Reconfinement, jour 17

Coronavirus 2020 Jeux de Rôle / Jeux de Société Quotidien

On a essayé le Jeu de Rôle en ligne, avec le Maître du Jeu à 100 kms d’ici, une conférence Zoom et un partage d’écran du site Roll20 sur vidéoprojecteur, avec la carte, les (maigres) compétences de chacun et le lancer de dé. Cela a donné une partie des plus sympathiques.

Quête numéro 4 : Les Montagnes du Nord – partie 1.

Jour 1

Après avoir vaincu, sans trop d’efforts ni pertes ni fracas l’hydre mécanique du Lac de Mliuej, et dépouillé le père d’Anthinéa, fomenteur de l’arnaque, de quelques lingots de béryllium, nos amis dépensent une partie de leur fortune pour rejoindre Yakk en diligence, afin de retrouver leur nouveau missionnaire Youri Meïnistov et son acolyte qui ressemble à Assassin’s Creed. La route entre Mliuej et Yakk est bonne, le temps radieux, et la quarantaine de kilomètres séparant les deux villes défilent doucement durant cette journée de calme et de repos bien mérités.

19h00

La diligence les pose à l’entrée Sud de Yakk, petite ville aux pieds des Montagnes du Nord qui, si le thème du jeu n’était pas dans un univers heroic-fantasy, pourrait faire penser à une station de ski de basse altitude, les téléskis en moins. Le village est cintrée d’une douve remplie d’eau, d’une muraille peu élevée et un poste de garde se trouve de chaque côté de la muraille une fois celle-ci franchie. La porte Sud donne directement sur une grande place agrémentée d’une fontaine, et entourée des commerces indispensables à tous voyageurs, à savoir une taverne et une auberge.

L’appel du tonneau étant plus fort que les sangliers ou les castors mutants, nos comparses décident d’aller trinquer à la taverne. Il est assez tôt, la salle est bien remplie mais la populace ne semble pas trop imbibée. Se rapprochant du comptoir, le tonnelier les invite à consommer. Quatre bières pour 4 PO, ce qui semble un tarif normal pour ce genre de village. Les conversations vont bon train parmi les consommateurs, et l’une d’elles interpelle notre groupe :

Apparemment, les patrouilles dans les montagnes sont de plus en plus nombreuses à cause des orcs* qui y vivent…

[*NdA : je rappelle que nous sommes dans un univers d’heroc-fantasy, donc les orcs ne sont pas des mammifères marins noirs aux grandes tâches blanches au-dessus des yeux, mais des créatures humanoïdes à l’aspect repoussant et aux mœurs barbares. Et n’oublions pas qu’ils vivent dans les montagnes et non dans la banquise, même si le climat s’y rapproche…]

Il n’en fallait pas plus pour titiller les lames de Rachel, qui se rapproche avec sa pinte moussante (l’histoire ne dit pas si seule la pinte était moussante) et son charme tranchant.
– Hello, bel autochtone, alors on parle d’orcs dans les montagnes ?
– Ah, on dirait que ma conversation a été entendue au-delà de la tablée…
– Que fais-tu de beau dans la vie, mon chou ?
– Je suis un rôdeur, madame ! Je vis beaucoup dans les montagnes, mais en ce moment, y a un de ces grabuges…
– Et t’aurais pas envie que mes amis et moi-même on vienne te filer un coup de main pour dézinguer de l’orc ?
– Bah y a bien la patrouille de garde, là-haut, mais j’avoue que ça fait un moment qu’on n’a pas de nouvelles…
– Dans ce cas, accepteriez-vous que nous menions une enquête ? », Gus s’insérant dans la conversation et brisant de ce fait la tentative de séduction de Rachel.
– Oh vous faites bien comme vous voulez, mais prenez note que ce n’est pas une mission et que je ne vous donnerai pas un rond !
– Dans ce cas, pourriez-vous nous indiquer la demeure du bourgmestre, cher rôdeur ?
– Pas d’problème pour ça, elle est au nord du patelin, vous ne pourrez pas la manquer ! Mais à cette heure-ci, il ne vous accueillera point.
– Il dîne quelque part le soir ? », demande Rachel.
– Oui, à l’auberge, juste en face sur la place. Mais je vous préviens : même si ce type a l’allure d’une armoire normande, il n’est pas commode !
Et se levant pour rejoindre la sortie :
– Allez, j’y go, ma mission pour Meïnistov n’attend pas… »
Le temps de calculer qu’il venait de parler de la personne qu’ils sont censés retrouver dans quelques jours, et que cette lueur d’intelligence passe de leur cerveau à leurs yeux, les compatriotes, la bière aux lèvres, se ruent vers la sortie en vue d’alpaguer le rôdeur et lui soutirer davantage d’informations.
– Attends, l’ami, as-tu parlé de Meïnistov ? C’est pour le retrouver qu’on est ici… », interpelle Malou.
– Eh bien, il est parti depuis quelques jours, une urgence m’a-t-il raconté. Il m’a demandé d’attendre des voyageurs et de les mener dans les montagnes. Serait-ce vous ?
– Oui ! », tous en chœur.
– Oh ben v’la-t-y pas que c’est ma veine de tomber sur vous ici !
– OK, c’est pas tout ça mais comment on s’organise ? », Rachel a laissé tomber son charme mais conservé son tranchant.
– Retrouvez-moi demain matin au marché, on partira vers 10h. Mais soyez prêts et équipés, parce que ça pèle en altitude ! Le marché ouvre à 7h. »
Et il quitte nos guerriers.
– Ah au fait, mon nom c’est Ananzi. On aura tout le temps de faire connaissance sur la route… »

20h00

Wow, quelle entrée en matière ! Ce n’est pas tout ça, mais une journée de diligence et l’appréhension d’affronter des orcs, ça creuse. La bande des quatre restent dans la taverne pour savourer un bon steak avec des patates et des légumes copieusement servis, avant de rejoindre l’auberge.

21h00

Arrivés à l’auberge, la tenancière les accueille :
– Bonsoir, jeunes aventuriers. Je peux vous proposer le dortoir pour 1 PO par personne, une chambre simple pour 6 PO par chambre et une chambre lit double pour 8 PO par chambre. »
Les arguments en faveur de chaque option ne manquent pas : économie et dépouilles potentielles pour le dortoir, isolement des ronflements et des pieds sentant pour la chambre individuelle… Finalement, ce sera deux chambres lit double, les filles (une qui ronfle et l’autre qui sent des pieds) ensemble et les gars de leur côté.

Jour 2

06h30

Le chant du coq retentit avec écho dans la montagne, et nos vaillants compagnons se lèvent bon pied, bon œil. Après un petit-déjeuner digne d’un festin de hobbit, le marché les attend.

07h00

Un premier tour pour se donner une idée de l’investissement nécessaire leur fait prendre conscience que leurs maigres pièces d’or ne suffiront pas. Ainsi, d’un commun accord, se dirigent-ils vers la banque afin d’y déposer leur béryllium, qui rappelons-le vaut 500 PO, et de conserver sur eux juste une centaine de pièces.

9h30

Fin du marché, chacun se retrouvant alourdi de :

  • vêtements chauds (manteau, bonnet, gants et pantalon) = 50 PO/personne
  • matériel (potion de survie) = 30 PO / personne
  • rations de voyage = 30 rations négociées pour le prix de 20 = 25 PO/personne (en fait, c’est Gus qui régale, merci le dé de 20 !)

10h00

Ananzi les retrouve dans le marché.
– Bien le bonjour les amis. Je vois que vous semblez prêts pour ce péril… ce voyage ! Accompagnez-moi, nous allons affûter vos armes et recharger vos carquois. »

Tous cinq arpentent les ruelles de Yakk, jusqu’à arriver à la caserne de la garde de la ville. Rachel affûte ses haches comme neuves, Malou fait de même avec sa Dague de Durandil. Gus dispose de 5 nouvelles flèches et Ruth de 8 nouveaux carreaux (fléchettes d’arbalète).

11h00

Tout est prêt, le moral plus haut que les plus hauts sommets et les bagages plus remplis que les tonneaux de Mliuej à la fête de la bière !

Ainsi commence le périll… le voyage à travers les vallées de la Montagne du Nord.

Jour 4

12h00

Les deux jours précédents sont passés comme une fleur, la vallée verdoyante offrant du gibier à foison et les orcs se faisant inexistants. Une vraie promenade ! Mais l’altitude grimpant, le manteau blanc recouvre les surfaces, le brouillard obstrue la vue et l’atmosphère se refroidit.

Le gibier se raréfie, il est temps de commencer à entamer les rations de voyage. Malou, durant la dégustation, remarque quelque chose plus haut dans la montagne. Elle demande au rôdeur de l’accompagner, finalement tout le monde la rejoint.
– A partir de là, faites preuve de discrétion, les orcs ne sont pas très loin… », prévient Ananzi.

Le lieu de la vision de Malou les fait grimper de 150m. Le temps d’atteindre le point, ce que Malou pendait avoir vu ne s’y trouve pas. Ou plus.

Un sifflement croissant fait réagir Ruth, Rachel et Malou, qui ont juste le temps d’esquiver une flèche. Gus, pris dans la recherche d’éventuelles traces, ne prête pas attention au bruit et reçoit violemment la flèche dans son épaule ! Plusieurs flèches suivent, entourées des cris d’une trentaine d’orcs surgissant de la crête.

Ruth file à toutes jambes, évitant les rochers et les trous du sentier à la perfection. Les autres ont plus de mal, trébuchant tour à tour ; les orcs se rapprochent avec grande assurance… Gus se retourne, décoche une flèche qui vient blesser l’orc en tête, le faisant choir et entraînant dans sa chute six de ses acolytes ! Malou continue sa fuite en grandes enjambées de gobeline. Gus aide Rachel à se relever, car malgré sa carrure et sa force, elle porte le maximum de bagages. Malgré leur éparpillement, tous bifurquent dans un petit chemin qui s’enfonce dans un ravin, et profitent des anfractuosités de la paroi pour s’y cacher. Les orcs les rattrapent jusqu’à les dépasser, sans les remarquer. Quelques-uns, plus observateurs que les autres, percent à jour tardivement leur supercherie, les forçant à sortir de leur cachette de fortune et les cernant sans échappatoire…

De là, surgissant de nulle part, un aigle noir une ombre de laquelle émane une aura magique file à toute allure entre les jambes des orcs, au point de les surprendre et de les mettre en fuite ! L’ombre revient vers la bande, sonnée et éreintée, et se matérialise sous les traits d’une vieille femme édentée, qui les invite à la suivre pour prendre refuge chez elle.

14h00

Ainsi, le hobbit, le demi-elfe, l’humaine, la gobeline, le rôdeur et la vieille dame continuent leur marche au-delà du ravin, entre sentiers glissants et bords de falaises abruptes, pour arriver devant une immense demeure isolée dans les montagnes.
– Je me nomme Alba. Ici, c’est une ancienne auberge. Comme vous pouvez le voir, il n’y a plus grand monde qui passe par ici…
– C’est parfait. Mais comme vous avez des dons de magie, pourriez-vous faire quelque-chose pour la blessure par flèche de notre ami Gus ? », demande Rachel.
– Hmmm hélas ma magie et ma vue ne sont plus trop ce qu’elles étaient, et je n’ai rien ici qui pourrait l’aider. Mais je vous conseille vivement de la lui retirer avant que cela ne s’infecte de trop ! ». Et en s’éloignant pour quitter la salle principale : « Je vais vous chercher de quoi reprendre des forces. Toutes les chambres sont libres, dormez où vous voulez cette nuit. »

Rachel enlève avec sa délicatesse légendaire la flèche de l’épaule de Gus, avant d’aller inspecter les lieux. Malou bande son épaule comme elle peut, et Ruth se demande si la vieille dame n’aurait pas besoin d’aide en cuisine.


Et à part ça, ayant enfin du filament noir, j’ai fini mon jeu d’échecs byzantin !