« Mais je l’aime… »

Vie intérieure / Pensées

Combien de femmes (et d’hommes, ne les oublions pas) ont accepté de souffrir, que ce soit physiquement ou psychologiquement, sous le joug de leur conjoint, sous ce prétexte énoncé en titre de cet article ? Oui, je défends l’idée qu’aimer une personne reste une excuse à cette souffrance subie, pour laquelle, et uniquement dans ce cas, je prête aux « victimes » une part de responsabilité, un consentement permanent où tous les arguments, aussi horribles et indécents soient-ils, sont ponctués par un « mais je l’aime ». Je renvoie le lecteur à cet article de mai dernier dans lequel j’évoque déjà cette problématique.

Note générale : « mais » réduit à néant tout ce qui le précède.

Oui, mais c’est pas si simple

Si, ça l’est. Ce que les personnes considèrent comme étant de l’amour est majoritairement un lien d’attachement affectif, la peur de se retrouver seul et non-aimé. En clair, ces personnes préfèrent être mal accompagnées que seules. Cet « amour », comme elles l’appellent, est le passe-droit dans lequel les conjoints s’engouffrent tête la première et assoient leur pouvoir manipulateur, car, dans tous les cas, « il/elle ne dira rien puisqu’il/elle m’aime ». Messieurs-dames, sans le savoir, vous favorisez la prolifération de pervers…

Et que direz-vous à vos fils et filles ? Des phrases du genre :

  • « J’ai pas eu une vie conjugale facile, c’est de famille, attends-toi à ce que ce ne soit pas simple… »
  • « Tant que tu l’aimes, tout ira bien ! »
  • « C’est pas de sa faute, faut le/la comprendre… »

Comment cela va-t-il finir ?

Mal. Mais un mal pour, espérons-le, un bien. Car la « rupture » (du lien affectif) étant difficile, il est tellement aisé de retomber dans les mêmes travers, pour les mêmes raisons : se sentir aimé. L’accompagnement de ce genre de personnes est au-delà du coaching, à la limite du dressage canin, quitte à forcer la rupture pour amener vers un autre possible, ce qui est impossible tant qu’on a la tête dans le guidon (ou ailleurs, cela ne nous regarde pas) et le cœur dans un étau.

Le pire, c’est la capacité de conscientisation de la problématique : ces personnes sont en mesure d’exprimer leur mal-être, mais cette fameuse excuse, amplifiée par une image fortement dégradée d’elles-mêmes ne leur permet pas la prise de décision nécessaire à une vie qui leur corresponde. Souvent, elles attendent le prince charmant, l’être idéal qui fait fantasmer les midinettes du berceau à la retraite, et que ce soit LUI qui soit, encore une fois, l’excuse pour s’autoriser à rompre avec ces relations toxiques. Mais comme la peur attire les chiens enragés, une personne soumise n’attirera que des manipulateurs, aussi princiers et charmants puissent-ils être. Merci à Grimm, Perrault et autres conteurs de faire de nos femmes des serpillières en quête du balai de leurs rêves !!!

Quelques chansons sur la soumission

Et oui, on n’a pas toujours chanté l’amour ou la rupture, le triste sort des femmes a aussi été l’objet de prose. Voici celles que j’ai sélectionnées, dans lesquelles ce sont les femmes elles-mêmes qui parlent de leur situation sentimentale violente ; il n’y en a malheureusement pas beaucoup, la majorité des textes sur ce thème étant des hommes se vantant d’assujettir leur compagne.

Et la chanson éponyme de Grand Corps Malade et Camille Lellouche :