Introspection : les vilains dans la culture populaire

Vie intérieure / Pensées

Note : le terme vilain est un dérivé de l’anglais villain désignant les méchants des comic books. Le terme s’est généralisé. Je tiens à préciser que les vilains ne sont pas forcément moches, comme me l’a fait constater un collègue…

Depuis la naissance des contes et histoires, les vilains ont toujours eu une place représentative de la perversion humaine, du Mal, de la folie. Moi qui suis cinéphile, la notion de vilains y est presque omniprésente. Débriefing.

Qu’est-ce qu’un vilain ?

On appelle vilain tout individu se retrouvant à mettre en péril un ordre établi, voire de porter atteinte à l’intégrité physique ou morale d’individus, afin de répondre à un but. Les œuvres comics de super-héros, disposant d’ailleurs de super-vilains (c’est comme des vilains, mais à grande échelle), prônent très souvent une lutte dualiste du Bien contre le Mal, que les vilains ne sont pas gentils à la différence des héros qui eux sont gentils, même si ce n’est pas toujours le cas. Dans les faits, c’est bien plus complexe, bien que cela ne soit pas déjà simple…

Les scénaristes de super-héros, d’ailleurs, créent des univers parallèles, dans lesquels les mêmes méchants ne sont pas méchants de la même manière, ce qui ne facilite pas non plus la lecture ou  la projection !

Les types de vilains

On peut citer différents types de vilains, et quelques exemples :

  • les vilains de par leur rang social, leur profession ou leur nature
    • Venom, dans Spider-Man (un symbiote)
    • Le chasseur, dans Bambi
    • Shan Yu, dans Mulan (le chef des Huns)
    • Kaa et Shere Kahn, dans Le Livre de la Jungle (ils veulent juste manger)
    • Galactus, dans l’univers Marvel (mange des planètes, et ça ne plait pas aux habitants)
    • Les zombies
  • les vilains par accident révélant leur côté obscur
    • Harvey Dent et double-face dans Batman (accident chimique)
    • l’Epouvantail dans Batman (gaz hypnotique)
    • Dr Octopus dans Spider-Man (le contrôleur neuronal se brise, laissant les pinces dicter sa conduite)
    • Poison Ivy dans Batman (un croisement avec des plantes)
    • Solomon Grundy, dans Batman (exposition chimique)
    • Le Bouffon Vert, dans Spider-Man (composé chimique amplifiant la force et le caractère)
  • les vilains par pur souci d’image et de réputation, ou cupidité
  • les vilains par frustration, manque de reconnaissance (professionnel ou social) ou avidité de pouvoir
    • La Reine Grimhilde, dans Blanche-Neige (non reconnue comme étant la plus belle)
    • Le valet, dans les Aristochats (exclu d’un héritage)
    • Jafar, dans Aladdin (prétendant au trône de sultan)
    • Maléfique, dans La belle au bois dormant (n’a pas été invitée à la naissance)
    • Scar, dans Le Roi Lion (devrait être roi)
    • Ursula, dans La Petite Sirène (rêve de remplacer Triton sur le trône)
    • Hadès, de Hercules (relégué aux enfers)
    • Magneto, dans X-Men (stigmatisation des mutants)
    • Red Skull, dans Captain America (prendre la place du Führer)
    • Gru, dans Moi, Moche & Méchant (recherche la reconnaissance de sa mère)
    • Syndrom, dans Les Indestructibles (déçu par son héros favori)
  • les vilains par vengeance
    • les jumeaux Maximov, dans Avengers 2 (mort de leur famille par un missile Stark)
    • Loki, dans Thor (découvre qu’il n’est pas le fils d’Odin mais du roi d’un peuple exterminé par Odin)
    • la majorité des coupables dans les films policiers
  • les vilains par peine de cœur
  • les vilains créés de toute pièce ou dressés dans ce sens
  • les vilains en désespoir de cause
    • John Q (qui prend en otage un hôpital pour sauver son fils)
    • Sonia Berjerac, dans La Journée de la jupe (qui prend en otage une classe pour faire reconnaître le droit de porter une jupe et ne pas être prise pour une p***)
  • les vilains de la noble cause
    • Thanos, dans Avengers (persuadé de sauver l’Univers en éradiquant la moitié de ses habitants)
    • les Yamakasi (voler des riches pour sauver un ami)
    • Inside Man (vol des biens d’un nazi jamais puni)
    • l’homme à la cigarette de X-Files (quête d’un sauvetage de l’humanité par un croisement avec les aliens)
    • Sinestro, dans Green Lantern (convaincu que l’ordre de l’Univers sera rétabli par la peur)
    • Ultron, dans Avengers 2 (convaincu que les Avengers sont la cause de l’émergence des vilains)
  • les vilains psychopathologiques
  • les vilains qui sont vilains mais sans qu’on sache pourquoi ils le sont ni ce qu’ils attendent…

Qu’ont-ils en commun ?

90% des vilains sont vilains à cause de leur affectif premier non épanoui, qu’il s’agisse d’éducation stricte ou laxiste, de milieu défavorisé ou  trop favorisé, de non-acceptation de l’individu tel qu’il est ou d’imposition d’idéaux familiaux/sociétaux, et amplifié par diverses situations (crise financière, poisons et substances neurologiques, déceptions, frustrations, rejet, abandon, trahison, humiliation, injustice…). A l’exception des vilains créés dans ce but (et bien que, dans certains cas, leur état ne soit pas une fin en soi), d’aucun ne naissent vilains, mais le deviennent. Dans tous les cas, ils justifient leurs actes au nom de quelqu’un ou quelque chose d’extérieur à eux.

Ceux qui croient en une cause noble ou désespérée, au risque certain d’aller à l’encontre des règles voire de la morale, emploient malheureusement des solutions extrêmes pour arriver à leur fin, étant seuls convaincus du bien fondé de leurs actes. Dans tous les cas, ces personnes sont persuadées que ni le système ni ses membres ne peuvent (ou ne veulent) apporter une solution de paix ou de justice.

Concernant les vilains psychopathologiques, les entités carcérales et psychiatriques n’ont jamais eu pour vocation de « soigner », au sens propre du terme, mais plus à leur permettre de recruter de nouveaux sujets !

Qu’en retenir ?

  1. les écrivains, scénaristes et réalisateurs d’aujourd’hui manquent malheureusement d’imagination, entre clichés et stéréotypes (les chefs militaires sont des frustrés et les aliens ne pensent qu’à tuer les humains, ce genre de chose), et cela gâche beaucoup de films
  2. être vilain est acquis et non inné, et de nombreuses œuvres montrent qu’il est possible de se repentir ou de prendre une autre voie (Black Widow, Bizarro, les jumeaux Maximov…)
  3. la « noble cause » est purement égotique, et n’est qu’une solution allant dans le sens d’une pensée et non dans celui d’une communauté
  4. tout système de gestion et de gouvernance n’est pensé que pour une minorité de personne, une majorité de la majorité arrivant tant bien que mal à s’y soustraire, mais obligeant les inadaptables à l’illégalité voire à la violence
  5. qu’un gros nounours est bien plus efficace qu’un punching-ball pour obtenir l’affection désirée !

Tout ça pour dire que je vais m’offrir un gros nounours pour Noël (ou avant) !!!