Les gilets jaunes

Les gilets jaunes

Qui n’a pas pris sa voiture du week-end n’a pas été confronté au mouvement des gilets jaunes. Petite introspection.

Qu’est-ce ?

Il s’agit d’un ensemble de manifestations décentralisées autour des problématiques liées, dans un premier temps, à la flambée du prix de carburants, puis par extension au pouvoir d’achat des petites et moyennes classes. Elles se présentent sous la forme de blocage d’accès à des axes routiers fréquentés, des opérations escargot…

Il faut comprendre que la gestion budgétaire d’un gouvernement est réfléchie en €/an, alors que :

  • l’argent est un concept dynamique et non statique
  • beaucoup de personnes mensualisent leurs charges, évitant de fortes ponctions annuelles, et pouvant également permettre côté gouvernement des retours sur investissements sur des notions de mois et non d’années
  • il n’existe aucune politique de projets, mais uniquement une politique de parties

Est-ce efficace ?

Il existe un dicton :

La dictature c’est : « ferme-la »,
La démocratie c’est : « cause toujours ».

Le droit de grève et de manifestation donne pleine latitude à ce genre d’événement, souvent secondé par des forces de l’ordre. Dans l’absolu, on peut relever plusieurs choses :

  1. le ratio entre grèves et changements est très bas
  2. le ratio entre changements et changements dans le sens des citoyens est tout aussi bas
  3. une étude montre qu’il faudrait 3.5% de personnes allant dans un sens, de manière non violente, pour faire changer les choses, et il n’y a eu « que » 0.38% de manifestants, certains ayant été évacués à coup de bombes lacrymogènes
  4. le fait de bloquer les voies et obliger à des déviations invraisemblables (et mal indiquées) incitent les conducteurs à une surconsommation d’essence !
  5. le plan d’augmentation des taxes prévu sur 5 ans n’a pas l’intention de changer…
  6. étant donné que le problème concerne les taxes, un absentéisme de déclaration et/ou de paiement de diverses taxes (TVA, impôts sur le revenu, l’habitation, la foncière…) aurait été un message plus explicite

Qu’en est-il de ceux qui n’ont pas manifesté ?

Il y a eu 3 groupes :

  • ceux qui soutiennent, en mettant un gilet sur leur tableau de bord
  • ceux qui ne soutiennent pas (pour des raisons qui leur sont propres)
  • ceux qui ne soutiennent pas, mais qui ont quand même mis un gilet sur leur tableau de bord

D’expérience, le fait d’avoir mis un gilet sur le tableau de bord m’a permis de passer certains barrages bien plus vite… Hypocrisie ? Totale, et assumée.

Que faire, à notre échelle ?

La problématique de l’essence, dans sa rareté croissante autant que dans la pollution qu’elle émet, n’est pas un sujet récent. De nombreuses alternatives au véhicule à moteur thermique ont vu le jour, avec des succès très mitigés, à cause des limites des dessertes des réseaux de transports en commun, du prix d’investissement pour les particuliers ou des frais d’entretien pour les services de location de vélos (entre autres).

Il existe deux types de frais :

  • ceux que l’on ne peut réduire de manière simple ou directe (loyer, prix de l’essence, impôts…)
  • ceux que l’on peut (produits réutilisables ou faits maison, produits réparables, alimentation moins riche, limitation des objets de décoration…)

A titre personnel, fais des économies de la manière suivante :

  • je coupe mon ballon d’eau chaude et ne le rallume qu’une fois tous les 3 jours
  • je nettoie au vinaigre blanc et au bicarbonate de soude
  • je limite mes sorties et mes consommations lors de ces sorties (un verre me suffit)
  • je roule doucement, évite les accélérations longues ou brutales
  • je change régulièrement de forfait téléphonique selon les offres

En quoi est-ce un frein ?

Prendre soin de soi demande du temps que les personnes ne savent consacrer. Leur esprit dualiste formaté considère qu’à tout problème, nécessairement extérieur à eux-même, il existe une solution tout aussi extérieure. Ainsi, cette manifestation en est la preuve, il y a un sentiment d’attente, et donc potentiellement de déception, de leur part, car bien qu’ils désirent un changement, ils ont encore du mal à intégrer qu’il peut partir d’eux, pour aller vers eux et non vers une entité extérieure.

Les remises en question sont assez nombreuses :

  • accepter le fait que nous sommes responsables de nos ressentis
  • accepter qu’un problème n’est lié qu’à une relation avec un élément, et non à l’élément lui-même
  • accepter que notre confort actuel amène à plus d’égocentrisme que de réel partage
  • accepter que tout ce que l’on ne tolère pas chez l’autre, sont des choses que l’on ne tolère pas en soi
  • accepter que l’argent (et rien d’extérieur à soi) ni ne fait le bonheur, ni n’y contribue
  • accepter que certaines relations valent mieux d’être rompues, notre peur de la solitude et de l’abandon nous étant propre
  • accepter que la seule chose que l’on puisse réellement offrir, c’est du temps, car on ne peut le reprendre
  • et la liste peut continuer sans fin…