La concurrence

Vie intérieure / Pensées

Bienvenue dans la caractéristique principale de toute société évoluée : la concurrence. Principe fondamental de l’économie de croissance, elle incite les entrepreneurs à la compétition en vue de croître sur un maximum de plans, tant monétaire que géographique, voire politique.

La quête du Graal

Les fondamentaux de la concurrence reposent sur des phénomènes qui vont au-delà de l’offre et de la demande, censée s’autoréguler. Lors de la création d’une entreprise, beaucoup de points sont à prendre en compte :

  1. si d’autres entreprises exercent la même activité
  2. si d’autres entreprises similaires sont sur le même secteur géographique
  3. si ces autres entreprises similaires prospèrent sur ce même secteur géographique
  4. si ces autres entreprises similaires proposent les mêmes qualités de prestation
  5. si ces autres entreprises similaires ont une tarification plus avantageuse, à prestation équivalente
  6. si les clients des autres entreprises sont satisfaits de ces entreprises
  7. si les clients attendent autre chose de ces entreprises
  8. si l’activité proposée peut répondre à des besoins sur le long terme

Sans parler du plan comptable théorique sur les trois prochaines années, autant dire que c’est mission impossible pour la majorité des entrepreneurs !

Les formes de concurrence

La concurrence, en tant que tel, n’existe pas. Il faut préciser sur quels plans elle s’établit. Cela peut être :

  • concurrence géographique
  • concurrence marché de niche
  • concurrence monopolistique (anti-trust)
  • concurrence tarifaire
  • captation de clientèle, dans le cas où un salarié devient entrepreneur
  • violation de propriété intellectuelle

Le monopole, ou la standardisation ?

La notion de monopole est ambigüe, car la standardisation est quelque part une forme de monopole. Il consiste à ne laisser que peu, voire pas du tout, de place à une éventuelle concurrence. Cependant, le monopole peut avoir des avantages. Imaginez si la concurrence existait au niveau de la gestion administrative ou de la sécurité publique

Prenons l’exemple des GAFAM (Google/Apple/Facebook/Amazon/Microsoft). Chacun a sa manière met en place une position monopolistique :

  • Google, par la diffusion massive de son logiciel pour téléphone mobile
  • Apple, par la non-standardisation de son matériel
  • Facebook, par le rachat de ses concurrents (WhatsApp, Instagram…)
  • Amazon, par l’étendue de sa place de marché
  • Microsoft, comme Google au niveau des ordinateurs

Les influences de ces monopoles va même jusqu’aux phrases de la vie courante, facebooker, liker et googler étant devenu des verbes, et des expressions comme « Google est ton ami » de plus en plus répandues. Je passerai bien évidemment outre les dérives sur la gestion des données personnelles, étant en grande partie le fond de commerce de ces groupes.

Cependant, ils contribuent à leur manière à une standardisation, facilitant les échanges inter-services, le développement technologique (comme l’unification de l’USB-C sur tous les appareils, si les chargeurs suivent) et la fin de concurrences injustifiées comme nous avons tous connu avec les chargeurs de téléphone portable et d’ordinateurs ; il suffit de voir les chargeurs universel pour se donner une idée de la problématique qu’instaure la concurrence… Ces groupes maintiennent un certain darwinisme entrepreneurial, optimisant ce qui se déploie le mieux et laissant tomber les moins performants. Je tiens à noter que cette philosophie n’a jamais été mise en pratique sur les embouts de tournevis, et l’illustration ci-dessous ne représente pas tout ce qui existe…

Là où le bât blesse, c’est que malgré les immenses déviances qui leur sont imputées, elles peuvent plus aisément prospérer que le maraîcher du coin avec ses tomates bio, qui met tout son cœur à l’ouvrage mais dont le modèle économique lui impose des rendements difficilement atteignables… En clair, l’économie favorise amplement les grands groupes au détriment des indépendants, mettant en exergue les écarts de ce monde et le fait que les petits sont infiniment bien plus nombreux que les gros… Cela reviendrait à favoriser le plancton aux baleines et pas aux sardines !!! Certes, les sardines ont moins besoin de planctons par individu, mais ce n’est pas une raison pour les affamer… « Plancton universel pour tous ! »

La vraie concurrence à adopter

Il existe de nombreux secteurs où la concurrence est un non-sens, comme les producteurs agricoles, les métiers artisanaux, les artistes et les services à la personne. Tous les services Internet pourraient aisément se simplifier en une seule entité, comme Wikipédia en tant que base de connaissance universelle.

Après, la concurrence peut se mettre en place de différentes manières, tout aussi constructives :

  • personnalisation
  • roulement de prestataires, afin d’assurer une continuité de service
  • partenariats
  • formations, transmission de savoirs
  • etc.