L’intimité

Vie intérieure / Pensées

Ah, quel sujet aussi précis que la morale ou la sexualité ! Et si on allait un peu en soi ?

Un peu d’étymologie

Comme d’habitude, je ne parle pas d’un sujet sans en évoquer l’étymologie. Intime vient du latin intimus, « en dedans ». Il a été employé pour la première fois par Freud sous le germanisme Intimität, désignant un ami de confiance, à qui l’on autorise à aller voir dedans. L’on retrouve cette expression dans le pléonasme ami intime.

En fait, l’intimité est plus subtile que le lien d’amitié. Comme la sexualité, que je définirais comme « la relation de soi à son corps, et la relation que l’on accepte de l’autre sur son propre corps », qu’il s’agisse du simple regard à la mutilation physique, l’intimité commence avant tout de soi à soi :

  • ce que l’on sait de soi
  • ce que l’on accepte de soi
  • ce que l’on aime en soi

Et ce, en définissant 3 degrés d’intimité :

  1. de soi à soi
  2. de quelque(s) autre(s) à soi
  3. de tout le monde à soi

Les intimités

En effet, en généralisant, on peut admettre qu’il existe un grande nombre d’intimité. A commencer par l’intimité sociale, par exemple ne pas se promener nu en ville, critère bien différent des nudistes et naturistes. Outre les parties corporelles à ne pas montrer, qui ont évolué au fil des siècles et des sociétés (bien que dans certaines cultures, le niqab donne une toute autre idée de la relation du corps à l’autre, ponctué d’un doute certain lorsque les femmes admettent son port de plein gré), l’intimité touche également :

  • l’expression des émotions, notamment négatives
  • la culture provocatrice, à contre-courant ou trop élevée pour le commun des mortels
  • l’ingestion de certains aliments ou substances pas forcément illicites
  • l’expression créative, jugée bruyante, salissante ou portant atteinte aux biens
  • le toucher, quelles que soient les intentions

Ainsi, et comme le disait Michael Youn dans une émission :

Je m’en fous de me montrer à poil, mais il y a des aspects de mon histoire que personne ne saura.

Le casse-tête du couple

Une des grandes difficultés des relations amoureuses, que l’on qualifie d’intime, alors que l’on ne couche quasiment jamais avec un ami intime, c’est de trouver la personne avec laquelle partager toutes ces intimités, tout du moins le plus grand nombre. Et l’on considère comme de la tromperie d’avoir d’autres amis intimes, avec lesquels on peut s’autoriser certaines intimités que l’on ne peut librement exprimer avec son compagnon de lit.

Si je dispose d’une sensibilité intellectuelle très poussée, que je ne peux faire des parties d’échecs avec ma compagne, la tromperais-je en prenant un plaisir intime à jouer avec d’autres personnes, ou une autre personne en particulier ? Il n’y a pas de réponse simple, tout dépend de la nature et de la finalité de la relation conjugale, ce pour quoi l’on décide de se mettre en couple.