Bilan d’un an de confinement/couvre-feu [Couvre-feu, jour 93]

Coronavirus 2020 Quotidien

Si St Patrick c’était attendu à cela il y a un an, la bière aurait été boisson nationale en vue de maintenir le moral des citoyens ! Voici un an jour pour jour que la guerre est déclarée à une maladie qui a eu le mérite de jeter le doute sur toutes les certitudes. Revenons sur une année pas banale…

Nous sommes le 31 décembre 2019, il est 23h59. Chacun, à sa manière, se prépare à présenter ses meilleurs vœux pour la nouvelle année qui arrive, à savoir 2020. Depuis plusieurs jours déjà, des analyseurs automatiques de forums de discussion soupçonnent une épidémie grandissante en Chine, mais la presse n’en fait pas plus écho que cela.

Il est minuit. Le champagne coule à flot, les boules de gui témoignent des embrassades et le pic de naissances de fin septembre commence. Nul ne se doutait que, deux mois et demi plus tard, en pleines élections municipales, devoir vivre avec des restrictions insoupçonnées depuis la Seconde Guerre Mondiale, les conflits en moins. Et pourtant…

Ce qui était au début une épidémie grandissante est devenu une pandémie mondiale en l’espace de quelques semaines, les transports longue distance ayant contribué à sa propagation. De là, chaque gouvernement a appliqué des mesures selon sa culture, son histoire et sa relation avec les problématiques sanitaires. Et en France, on pourra dire ce que l’on voudra, mais aucune décision n’a tenu compte de la mentalité des citoyens, et notamment sur leur aversion profonde à recevoir des ordres !!!

Le gouvernement a failli dans sa communication, qu’il s’agisse de la consultation de la réalité de terrain, de ses moyens de rassurer la population, de la pertinence des décisions, de la justification de celles-ci par des spécialistes décriés par leurs confrères, de la prise en charge des commerçants et artisans qui ont dû mettre la clé sous la porte, des conséquences liées à la désobéissance civile, et j’en passe. Les décès liés à la maladie, bien que nombreux, sont à prendre avec beaucoup de précautions :

  • un certain nombre de ces décès, notamment des personnes âgées, aurait pu l’être avec la grippe
  • un certain nombre de ces décès, notamment des personnes au comportement à risque, aurait pu l’être avec un accident routier ou autre

La dangerosité de la maladie, que l’on a appelé CoViD-19 pour CoronaVirus Desease 2019, est due d’une part à sa rapidité de variation, et d’autre part à sa vitesse de propagation. La mortalité est à peine supérieure à celle de la grippe saisonnière. Les inquiétudes sont en partie liées à la dangerosité d’une souche similaire découverte en 2002, le SRAS.

Là où cette pandémie a eu du positif c’est que l’on a pu noter, pendant un temps :

  • une baisse drastique de la pollution de l’air dans le monde
  • une augmentation de la créativité des personnes
  • une augmentation du volontariat et des actions de proximité
  • une augmentation de la consommation locale
  • une hausse des habitats alternatifs
  • une analyse accélérée du virus en vue de préparer un vaccin, en moins de 5 ans !

Cet effet bénéfique a tourné en effet de mode dès que le premier confinement a été interrompu, rendant au quotidien ses lettres de noblesse, et reléguant une grande partie des bonnes initiatives au placard des idéaux incompatibles avec le « monde d’avant ». Certains ont su prendre le tournant nécessaire pour avoir une vie davantage écologique, au sens étymologique du terme, à savoir en lien avec l’habitat et son environnement.La relance économique post-confinement a été la priorité des politiques et industries, au grand dam des bienfaits et de la possibilité d’une nouvelle économique non basée sur le travail.

Le troisième confinement, le Rereconfinement, pointe son nez depuis plus de deux mois, à petites doses dans des villes clusters. Le plan vaccinal n’a pas non plus ciblé les bonnes personnes, en privilégiant les personnes âgées au soignants et médecins (probablement pour ne pas saturer les cimetières et les services mortuaires ?). Le couvre-feu est un fiasco, dans le sens où il conforte les personnes à rester cloisonnées, et à multiplier les petits foyers infectieux une fois avoir passé toute la journée dehors…

Bref, rien de bien positif malgré tout dans cette année. Ce qui aurait pu être un moteur d’ouverture de consciences a eu l’effet d’un hochet arraché à un nourrisson qui tente désespérément de le récupérer. Est-ce là à quoi se résume la société occidentale ? Dans les grandes lignes, et vu ce que vaux l’argent, je ne vois pas de meilleure métaphore…