La solitude

Vie intérieure / Pensées

Dans une société où vivre seul est aussi mal accepté que de toucher des allocations quand on vit en couple, la solitude est un sentiment trop peu considéré, au vu du sérieux mal-être général.

Qu’est-ce que la solitude ?

La solitude est un sentiment qui nous incite à penser que personne ne peut nous comprendre, que ce soit par nature ou par rejet de l’environnement. On peut aussi bien le vivre isolé qu’entouré de personnes qui peuvent nous sembler proches, comme de la famille ou des amis. C’est bien plus profond que la solitude physique, où n’importe qui/quoi peut faire office de compagnie, car elle touche notre âme, le « qui » nous sommes, qui ne peut être défini et face auquel l’acceptation plénière et entière semble impossible.

On nous apprend que vivre à deux est le rempart face à la solitude, alors qu’il ne comble que l’isolement. J’admets que ce n’est pas une mauvaise chose, au contraire : qu’il s’agisse de conjoint, de collègue, d’ami, de parent, notre statut d’animal social s’en trouve plus juste, au sens de la justesse. La grande difficulté est quand cet accompagnement est objet de rabaissement ou d’imposition d’opinion : le sentiment de solitude, lié à la non-acceptation de notre personne, devient plus fort.

L’anormalité du célibat

D’un point de vue sociétal, être seul est perçu comme un échec, au même titre que se marier comme une réussite. Paradoxalement, mourir seul semble être davantage une fatalité qu’un choix délibéré. Bien que les mentalités tendent à évoluer vers un regain des lettres de noblesse de l’individu, tout ne va pas dans ce sens :

  • Célibataire à plus de 30 ans reste une situation anormale : toujours en quête de, difficile à supporter, volage…
  • Le coût de la vie est bien supérieur seul qu’à deux : impôts, achats en petite quantité, loyer…
  • Sans parler des 2 millions de familles monoparentales !

Faire face à tous ces carcans historiques est un combat quotidien pour les 18 millions de célibataires du pays.

Le pire reste la solitude conjugale, quand le conjoint n’est pas en mesure de comprendre ou tout simplement d’accepter notre différence, nous condamnant à des activités forcées dans le but de maintenir l’image du couple. Comme si on nous éduquait à davantage faire face aux jugements qu’à nous respecter.

Les bienfaits de la solitude

Pourtant, la solitude favorise :

  • la créativité
  • le respect de soi, et de l’autre
  • l’introspection
  • la liberté et la responsabilité
  • l’ouverture aux autres et les interactions sociales
  • les loisirs

Les personnes qui décident que personne n’est en mesure de les accompagner dans l’intimité sur le long terme ne mettent pas en berne leur vie sociale, car elle n’est pas contrainte par les desiderata de l’autre, et chaque interaction est choisie avec des personnes dans la même démarche : jouer aux échecs avec des personnes qui aiment les échecs, boire un verre avec ceux qui aiment boire un verre… Et on ne boit pas nécessairement de verres avec ceux avec qui on joue aux échecs. Quitte à pousser le raisonnement plus loin, on peut mettre au même plan les relations sexuelles, et la vie de couple serait davantage basée sur le choix que sur la nécessité.

L’un des points fondamentaux de la solitude : ne pas culpabiliser. Il n’y a pas de fautif, il suffit juste d’ouvrir son esprit sur le champ des possibles, et tant que nos intentions restent pures, le regard des autres reste de leur seule responsabilité.

Une question que j’affectionne :

Que feriez-vous si vous n’aviez pas peur ?