La réussite et l’échec

Vie intérieure / Pensées

Voici trois notions très proches les unes des autres, mais sur lesquelles la notion même d’existence sociale et personnelle peut s’appuyer. Et comme tout le monde ne donne pas le même sens aux mêmes mots, cela pose des problèmes.

Qu’est-ce que la réussite ?

Pour faire simple, réussir c’est atteindre un objectif, indépendamment de l’effort ou de l’ampleur des conséquences. Il peut s’agir de mettre une pierre sur une autre ou de sauver le monde de la famine. Là où le bât blesse, c’est que la notion de réussite peut être très différente en fonction de qui pose le regard dessus.

On peut voir la réussite comme étant composée des éléments suivants :

  1. Un objectif inhabituel à atteindre, pouvant demander un travail (physique, intellectuel, organisationnel…)
  2. Un ou des essais amenant à cet objectif
  3. La satisfaction d’un résultat, qui peut différer de l’objectif initial

Certains éléments peuvent éloigner de l’objectif :

  • Le fait que l’objectif, et sa qualité, puisse dépendre de quelqu’un d’autre (comme un professeur devant noter un travail scolaire)
  • La démotivation
  • Le sentiment d’échec
  • L’attente du résultat escompté à tout prix

J’avais discuté avec quelques personnes de pourquoi je commence la sophrologie, et bien qu’elles soient assez admiratives de ce que je suis capable de produire alors que c’est naturel chez moi, je vais vous expliquer mes attentes (qui sont bien sûr mères de toutes mes déceptions) :

  • Livres : que les gens les achètent sur Lulu
  • Taiketsu-Doku : qu’un éditeur prenne en charge la production et la diffusion
  • Financements participatifs / pré-commandes : que les gens pré-commandent, justement !

Qu’est-ce que l’échec ?

Par extension, et dans la pensée binaire actuelle, on peut définir l’échec comme l’opposé de la réussite, comme si seul le résultat attendu dès le départ importait en vue d’une satisfaction ou d’une reconnaissance. C’est malheureusement le modèle qui prédomine en terme d’apprentissage, d’exécution de tâches et de valorisation.

Cela me rappelle un court-métrage, Alternative Math (ou Les maths alternatives), où une institutrice devient l’ennemie publique numéro 1 pour avoir dit à un élève que 2+2 ça ne faisait pas 22 :

Dans la sagesse, le résultat n’est pas une fin en soi, davantage un moyen d’acquérir des connaissances et de l’expérience. Si le résultat n’est pas au rendre-vous, ces connaissances et expériences acquises auront le pouvoir d’amener d’autres projets ou de transmette le fruit de ce cheminement.

Au final, la réussite, comme l’échec, ne dépend que du regard porté sur le résultat d’une action et de l’attente envers celle-ci.

Dans la vie, je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends.
– Nelson Mandela

Et le succès ?

On peut voir le succès comme une accumulation de réussites depuis des points de vue extérieurs :

  • On doit avoir réalisé des choses qui touchent un intérêt général (cela se retrouve dans l’art, la politique, l’économie, plus rarement dans l’humanitaire)
  • On doit considérer que ces réalisations plaisent au plus grand nombre, selon le public visé
  • On doit par la suite satisfaire l’attente de ce plus grand nombre dans cette même qualité de réalisations

Le succès amène donc à une forte responsabilisation quant à la nature et à la qualité de ses réalisations, à maintenir une constance au détriment de notre propre évolution intérieure.