La conscience

Vie intérieure / Pensées

L’autre soir, lors de la fête de la coloc’, j’ai discuté un bon moment avec une neuropsychologue, notamment sur la notion de conscience. Phénomène aussi inexpliqué qu’inexplicable actuellement, les échanges de point de vue étaient enrichissants.

Définition médicale

Je précise au niveau médical, car le même mot est également utilisé pour la philosophie, la morale ou la spiritualité.

Définir la conscience est aussi complexe que définir le vivant ; quand un individu est déclaré cliniquement mort, tout son organisme, à l’échelle cellulaire, continue son œuvre. Étant donné que l’on parle de conscience en tant que « connaissance immédiate », comment s’applique-t-elle auprès des personnes ne pouvant témoigner de leur état de conscience ?

En effet, l’un des enjeux cliniques majeurs est la capacité à déterminer si une personne est en état de perception sensorielle interne et externe, sur au moins un des 9 sens :

  • l’ouïe
  • la vue
  • l’odorat
  • le goût
  • le toucher
  • la nociception (douleur)
  • la thermoception (température)
  • la proprioception (localisation du corps)
  • l’équilibrioception (sens de l’équilibre)

Les deux derniers étant probablement peu enclins à déterminer un niveau de conscience minimal. On exploite ainsi les réactions physiologiques et électroencéphalographiques pour pointer, selon les critères médicaux actuels, la probable conscience de l’individu, donc de décider de le maintenir en vie ou non. Dans la réalité, les choses sont tellement complexes, car la communication sensorielle peut ne se faire qu’à sens unique et n’induire aucune réaction physiologique.

Une résultante plus qu’une zone

Dans les expériences animales, on considère qu’une espère a conscience de soi dès lors qu’elle sait faire la distinction entre un autre individu et son reflet dans le miroir. Ce qui me semble totalement aberrant, car le reflet dans le miroir aura certainement des comportements sociaux inattendus face aux postures et stimuli, et donc l’intérêt passera rapidement. On démontre ainsi qu’ils ne perdent pas leur temps avec des congénères imitateurs (sauf les chats, et encore), aucune interaction n’étant envisageable.

Autre point important : les expériences actuelles de reproduction du cerveau, et donc d’une potentielle conscience, sont toutes vouées à l’échec, car elles ne tiennent pas compte de la spécificité de la corporalité (ce sont des cerveaux artificiels bruts), et au mieux parviendront-ils à concevoir de magnifiques psychopathes dénués de morale et d’émotion. La corporalité apporte les éléments nécessaires à l’interaction avec l’environnement, à l’expression des émotions, à la gestion de la douleur, à l’acquisition du sens de l’équilibre, à la compassion (joué par les neurones-miroirs), etc. Sans eux, la conscientisation purement abstraite est vaine, car tout ne restera qu’à l’état de concept.

Ainsi, je suis convaincu que, même si l’on créait une copie conforme d’un cerveau biologique sans corps, il manquerait quelque chose pour qu’il prenne réellement conscience de lui-même, et donc du reste du monde. Au même titre que l’épigénétique (l’activation des gènes) apporte les réponses auxquelles la génétique basique ne peut répondre, la conscience apporte le degré de connaissance que les neurones ne peuvent gérer, mais ce dernier n’est inscrit nulle part, tout du moins sur les plans physiques relativistes, et ne peut se synthétiser comme le langage à une aire (ce dont je doute également, au vu de la plasticité cérébrale). Si réponse il y a, elle doit certainement être à chercher dans la physique quantique, voir sur des plans qui vont au-delà de la perception humaine.

Cette définition de la conscience est assez proche de celle de l’énergie, que l’on sait parfaitement modéliser mathématiquement par des corrélations avec la matière (E=mc²) mais dont on ne connaît absolument pas la nature ni la substance, car immatérielle et donc inexplicable par la physique actuelle. Dans les médecines alternatives et la spiritualité, l’on travaille avec l’ensemble des énergies du corps pour déterminer si une personne est prête ou non à laisser son âme remonter vers les plans subtils, le corps n’étant qu’un réceptacle temporaire d’expérimentations.