La société industrialisée idéale

Vie intérieure / Pensées

Le temps se prend lui-même entre deux rendez-vous, j’en profite pour mettre par écrit quelques idées et réflexions sur notre société.

Pourquoi la société va mal ?

Aucune civilisation n’est éternelle, à la différence des clans et tribus. La raison est très simple : la hiérarchisation des individus et la dépendance administrative. A partir du moment où l’on classifie les gens selon leurs richesses, leur origine, leurs convictions ou leurs croyances, le seul résultat escomptable est l’accumulation de la frustration et du manque de reconnaissance de son statut d’humain. L’Histoire ne fait que se répéter, les pouvoirs sont renversés et remplacés par pire, ou finissent par ne régner que sur des cendres.

Il est très important de noter que la hiérarchisation de la société est due à une poignée de personnes avides de pouvoir. Et donner les clés d’une civilisation à une personne désireuse d’assouvir ses troubles névrotiques de manque de reconnaissance ne peut qu’engendrer une gouvernance durcissante. On constate d’ailleurs que, lorsque les clés sont confiées à des personnes qui ne les désirent pas, leur gouvernance est plus humaine.

Là où le bât blesse, c’est que la hiérarchisation des individus est totalement arbitraire, tout comme le système de valorisation marchande des biens et des services. Ajouté à cela une gouvernance fondée sur les interdits et la répression, et nous obtenons les modèles politiques de la majorité des pays du monde.

Enfin, l’ensemble de cette perception du monde et de sa gouvernance fait croire au peuple que le seul moyen de se libérer d’un joug est d’en créer un autre, en élisant de nouveau un névrotique…

Les limites de notre système

La pensée économique croissance dans un monde aux ressources limitées est apparue dans les années 1920, pour apporter une forme de rentabilité au modèle industriel : comme tout le monde possédait un frigidaire et qu’il durait entre 30 et 50 ans, les différentes filières ont vu leurs productions stagner. De ce constat naquit l’obsolescence programmée, afin de réduire la durée de vie des biens, contraindre au renouvellement et ainsi maintenir des rythmes de production.

Par cet ingénieux mécanisme, l’industrie sut imposer sa suprématie et l’obligation de posséder des ressources financières pour satisfaire le degré de confort et de conformisme minimal. Car l’industrie, à la différence de l’agriculture ou de l’artisanat, ne peut proposer un modèle « producteur au consommateur », à cause des multiples intermédiaires (matières premières, transporteurs, usines, sous-traitants, réseaux commerciaux…). Mais c’était sans compter la baisse des ressources naturelles, et la fin de cycle de vie des objets, dont le recyclage n’a été intégré que bien plus tard.

Enfin, le mécanisme d’inflation monétaire basé sur l’augmentation de la productivité est un non-sens, car il ne tient nullement compte des enjeux sociaux liés à l’offre/demande et aux problématiques entrepreneuriales et d’embauche, et au fait que l’augmentation du pouvoir d’achat qui doit en résulter se trouve leurré par une augmentation plus importante des prix de vente.

Ma solution

Le salariat contribue à la classification des individus, indépendamment du travail effectué, du service rendu à la société ou du degré de responsabilité. De ce fait, l’humain doit être recentré dans l’économie de services, et l’industrie confiée aux automates.

Je préconise :

  • Faire de l’industrie un circuit fermé, automatisé, selon le modèle économique marxiste (« une machine ne coûte rien »), n’embauchant qu’un minimum d’individus
  • Faire de l’agriculture et de l’artisanat des droits autonomes et fondamentaux, ainsi que l’accompagnement, l’enseignement, la recherche, le bâtiment… Le bio, local et de saison deviendra la norme de lui-même.
  • Mettre en place le revenu de base, qui sera assez minime étant donné que l’industrie sera auto-suffisante, et que son arrêt n’entraînerait que très peu de déséquilibres sociaux
  • Donner le statut d’entrepreneur à chaque citoyen, indépendamment de leur activité, et rétribuer sur facture
  • Taxer les produits industriels selon leur provenance, leur recyclabilité, leur pollutivité et leur longévité ; favoriser la réparation à l’achat ou à la déchetterie
  • Donner un statut d’intérêt supérieur aux artistes, services d’entretien et accompagnants-soignants

Si l’on y réfléchit bien, la majorité des individus n’a pas les besoins de notre monde actuel, mais se retrouve confiné, contraint, orienté dans des directions devant satisfaire les attentes du modèle socio-économique. En laissant les gens vivre comme ils le désirent, et en détachant l’industrie du reste, nous résolvons la majorité des problèmes liés au manque de reconnaissance, à la discrimination et à la propriété. De plus, ce recentrage assure une pérennité de l’humanité sur les générations à venir.

Les limites de ma solution

  • L’équilibre territorial entre les industries, les terres de ressources et les terres d’habitation ; la majorité des territoires devraient être des biens inaliénables
  • Le développement d’une guerre froide mondiale, chaque pays devant redoubler d’ingéniosité pour se maintenir à la tête de ses industries, et notamment l’automatisation des conflits (drones, tanks…)
  • Le poids que peut avoir la population sur la gestion de l’industrie et de ses conséquences, sans consortium international de régulation de l’industie