La stéréophonie

High tech Vie intérieure / Pensées

Principe connu depuis des décennies dans le monde audio-musical, la stéréophonie consiste à amener un son différent dans chaque oreille, pour apporter une immersion et une dimension complémentaire. Bien que le terme exacte soit biphonie, pour deux, stéréo- signifie solide, voire par allusion massif et relief. A tort.

De la scène à la chaîne

L’idée d’intégrer deux canaux audio dans la musique tient en grande partie à simuler les sensations de la scène, avec les voix au milieu, la batterie d’un côté et les guitares de l’autre. L’idée est plaisante mais l’intérêt est limité : même aujourd’hui, la majorité des appareils permettant l’écoute de musique, hors casque et écouteurs, ne permettent absolument pas une distinction des deux voies musicales, voire ne disposaient que d’un seul haut-parleur. De plus, les premiers enregistrements biphoniques plaçaient chaque instrument de manière exclusive sur une des deux voies, rendant l’écoute au casque des plus désagréables…

Sauf que l’oreille sait différencier la provenance de deux sons distincts, à condition qu’ils soient effectivement distincts. Et dans les écouteurs, le fameux relief du préfixe stereo- n’est qu’une ligne allant de la gauche vers la droite. Pour rajouter le fameux relief de la stéréophonie, plusieurs techniques ont été inventées :

  • le son binaural, qui ne s’écoute qu’au casque, reproduit les déformations auditives provoquées par le lobe auriculaire, en vue de simuler la provenance du son. Ne fonctionne que sur les notions d’avant et arrière, et peut nécessiter un temps d’adaptation.
  • le son Dolby, Prologic, cinéma, 5.1 : quelle que soit la dénomination, elle consiste en l’addition de plusieurs hauts-parleurs, minimum 6, et d’un enregistrement spécifique de la bande son, notamment des films, de la sorte :
    • devant : effets spéciaux et musique
    • derrière : voix
    • basse : basse

La majorité des appareils stéréophoniques ne supportant pas le son 5.1, et ne fusionnant pas les canaux, regarder un DVD est déplaisant, étant donné que l’on n’entend presque pas les voix, au détriment des effets et musiques…

Vous remarquerez d’ailleurs que, toutes techniques confondues, on reste sur du « plat », entre la gauche, la droite, l’avant et l’arrière. Mais rien pour le dessus et de dessous. Étrange, non ? Donc, pour ce qui est du relief, dans tous les cas, on repassera !

L’intérêt limité de la biphonie

Comme mentionné, il y a beaucoup de cas dans lequel la biphonie ne trouve aucune noblesse. Même dans le visionnage de film, si l’on ne dispose pas d’enceintes suffisamment éloignées pour percevoir une distinction gauche-droite. A contrario, dans des écouteurs, une trop forte stéréophonie peut, à défaut rendre l’écoute déplaisante, provoquer des effets déstabilisants et même entraîner des états de conscience modifiée (pendant lesquels on ne sait même plus ce que l’on a écouté, c’est dire). Enfin, en musique d’ambiance, la stéréophonie amène une partie de l’auditoire à mal ou pas entendre ce que l’autre partie écoute…

Voici, selon mes critères, là où l’on trouve un intérêt à la multi-phonie :

  • une chaîne hi-fi adaptée, aux enceintes dans chaque coin, et calibrées pour une place donnée, pour l’audiophilie avancée (films, concerts, etc.)
  • une musique à vocation transcendantale, méditative
  • des effets ponctuels au sein d’une musique
  • une très légère répartition des instruments, pour effleurer la sensation de répartition spatiale

Et pour les geeks

Si vous voulez passer votre collection musicale en mono (pour la voiture, le smartphone, ou autre), voici la ligne de commande avec le logiciel ffmpeg :

ffmpeg -i musique-stereo.mp3 -ac 1 musique-mono.mp3

-ac désigne le nombre de canaux audio, ou audio channels. Je passe actuellement toutes mes musiques ainsi pour mes prochains blind tests, et en plus elles prennent 2 fois moins de place…