De l’importance des rituels

Projet

Les jours se suivent et se ressemblent. Ce n’est pas une phrase anodine ni dénuée de sens : dans le monde professionnel quasi-industriel et industriel, dans le monde des personnes ne travaillant pas ou plus, rien ne distingue un jour d’un autre. Il est important de distinguer les jours de la semaine, comme un emploi du temps d’écolier.

Pour le moment, j’ai trouvé 2 rituels, un le samedi et un le dimanche. Samedi midi je me fais un resto rapide (il paraît qu’il y a un kebab à Cherbourg dans le top 10 des kebabs de France), dimanche ma dégustation de bières à l’Eldorado avec quelques cacahuètes. En semaine, je n’ai encore rien trouvé. Le Viet Vo Dao enseigné ici est un mélange de self-défense et de krav maga, très peu pour moi. En toute honnêteté, si je n’avais pas de week-end, je pense que je ne m’en rendrais pas compte, sauf à l’usure. Pas besoin de trouver une activité par jour, une le mardi et une le jeudi sont suffisantes pour découper la semaine.

Les rituels ont pour fonction de se positionner face au temps qui passe, de marquer les étapes de la vie, mais aussi d’effectuer le travail de mémoire. J’exclus les rituels sacrificiels ou ceux faits au nom de divinités pour n’importe quel prétexte. La modernisation basée sur la maîtrise du temps et son optimisation a mis en défaut ces rites ; nous en sommes arrivés à refuser que le temps passe et à œuvrer pour limiter ses effets, comme si c’était un parjure que de vieillir. Quelque part, c’est une réaction logique, comme si déni temporel et jeunesse éternelle étaient liés…