La monnaie libre Ğ1

High tech

Par la même personne avec laquelle j’ai découvert le Jardin d’Echanges Universel, dont une nouvelle version du site de mise en relation est en cours de développement par un confrère, j’ai pris connaissance d’un nouveau modèle monétaire : la Ğ1 (prononcez June).

Une monnaie libre ?

Le terme en soi peut sembler oxymorique, au vu de la manière dont l’argent nous lie à la notion de dette. Au final, oui, c’est un oxymore, et je vais vous expliquer pourquoi.

Tiers de confiance

Cette nouvelle monnaie est basée sur un modèle informatisé de certification par confiance, que l’on appelle blockchain. J’ai déjà évoqué ce principe dans un précédent article, qui apporte un réseau basé sur la qualité, en limitant les comptes multiples, pirates ou frauduleux. De ce fait, toute personne doit passer par un processus de réseau de connaissance pour devenir membre. Ce mécanisme de certification, notamment du côté des certifieurs, confère un modèle hiérarchique selon le nombre d’échanges et de confiances accordées.

A noter : il est indispensable de se munir d’un appareil informatique pour gérer et valider des échanges, mécanisme fortement décrié sur mon groupe Facebook Le Numérique et le JEU, proposant des méthodes de transactions numériques et de recherche géolocalisées… Bref.

Des dividendes quotidiennes

Ensuite, tout membre entrant reçoit une Dividende Universelle (DU) par jour, recalibrée tous les 6 mois selon le nombre de membres et la masse monétaire à l’équinoxe, selon une formule des plus indigestes… Donc, tous les 6 mois, à l’équinoxe, notre nombre de Ğ1 par DU est réévalué. Bref, on a des sous qui rentrent tous les jours sans rien faire, mais la documentation n’est pas très prolixe sur l’accumulation, le plafonnement ou les obligations des détenteurs de Ğ1… La formule ne tient pas compte non plus de la qualité transactionnelle, à savoir le nombre d’échanges effectués durant une période donnée, pour limiter notamment l’épargne.

Pas d’équivalence avec la monnaie-dette

Là où l’argent bancaire est créé par les crédits, ici les DU sont créés par la présence des membres. De plus, toute personne sortante (résiliation, décès) fait baisser d’autant le DU. Comme le JEU, le montant des échanges ne se base pas sur un modèle d’offre et de demande ; l’équivalence monnaie/temps n’existe pas.

On ne peut convertir les Ğ1 en euros, et inversement.

Une dépendance malgré tout

Un tel système est dépendant de la disponibilité du service informatique le gérant. Ainsi :

  • Une panne généralisée, une zone blanche ou l’absence de support informatique (ordinateur, téléphone) bloque toute transaction
  • Le financement de l’infrastructure informatique se fait avec des Euros, et non des Ğ1… Sans ce financement, le système s’arrête du jour au lendemain.

L’évolution non-informatisée d’une telle solution ne sera possible que lorsque l’on pourra établir un modèle économique basé sur aucune monnaie d’échange ou dividende. Il n’est pas possible de ne pas informatiser le gain quotidien de la DU, qui ne serait pas sans penser à une forme de salaire.

Comme le précise le site :

C’est à prendre au sens de l’expérimentation à grande échelle.