Quand l’informatique a perdu sa binarité

High tech Vie intérieure / Pensées

S’il y a bien un secteur qui évolue dans le mauvais sens, c’est bien celui de l’informatique. Là où, à une époque, l’humain devait s’adapter à la machine, la philosophie a cherché à s’inverser dans les années 1990 pour que la machine s’adapte à l’humain. Et là, c’est le drame…

Une évolution biologique

L’histoire commence avec des lampes, des fiches et des cartes trouées. L’humain devait intégrer de lui-même les différents codes, sans interface graphique, ni clavier ni souris. Xerox, fabricant de photocopieurs, développe alors une interface avec des fenêtres, des icônes et du texte, qui sera reprise par Apple ; Windows sera en fait une copie de l’interface X-Window d’Unix. Qui a pompé sur qui ? Le mystère restera à jamais entier… Toujours est-il qu’on reste assez maître de son matériel, et qu’il reste malgré tout simple et constant dans son utilisation.

Au milieu des années 1990, un présentateur avait affirmé que l’on aurait des ordinateurs fonctionnant comme des téléviseurs. Je suis certain qu’il doit pleurer de voir que les téléviseurs démarrent comme des ordinateurs aujourd’hui…

Puis vint ce qui allait tout changer : Internet. Grâce à ce réseau allié à des services comme le stockage en ligne, la connectivité permanente et l’application aux objets secondaires (imprimantes, lampes, montres, téléphones, etc.), on obtient non seulement des machines communicantes à des échelles inimaginables, mais également des machines au comportement autonome, installant des logiciels, des mises à jour voire ouvrant la porte à des maladies comme des virus et autres malwares.

Ainsi, on peut considérer chaque élément comme étant une cellule d’un organisme complexe, en bonne santé un jour et malade le lendemain, sans que l’on ait eu besoin d’y faire quoi que ce soit. La non-exhaustivité des configurations possibles donnant des réactions que l’on peut qualifier d’aléatoires, on se retrouve à s’occuper de son PC comme d’un bébé de 6 mois ! Bien qu’Einstein ait qualifié de folie le fait de faire plusieurs fois la même chose et de s’attendre à des résultats différents, ici la folie pointe son nez lorsqu’on tente de faire la même chose et de s’attendre à des résultats similaires !

Un avenir délétère

Le nombre d’éléments connectés, l’augmentation des menaces (même les chargeurs peuvent être piratés), la complexification des logiciels en vue de répondre aux besoins de tout le monde (enfin, c’est ce qu’ils prétendent), l’augmentation des capacités matérielles, la personnalisation par divers capteurs (caméras, lecteurs d’empreinte, historisation des localisations, etc.), les soucis liés au respect des données personnelles et à la vie privée, font que les choses ne vont pas aller en s’arrangeant…

La solution la moins problématique va passer, pour les utilisateurs, à un paramétrage rigoureux des interactions entre les appareils et les services, comme les mises à jour, les fenêtres de navigateur laissées ouvertes, le téléchargement sur des sites douteux, favoriser les solutions sans nécessité d’accès (DVD) aux services en ligne (streaming), etc. Côté constructeurs et fournisseurs de services, rien ne prévoit une décroissance des solutions.