Les femmes et moi

Vie intérieure / Pensées

Non, ce n’est pas un remake de Charlie et ses Drôles de Dames. Et j’ai dû passer plus de temps à choisir l’illustration qu’à écrire ce qui va suivre… Enfin bref. Je m’attaque ici à un sujet délicat et riche, et comme tout ce qui a été et sera écrit ici, cela ne concerne que mon vécu, mon ressenti et ma vision.

De mon plus jeune âge, j’ai toujours eu une fascination pour une certaine catégorie de la gent féminine, que l’on appelle de manière peu élégante les femmes de caractère. Je ne nierai pas que mon premier amour de maternelle avait, et a toujours, un carafon d’enfer ! En repensant aux femmes qui m’ont attiré, c’était majoritairement des femmes entreprenantes, douées, délurées, fortes par nature ou nécessité, parfois mères, ou avec un côté masculin bien trempé. En fait, c’était des femmes qui étaient assez proches de leur féminin sacré.

Le féminin sacré

Les notions de masculin et de féminin sacrés sont en fait les préceptes qui donnent à chaque homme et chaque femme sa vraie place dans le monde, en dehors de toute considération sociale et sociétale. C’est apprendre à s’écouter, se respecter, mais aussi aborder sa juste place avec autrui, ses proches. Et sous couvert d’une grande sensibilité, j’étais bien plus proche des préceptes du masculin sacré dès mon plus jeune âge, n’adhérant en aucune manière aux diktats du machisme.

Pour faire assez simple, pour comprendre les notions de sacré, vous prenez toutes les conventions actuelles qui peuvent vous rabaisser ou vous blesser d’une quelconque  manière, vous les mettez dans une poubelle et vous regardez ce qu’il reste : vous. Un Vous où les hommes sont sensibles et protecteurs, et les femmes, fortes et créatrices. Un Vous sans jugement, bienveillant, qui n’éprouve pas le besoin de se comparer ou d’affronter, indépendant affectivement, bref l’Amour avec un grand A. On retrouve ces archétypes masculins et féminins dans les cultures pré-civilisations ou païennes, qui ont d’ailleurs fortement inspiré les œuvres de fantasy.

Mais attention, l’Amour ne veut pas dire « le c…l », et à ce propos, j’étais tellement dans une vision puritaine de l’acte que je pensais que les femmes avaient généralement des relations intimes uniquement pour le plaisir de leur compagnon, au détriment de leur intégrité physique et morale ! Et quelque part, je n’avais pas entièrement tort… J’ai eu la chance d’apprendre à aimer physiquement et respectueusement.

La femme idéale ?

L’idéal est subjectif, et les « critères » sur lesquels on peut appuyer notre « sélection », non seulement évoluent avec le temps mais ne garantissent absolument pas l’entente sur le long terme ! Ainsi, je ne peux affirmer partager des moments agréables avec une grande rousse aux yeux verts, une métisse, une femme ayant un poste à responsabilités, une technicienne, une artiste ou tout autre facette limitante de ma perception de la personne.

En une phrase, je dirai que la femme idéale est celle qui n’a pas besoin de nous, mais qui choisit de partager sa vie avec nous.

Dans ma vie

Les lois du hasard ont fait que je ne suis jamais sorti avec des femmes ayant les qualités décrites ci-dessus, à l’exception de mon ex-épouse. Pour les précédentes, c’était des « victimes », dans le sens où le regard des hommes en général n’était pas celui qui les mettait en valeur, bien au contraire (milieu social, troubles mentaux, physique…). Et comme je les voyais plus comme des êtres humains, et que j’avais (et ai probablement toujours) un côté sauveur, nos deux situations étaient suffisamment compatibles pour commencer une relation… qui finissait en eau de boudin ! Sans pour autant avoir analysé en détail le schéma qui se répétait à chaque relation, je peux simplement affirmer qu’essayer de sauver les gens, ce n’est pas du tout leur rendre service, s’ils ne sont pas demandeurs et si je sais pas me protéger !!!

Aujourd’hui, j’ai un bon nombre d’amies avec qui, si elles me demandaient, j’envisagerais une relation plus qu’amicale sans hésiter. Et c’est en réfléchissant à pourquoi j’éprouve une attirance pour ces femmes que j’ai fait le rapprochement avec les notions de sacré. Bien que pour certaines, je les connaisse de longue date, et que nos relations ont évolué avec le temps (on n’a pas les mêmes centres d’intérêt à 7 ans et à 38 ans), c’est comme si je, on, savait qu’il y avait un lien indicible mais au-delà de toute apparence ou vraisemblance, qui fait que la relation a son importance. Ces personnes ont une voire plusieurs vies, en couple, en famille, à l’autre bout du monde, je l’espère sont heureuses malgré ce monde qui nous met des bâtons dans les roues quotidiennement.

J’éprouve un brin de nostalgie, d’une époque courte et révolue où une personne était heureuse en ma présence, qui avait fait le choix de faire un petit bout d’un petit chemin à mes côtés. Le gouffre affectif que je trimbale depuis des lustres est pesant, et bien que je puisse donner la sensation de préférer l’isolement, une vieille habitude que mon métier n’a pas aidé, j’apprécie la compagnie des gens, car je sais que certains m’aiment et ne pas les voir plus souvent doit m’affecter plus que je ne saurais l’admettre. Parfois, je sens que j’entre dans un jeu psychologique, en tant que victime, dans le but de quémander cette affection ; je ne sais pas si mes interlocutrices le sentent aussi ou pas.