Confinement, jour 7

Quotidien Vie intérieure / Pensées

Alors alors alors alors, de quoi allons-nous parler pour tuer le temps, à défaut de tuer des microbes ? A ce propos, savez-vous que « microbe » vient de deux mots « micro » et « bios », signifiant littéralement « petite vie » ? Cela inclut les bactéries, planctons, micro-algues et levures, mais pas les virus, qui ne sont pas considérés comme des entités vivantes autonomes.

Après cette minute culturelle, eh bien je vais en profiter justement pour un coup de gueule linguistique, lié à l’évolution sémantique et l’orthographe des mots et expressions.

Sémantique

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi un mot qui avait un sens étroitement lié à son étymologie à une période, peut-il se retrouver avec un sens totalement différent à une autre période ?

Un parfait exemple : parfait. Parfait vient du latin per fecto, qui veut dire fait jusqu’au bout. Sens que l’on retrouve dans le temps de conjugaison imparfait, impliquant une action qui n’a pas été menée à terme, donc non faite jusqu’au bout. Mais qui, dans le langage courant, a pris le sens d’idéal général. Non, idéal et parfait, ce n’est pas la même chose ! Mais on peut parler de merci, gratuit, et j’en passe tellement il y en a.

Attention : dans le cas d’un fusil qui se nomme cuillère dans certaines cultures africaines, c’est parce que les indigènes, ne sachant pas à quoi cela servait, s’en sont servis comme d’une grande cuillère pour touiller dans les marmites ! l’usage d’un objet donne son nom ; l’usage d’un nom ne donne pas l’objet (pas comme la BD Léonard où il trouve le nom avant de réaliser l’invention), car ce n’est pas en appelant un chat un chien qu’il va aboyer.

Ainsi, je fais la distinction entre la néosémie, la polysémie et la métaphore. Le sujet traite de la néosémie, avec la perte du sens original. il peut arriver, parfois, que ce soit une métaphore ou une expression qui fasse perdre le sens original du mot.

Un mot qui perd son sens premier perd sa raison d’être.

Orthographe

Le respect de l’orthographe, les autres langues latines en ont fait fi, supprimant les ph, k, w et y

Le puritanisme de la langue française devrait se pencher bien plus sur ses vieux écrits plutôt que d’imposer des diktats inutiles. En effet, entre les contraintes liées à l’écriture à la plume et celles liées à l’imprimerie, en passant par les retranscriptions scripturales plus ou moins phonético-patoises, il n’y a plus aucune logique, et le nombre d’exceptions dépasse celui des règles !

Pourquoi les mots en –al avant l’imprimerie se finissent en –aux, et ceux d’après en –als ? Quel tort y aurait-il à parler des chevals ou des festivaux ? Les deux ne sont pas plus cohérents l’un que l’autre… Pourquoi conserver des lettres doublées, des ph ou des ch, si ce n’est dans le but de concurrencer les mots à rallonge de l’allemand, à une époque où les longs mots faisaient les puissantes cultures ?

Le français est le dernier bastion d’un classicisme qui se contredit lui-même, préférant le réemploi inadapté d’un mot en vue d’une désanglicisation (par exemple ramdam pour buzz, alors que je doute fortement que ramdam soit d’origine française) ou de composer avec des mots-valises, mais dont la langue n’est pas du tout faite pour (pas comme l’anglais ou l’allemand).

Fin du coup de gueule

Voilà, pour moi, un mot à un sens et une raison d’être, et je trouve inadapté le fait de lui en attribuer un autre. Ita est.