée, que le Roi s’est remarié et que ce dernier a cassé sa pipe par la suite
  • Un chasseur, assez fidèle à la Princesse

Jamais, dans la vie du royaume, on ne voit servants, habitants, enfants ou autre. En tenant compte que les parents de Blanche-Neige sont décédés, cela donne un aspect assez glauque de la situation au moment du déroulé de l’histoire.

On fera abstraction qu’un prince, sorti de nulle part, tombé amoureux de Blanche uniquement pour sa beauté (certes, c’est la plus belle du monde, selon les dires du miroir magique), et cela montre à quoi cette pauvre fille est réduite.

Ensuite, Blanche-Neige a un double rôle peu glorieux. D’abord, elle traite les nains, qui sont avant tout des personnes d’un certain âge, comme des enfants, bien qu’ils aient probablement grandi seuls et fait fi de quelque éducation. Elle a beau être la Princesse, ce n’est pas une raison pour :

  1. entrer dans une maison qui n’est pas la sienne
  2. faire le ménage sans l’accord des locataires
  3. dormir dans leur lit (il lui en faut au moins 3)

Ensuite, elle est un peu nunuche : on lui dit que la Reine-Sorcière peut prendre n’importe quelle apparence, les animaux sentent le subterfuge de la marchande de pommes, mais malgré tout elle l’accueille chez les nains et se laisse amadouer par le supposé pouvoir de la Pomme d’exaucer des vœux en la croquant ! Pour un prince charmant, qui plus est !!!

Tous ces éléments mis dans le même panier donnent une image peu valorisante de la Princesse telle qu’on l’inculquait aux jeunes filles.

Pinocchio

Tout autre registre, sans prince ni princesse, mais sur l’éducation et l’obéissance. Le regard que je vais porter sera du point de vue de Geppetto.

Geppetto, en récompense de son dévouement et de son travail, se voit accorder le droit qu’une de ses marionnettes prenne vie. En supplément, la Fée Bleue attribue le titre de Conscience de Pinocchio à un criquet. Soit. Ce dernier point étant facultatif dans l’exaucement du souhait de notre futur papa, nous n’imaginons pas les conséquences si ledit criquet ne se trouvait pas dans les parages à ce moment-là…

Sauf que, dès le lendemain matin, tout part en vrille. Geppetto considère que son « nouveau-né », qui a l’apparence d’un garçon de 6-7 ans, a en fait justement 6 ou 7 ans, et l’envoie à l’école, sans aucune once d’éducation de base, sans savoir s’il a réellement compris les dangers inhérents de la vie sociale, faisant passer Pinocchio pour un gosse désobéissant et mettant sa Conscience à rude épreuve… Au final, ce n’est pas pour rien qu’il finit enrôlé pour devenir un âne de traît !

Les raisons pour lesquelles sa transformation en âne ne fut pas complète restent floues, peut-être à cause de son amour pour Geppetto. Père qui n’intègre ni le fait que son fils est à bord du bateau dans le ventre de la baleine, ni qu’il est revenu d’entre les morts (et à qui il demande de se rallonger parce que, justement, il est mort). Cela dénote malheureusement une personne un peu trop dans l’émotionnel, et dont la rationalité est passée au douzième plan…

On a donc un Geppetto, qui n’a jamais connu autre chose que des mécanismes en bois, un chat jaloux (Figaro) et un poisson rouge affectueux (Cléo), devenir père du jour au lendemain sur le très tard, sans mode d’emploi. On va dire que sa seule chance dans l’histoire est que Pinocchio n’ait pas développé un extrémisme comme son « ami » Crapule, qui a fini en âne… On peut également retenir de l’histoire que le marché des enfants désobéissants n’a pas été cessé. On passera également outre quelques éléments narratifs un peu bancals, comme la situation de Cléo sur le radeau pendant la fuite de la baleine.

Bref, cela ne laisse présager rien de bon dans l’image véhiculée des (grands-)pères célibataires !