Le Japon, entre zen et jugement

Projet

Pendant mes longues périodes entre deux journées de travail (soit 15h en semaine et 64h le week-end), je rattrape mon retard en mangas, notamment les Miyazaki. En parallèle, je lis un livre sur la simplicité, d’une auteure française qui prône le zen japonais. Qui s’agisse de Japon médiéval, industriel ou contemporain, des lignes restent persistantes…

Concernant le zen, les personnes habitant en appartement au Japon vivent dans des endroits exigus, encombrés, où les enfants partagent la même chambre. C’est très loin du feng shui ! À la différence des personnes vivant en maison ou à la campagne, où l’épuré est plus représenté. En fait, l’esprit japonais est davantage orienté sur la symbolique que sur le bien-être. Les symboles sont porteurs de valeurs, et ont donc une connotation de classification.

L’autre point que je trouve déplaisant est l’éducation formatée sous couvert de conformisme, ce qui quelque part rejoint l’idée de symbolique. D’un côté ils prônent des valeurs très bonnes, comme l’honneur ou le respect des aînés, d’un autre ils développent un jugement non dissimulé des personnes qui choisissent (ou non) des voies différentes. Les représentations de violence entre élèves dans les lycées et collèges sont de parfaits témoignages de cette jonglerie entre les extrêmes. Les enfants sont contraints à grandir bien trop vite et à subir moultes injustices selon la place dans la fratrie. Ils doivent en plus assumer une réputation liée à leur patronyme. Une fois adultes, ils perdent une grande part d’humanité. Ce n’est pas pour rien que c’est un pays qui tient le plus grand taux de suicides…

Non, si on me le proposait, je n’irais pas vivre au pays du Soleil Levant. Je tiens compte du passif historique et de la rapide évolution du Japon ces deux derniers siècles. Est-ce une excuse ? Certainement. À partir du moment où le zen est une compensation équilibrante et non une hygiène de vie, ce n’est pas une bonne philosophie.