JDR : Les Montagnes du Nord – partie 2 [Reconfinement, jour 21]

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Suite de la Quête numéro 4 : Les Montagnes du Nord

Jour 4

14h00

Rachel enlève avec sa délicatesse légendaire la flèche de l’épaule de Gus, avant d’aller inspecter les lieux. Malou bande son épaule comme elle peut, et Ruth se demande si la vieille dame n’aurait pas besoin d’aide en cuisine.

Alba crie de sa pièce : « Profitez du temps que je prépare vos auges pour choisir une chambre pour y passer la nuit, nobles aventuriers ! » Malou fait le tour des chambres au rez-de-chaussée ; Ruth, vu ses compétences au combat, préfère aller visiter les chambres à l’étage, accompagnée de Rachel. Les chambres sont simples et sobres, hormis celle qui semble être celle d’Alba, car elle est bien plus fournie : un bureau avec des papiers et un coffre. Pendant ce temps, Ananzi file un coup de main à Gus pour faire un bandage, afin que ce dernier ne se vide pas totalement de son sang, avec succès. Alba revient de sa pièce et part derrière le comptoir pour y découper du pain.
– Auriez vous quelque boisson à nous suggérer, chère tenancière ? », proposa Ananzi.
– J’ai un petit vin des montagnes, si cela vous dit », suggère Alba, en tendant une bouteille et trois verres. Gus, Ananzi et Malou trinquent, et bien que le petit vin ait un arrière-goût peu commun, d’aucun n’y trouve à redire.

Ruth et Rachel redescendent.
– Est-ce que vous auriez une idée de pourquoi l’on trouve autant d’orcs dans les montagnes dernièrement ? », demande Ruth.
– Il y a toujours eu des orcs par ici, d’aussi loin que ma mémoire se souvienne. Ce qui change depuis peu c’est leurs sorties bien plus fréquentes. »
Et Alba retourne dans sa pièce, pendant que tout le monde continue à prendre l’apéritif.
« A table ! », crie la petite voix, en ramenant une marmite au fumet alléchant. Chacun se met à la table près du feu, l’écuelle remplie à ras bord d’un pot-au-feu comme ils n’en avaient pas mangé depuis longtemps !
– Vous… vous ne nous servez pas d’orc, par hasard, non ? », s’inquiète à juste titre Ruth.
– Dans les montagnes, on mange ce que l’on trouve, pensez-vous. Il m’arrive de manger de l’orc, mais j’ai une préférence pour le vison. Allez, mangez tant que c’est chaud, vous avez besoin de reprendre des forces ! »
Malgré quelques suspicions, et ne rien sentir de suspect dans le plat, et surtout la faim les tenant par les tripes, les écuelles sont très vites vidées. Mais ce qu’il devait arriver arriva : une fatigue incontrôlable saisit la troupe de voyageurs, les faisant tomber de sommeil ! Juste avant de fermer les yeux, Ananzi remarque la petite vieille se transformer, sa peau verdissant et sa mâchoire ornant des dents pointues…

Jour inconnu

Heure inconnue

Ananzi se réveille dans une pièce sombre et aveugle, allongé sur une table, totalement nu, les bras et les jambes solidement attachés. Gus se réveille peut après, et constate de même. Un individu de grande taille, la peau verdâtre, les yeux couleur ambre et les dents acérées entre dans la pièce.
« Eh bien, eh bien, il semblerait que mon piège ait fonctionné à merveille…
– C’est toi, la vieille ?!? », balbutie Ananzi, encore à moitié dans les vapes.
– Vieille, vieille, pour des âges humains, c’est évident ! Enfin, là n’est pas le propos. Je vous prierai de ne pas trop vous énerver, cela donne un mauvais goût à la viande. » Et elle sort de la pièce.

Un petit coup d’œil aux alentours montre qu’elle n’en est pas à son coup d’essai : la pièce ne contient que des meubles, des tables, des chaises, rien qui à première vue soit tranchant. Aucune trace des équipements. Ananzi et Gus tentent de défaire leurs liens, en vain. Gus remarque cependant que sa table est bancale, et tente ardemment de la renverser. Cela lui prend du temps, mais après de nombreuses tentatives, parvient à la basculer, casser un pied et se défaire une main ! Au moment de s’acharner pour tenter de défaire le lien de son autre main, Ananzi lui fait remarquer la présence d’un crochet accroché au mur, hors de son champ de vision quand la table de Gus était encore debout. Bien que Gus ne puisse l’atteindre directement, il le fait tomber en cognant la table contre le mur ; le crochet tombe et vient sectionner le lien de sa cheville droite. Il arrive à le récupérer et rompre tous les liens, et s’en va défaire ceux d’Ananzi.

Les autres se réveillent plus ou moins difficilement. Ruth, ayant abusé du pot-au-feu, en rend une partie par là où il est entré. Gus voit sur la table au fond un couteau bien mieux aiguisé que le crochet, et effectue un échange pour libérer les autres plus facilement. N’a-t-il point fini de s’atteler à cette tâche qu’Alba rentre à nouveau dans la pièce, assiste à la scène, et se jette sur Gus et Ananzi ! Ananzi se saisit d’une chaise à portée de main et frappe violemment Alba, la faisant valser à l’autre bout de la pièce comme si elle ne pesait rien ! Colère, elle se lève d’un jet, des griffes sortent de ses doigts et des crocs de sa mâchoire aux dents déjà pointues, pour renouveler son attaque.

Essayons de résumer le combat et les dégâts infligés :

  • Gus arrive à libérer tout le monde, pendant qu’Ananzi et Rachel se battent contre Alba. Il tente de la blesser en lui lançant le couteau qu’il a, mais n’arrive qu’à l’égratigner ; Alba dispose désormais d’une arme…
  • Ruth profite de la cohue et de son état proche de l’Ohio pour s’enfuir, ne se sentant pas du tout apte à quoi que ce soit ; elle prend la porte par laquelle Alba est arrivée, monte un escalier et arrive dans la remise. L’appel du tonneau étant plus fort que tout, elle noie son peu de conscience dans le vin avant de tomber en coma éthylique…
  • Rachel est blessée au bras pendant qu’elle tente de désarmer Alba.
  • Malou franchit une autre porte, et trouve tout l’équipement ; elle se vêtit et s’arme, avant de prêter main forte à ses coéquipiers.
  • Chacun son tour va reprendre ses affaires en milieu de combat.
  • Gus arrive à blesser Malou en lui décochant une flèche dans le mollet, mais cela oblige cette dernière à se baisser et à esquiver par la même un assaut d’Alba contre sa personne.
  • Tout le monde prend cher, mais Ananzi arrive à la blesser grièvement et asséner le coup de grâce en la décapitant.

[NdA : Nous rappelons qu’à la fin de cette scène, chacun est plus ou moins vêtu et armé, pour ne pas imaginer que tout le combat fut exécuté à main et corps nus, telle une lutte gréco-romaine. N’en eût déplu à un public friand de lutte gréco-romaine.]

Tout chancelant et à deux doigts de clamser, tous cherchent des affaires à récupérer, à commencer par les leurs. Rachel trouve un plastron en métal léger qui lui sied, et qui peut allègrement remplacer celui qui a été massacré par les castors mutants de l’île du lac de Mliuej. Sous l’escalier menant au rez-de-chaussée, Malou perçoit une porte dérobée, et l’ouvrir les rend témoin d’une scène abjecte : des bustes humains et orcs attachés à des crochets de bouchers, des organes dans des bocaux, du sang de partout… Même les plus solides gaillard.e.s se sentent pris d’un haut-le-cœur à la vue de ce spectacle. Malou remarque sur les restes d’un buste humain un morceau de manteau avec le logo d’un dragon : il s’agit du symbole de l’armée du Nord, témoignant de la présence en ces lieux et en ce triste état d’une des patrouilles venue enquêter sur les orcs des montagnes !

En remontant, ils trouvent un spectacle tout aussi désolant : Ruth, nue, la tête sous le robinet ouvert d’un tonneau de vin, ronflant de toutes ses forces et empestant l’alcool et le vomi à des kilomètres… Malgré son abandon et sa faiblesse, elle fait partie de l’équipe de choc* et ils se doivent de la remettre sur pied. Malou lui explique tant bien que mal que ses affaires sont en bas dans la pièce du fond, Ruth s’y rend à grand renfort de mur en guise de déambulateur.

Pendant ce temps, Ananzi, Malou, Gus et Rachel montent dans la chambre d’Alba et tentent d’ouvrir le coffre-fort. Sauf que c’est Ruth qui possède les outils de crochetage… Malou descend donc demander à Ruth ses outils, et en profite pour lui suggérer d’effectuer une toilette a minima avant de se rhabiller. Elle remonte avec l’ustensile, Gus et Ananzi l’assistant dans sa tâche. Mais à peine le crochet déverrouillé qu’un bruit intriguant s’échappe du coffre : « tic… tac… tic… tac… ». Gus utilise son don pour déceler un éventuel piège, et son inspection arrête le mécanisme tintant. Dans un doute amplement justifiable par la suite, Rachel et Malou préfèrent s’éloigner et redescendent dans la pièce principale. La porte du coffre cède et le « tic… tac… » s’accélère, jusqu’à engendrer une importante détonation et laisser s’échapper un gaz soporifique. Sous la surprise de l’explosion, Rachel et Malou remontent dans la chambre et trouvent Gus et Ananzi totalement assommés, légèrement blessés. Elles attendent que le gaz se dissipe pour les porter dans d’autres chambres afin qu’ils prennent le temps de se réveiller.

Ellipse de fin

Aux abords de l’auberge, une troupe passant par là entend l’explosion, et se précipite dans l’établissement. Là ils y croisent Ruth habillée n’importe comment et incapable d’aligner deux mots cohérents. Rachel et Malou, sensibles aux bruits de la salle, descendent et expliquent tout le topo aux gardes.
– Vous avez de la chance dans votre malheur, courageux aventuriers. Celle que vous appelez Alba est un monstre ancien, l’une des dernières de son espèce, dont même les orcs ont peur ! Une de nos missions consiste justement à les recenser et trouver les liens avec les attaques des orcs envers les humains. », explique l’un des gardes. Et de poursuivre :
– Vous pouvez séjourner ici le temps nécessaire à la récupération de toutes vos forces, avant de reprendre notre route et vous conduire au camp. »

Ainsi s’achève cette quête des Montagnes du Nord.


*qui en prend plus qu’elle n’en donne, des chocs…