Le choix

Vie intérieure / Pensées

Quelle étrange notion qu’est celle du choix. Dans un sens, ce dernier est à l’origine de ce blog et de tout ce que j’ai entrepris depuis. Mais qu’est-ce qu’un choix ? Essayons de faire le tour de la question.

Nature vs Culture

Le choix est une notion culturelle, car dans la nature, chaque individu est contraint par son environnement : ressources alimentaires, saisons, migrations, habitats, congénères… Les changements environnementaux contraignent, pour la survie, à la migration géographique ; et comme la survie est le moteur premier de la vie, toute espèce ira dans ce sens.

Dans un contexte culturel, le choix est fondé sur des préceptes conventionnels, sociaux, moraux, familiaux, émotionnels, sentimentaux, traditionnels, professionnels, administratifs. Ces approches établissent de manière consciente ou inconsciente une sorte de Table de la Loi personnelle, certaines règles étant perçues comme plus ou moins intransigeantes. En cela, lorsqu’une situation intervient, c’est la confrontation avec cette Table qui va orienter notre choix. En résumé :

Le choix dépend en grande partie des conséquences que nous sommes en mesure d’assumer.

Y a-t-il concrètement choix ?

De ce fait, beaucoup de nos choix n’en sont pas, car les Tables dictent notre conduite, au même titre que l’instinct de survie pour les autres animaux. De plus, beaucoup d’éléments de la Table sont des interdictions ou des obligations, qui agissent comme des œillères et provoquent chez nous des liens de dépendance et d’attachement, et finalement très peu sont des autorisations. Oui, on se rend compte que notre latitude est très restreinte, et que l’on a même tendance à choisir des loisirs assujettis par des règles !

Donc, pour des conventions, convenances, lois et autres principes, l’on s’éloigne de sa propre personne, de ses propres besoins, de ce qui nous correspond, et ce n’est pas pour rien que le stress est le mal du XXIème siècle ! Il n’est pas toujours bien vu d’exprimer les choses qui ne nous conviennent pas, de se faire suivre psychologiquement, ou de changer d’environnement avec le risque de revivre les mêmes choses.

Ce qui ne s’exprime pas s’imprime.

Que dit la Loi ?

Le système législatif est construit sur un nombre incalculable d’amendements rédigés par des personnes qui ne sont même pas concernées par ce qu’ils décident, qui effacent le propos de la loi originale, et qui fait que personne n’est concrètement en mesure de lister de manière objective les tenants et les aboutissants d’un texte. Ajoutons le fait que la Loi ne concerne quasiment personne, car il n’y a pas 2 individus dans la même situation ou dans les mêmes conditions face à une situation donnée, et vous obtenez quelque chose de pire qu’une dictature !!! En y repensant, le nombre de cases dans lesquelles nous n’entrons pas est bien supérieur à celui dans lesquelles nous pourrions espérer rentrer. Certains osent appeler cela la Démocratie.

Pour mon histoire personnelle, je choisis de vouloir retaper une cabane pour en faire une habitation. Je peux choisir de le faire dans le cadre imposé, à savoir m’obliger à avoir tous les raccordements en entrée et en sortie en eau et en électricité, avec le risque de devoir casser le terrain des voisins ; ou de retaper ma cabane sans la mentionner comme étant une habitation, avec pour risque qu’elle ne soit pas reconnue comme adresse postale. Et même si je prenais l’option 1, rien ne me garantit qu’on ne trouverait pas un caillou mal placé qui pourrait remettre en question tout ce qui aura été décidé, parce que :

L’alinéa 7 du paragraphe 69 de l’amendement du 18 Brumaire de l’an VIII du Calendrier Révolutionnaire de l’article R-17954 ¾
mentionne que « toute personne étant reconnue possession d’un caillou mal placé, à l’insu ou non de son plein gré, pourrait se voir retirée son autorisation de raccordement au réseau électrique [qui n’existera pas avant 100 ans], selon l’appréciation forcément objective et compréhensive du juge ».

Quelles conséquences peut-on être prêt à assumer, face à autant d’absurdité ? L’administration est le seul organisme qui est capable de vous montrer par A+B que vous êtes hors-la-loi alors que vous ne faites rien !

En sortir

Dans le film Bilal (que je recommande), le protagoniste, alors à l’état d’esclave, reçoit ces mots d’un sage :

Tu ne pourras te libérer de tes chaînes de fer que lorsque tu te seras libéré des chaînes de ton cœur.

Pour beaucoup de personnes, c’est quand la souffrance personnelle devient inextinguible que l’on s’autorise à remettre quelques carcans en question, dans la pensée que cela ne peut être pire que ça ne l’est déjà. On retrouve les étapes du deuil selon Elisabeth Kübler-Ross, à savoir le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation. L’on apprend par ailleurs que :

  • prendre soin de soi ne fait de mal à personne, sauf à ceux qui nous imposent leurs Tables
  • si l’on met les autres en colère, c’est qu’on les fait se confronter à leurs Tables
  • on peut être dans l’affect sans être dépendant des autres
  • la majorité des règles de la Table ne correspondent pas à nos aspirations profondes

En se détachant de nos règles, qui au final ne sont pas les nôtres, on revient à une vie plus simple, plus encline à notre bien-être, et à même d’accueillir des personnes qui sont dans l’optique de ne pas nous imposer leur vision des choses. On est davantage dans le partage que dans le délaissement, nos besoins sont plus simples.