Journée internationale des femmes

Vie intérieure / Pensées

Aujourd’hui est la journée internationale des femmes. Ce qui revient à dire que le reste de l’année est la journée des non-femmes ? Petit point sur le côté aberrant de cette situation endémique.

Histoire linguistique d’un déséquilibre

Mesdames, nous avons un problème : lorsque la langue française est sortie du latin, probablement par esprit de simplification ou par influence religieuse, la notion de neutre est devenue… masculine. Ainsi, des notions non genrées se sont retrouvées masculinisées, laissant les équivalents féminins dans un gouffre ne proposant que deux options : faire du féminin la femme du masculin (la pharmacienne était la femme du pharmacien, mais ne pratiquait pas nécessairement le même métier) ou faire du féminin une travailleuse de lupanar (un péripatéticien est un étudiant qui apprend en marchant, et une péripatéticienne…), parfaitement illustré dans le livre Le roi des cons.

Bref, la masculinisation de la langue française fait du tort à la gent féminine. Et il est important de faire le lien entre une société et sa langue, ses expressions et ses « phrases toutes faites ». Mais ne vous y fiez pas : l’anglais (langue récente du XI° siècle, mélange de normand et de germanique), dont les noms  communs et les adjectifs sont neutres, n’a pas édifié une société juste envers les femmes, mais pour une raison plus religieuse, notamment sous l’essor du puritanisme : la place de la femme dans les interprétations bibliques n’étant pas la plus glorieuse, le culte judéo-chrétien a bien entretenu la suprématie de la masculinité.

Un problème pris à l’envers

Comme d’habitude, et à cause du courant de pensée dualiste où l’on considère qu’une chose doit nécessairement avoir son contraire, les mouvements de reconnaissance des droits des femmes tentent de féminiser l’existant au lieu de le démasculiniser. D’une manière générale, je fais une aparté que j’ai déjà dû faire, le meilleur moyen d’équilibrer une balance n’est pas d’ajouter des poids de chaque côté, mais de tous les ôter, car elle est naturellement équilibrée à vide. Toute contre-action amène une spirale de violence entre ceux qui désirent le changement et ceux qui ne le désirent pas, et si le contre-pouvoir atteint un jour le pouvoir, les règles mises en place seront pires que les précédentes Un exemple ? Le printemps arabe…

Donc, on peut allègrement affirmer que les mouvements féministes voulant inclure les femmes dans le droit sont des extrémistes tout autant que la pensée et la langue françaises. La langue formatant l’esprit, on ne peut changer l’esprit sans commencer par changer la langue. Quelque part, ce qui fait la richesse au niveau du vocabulaire de notre langue est probablement ce qui fait aussi son côté dangereux envers les femmes, et je vous renvoie à lire les ouvrages de Noam Chomsky autour du langage et de la pensée.

Aujourd’hui, et demain ?

La journée va se finir, et demain la vie reprendra comme si rien ne s’était passé. Les journées consacrées à une cause donnée n’auraient-elles de valeur que ladite journée, tel un anniversaire ou l’esprit de Noël ? C’est difficile à dire. Des actions se font toujours en off, plus ou moins contextuées, plus ou moins médiatisées, plus ou moins pacifistes. L’origine du mouvement date de 1909 et ne semble pas avoir amené tant de progrès que ça dans les mentalités depuis : ce n’est pas parce qu’on ouvre le droit aux femmes que les hommes vont l’accepter, et comme notre système est punitif et non préventif, il faut parfois atteindre la reconnaissance d’une situation de harcèlement avant de reconsidérer un comportement.

On ne donnera jamais une image juste (dans la justesse) de la justice tant que celle-ci sera obtenue par la violence. Bref, mesdames, avant de jeter au bûcher les mâles, commencez par les éduquer dès le plus jeune âge au monde dans lequel vous aimeriez que leurs enfants grandissent ; en deux générations, il est possible de changer les choses. Pensez-y, cela fait 111 ans que vous vous battez. Et messieurs, rejoignez l’association Zéromacho !