JDR : Repos au campement [Reconfinement, jour 28]

Coronavirus 2020 Jeux de Rôle / Jeux de Société Quotidien

Après avoir copieusement récupéré du combat contre Alba, et enquillé 5 jours de marches qui ont vidé les réserves de nourriture de nos héros d’un jour comme un autre, nos amis traversent les plaines précédant leur arrivée au campement militaire.

12h00

Devant l’immense fort qui ressemble à un camp retranché romain, nos cinq amis contemplent l’entrée béante prête à les accueillir. Le long d’un corridor à ciel ouvert qui les mène au centre du camp, ils découvrent une mini-cité militaire, avec ses casernes, ses magasins, son auberge, sa taverne, plusieurs camps de voyageurs, son champ d’entraînement et même un tarmac pour les aéronefs !

Mais l’heure de midi sonnant dans les vaillants estomac, l’équipe se tourne en direction de l’auberge pour se sustenter. A l’intérieur, l’ambiance est posée mais ripaillante, et le tenancier se tient derrière son comptoir à éplucher non des légumes mais des papiers en tous genres.
« Bien le bonjour, amis voyageurs. Que puis-je pour vous servir ?
– Nous aimerions déjeuner. Est-ce possible pour nous cinq ?
– Oui, bien sûr, je peux vous mettre à la table du fond », et ainsi s’y installent-ils et regardent-ils la carte.
– Alors, que venez-vous faire dans notre campement ? », lance le tavernier.
– Nous sommes venus retrouver un certain Yuri Meïnistov…
– Non, Yuri ? LE Yuri ? Vous le connaissez ?
– Oui, il nous a mandatés pour une mission.
– Oh ben ça alors, si c’est lui qui vous amène, le repas vous est offert ! Avez-vous le document de la mission signé de sa main ? » Tous se regardent d’un air interrogateur. « Sans ce document, officiellement, vous devriez payer votre repas. Bon je vous l’offre pour cette fois mais allez lui demander le document rapidement.
– Et où peut-on le trouver, Yuri ?
– Oh c’est pas difficile, vous avez dû passer devant sa tente… D’ailleurs, c’est la plus grande du camp de voyageur, et il y a des gardes devant. »
Cela laisse présager l’importance du personnage…

13h00

Les panses pleines, il est temps de refaire quelques réserves. Afin de se faire une idée du matériel disponible et de la réputation du prix élevé dans les stations de ski montagnes du Nord, ils visitent les magasins. Et le prix est aussi élevé que l’altitude : 150 PO pour une tente, 15 PO pour une lampe, et tout est aussi cher ! Limite un lingot de béryllium pour s’équiper chacun !!!
– Oh je veux bien vous faire un petit prix, si vous me prenez au moins 10 exemplaires d’un même produit… ». « OK, mais nous ne sommes que 5… »
Bref. Les négociations tournent court et tous se rendent devant la tente de Yuri.

La tente est en effet imposante, deux gardes armés de hallebardes la surveillant assidûment. L’équipe se présente, un des gardes va annonces à l’intérieur et obtient l’aval pour les laisser pénétrer. L’intérieur regorge d’antiquités de tout le monde de Fang et au-delà ! Un immense brasero au centre chauffe la pièce d’une douce chaleur. Par delà les flammes se dresse un immense bureau surplombé de livres et de parchemins enroulés, et derrière cet amoncellement se tient un homme gigantesque, aussi large que haut, à la richesse aussi ostentatoire que son embonpoint : Yuri Meïnistov.

« Ah, enfin, amis aventuriers. Nous nous rencontrons ! Que d’excuses en lesquelles je puis me confondre pour ce contretemps… Mais prenez place, et laissez-moi vous raconter. »
Ainsi commence le récit de Yuri, expliquant avoir découvert un temple en lien avec le dieu Umaal, regorgeant de richesses, ces dernières ayant été chargées dans une caravelle devant faire route par ici mais qui aurait dû arriver il y a de cela quatre jours.
– Est-ce que notre mission initiale, quand nous avons rencontré le sosie d’Assassin’s Creed, est en lien avec ce temple ? », demande Ruth
– Exactement. Votre mission de base était d’escorter la caravelle depuis le temple pour assurer la protection des biens pill… euh, récupérés.
– Et donc, maintenant que nous sommes ici, comment évolue la mission ?
– Vous l’aurez certainement compris, ces richesses représentent énormément. Ainsi vous mandatè-je ce jour pour la retrouver et ramener la cargaison à bon port. Votre récompense sera à la hauteur des biens que vous transporterez, et selon votre préférence, soit 1200 PO chacun soit la conservation du matériel emprunté ici. D’ailleurs, voici un document à conserver précieusement et à montrer à toutes les échoppes, pour que l’on vous remette ce dont vous aurez besoin et vous sustenter à mes frais. »

Bouffer gratos !!!!!

– Et où devons-nous aller ? », demande Gus judicieusement.
– Je dois finir de préparer la carte avec les indications des éclaireurs. Vous l’aurez demain à la première heure. »

Malgré la confiance que peut présenter Yuri face à ses paroles, le doute règne quand à l’aisance que peut représenter la mission.

16h00

Après avoir pris congé de Yuri, l’équipe, accompagnée d’un garde, décide de commencer les préparatifs de la mission par la réserve. Cela leur permet d’emprunter quelques armures légères en remplacement de celles abîmées, et des rations individuelles pour au moins deux semaines. A la boutique hors de prix, le tenancier leur prépare deux bâts à chevaux remplis du matériel de camping nécessaire.

18h00

Autant profiter du passe-droit remis par le mandataire pour aller boire un bon coup à la taverne ! A l’intérieur, l’ambiance est festive, l’odeur d’alcool ressorti par là où il est entré omniprésente et les langues aisément déliées. Accoudés au comptoir, le barman les accueille, digne d’un ancien marin avec des tatouages de partout, la pipe au bec et la casquette place.
– Alors, mes amis, que venez-vous faire par ici ? Heureusement que c’est pas l’hiver, car ça ne serait pas -20°C qu’on se coltinerait, croyez-moi !
– On part en mission d’ici demain… », commence à expliquer Ruth.
– Oh, des aventuriers ! J’adore les aventures, allez racontez-m’en une… »
Ruth, de son talent de narratrice, raconte avec romance et véhémence l’aventure des sangliers sauvages sur la route entre Chnafon et Mliuej, encouragée sans sa narration par les autres. Au moins, ici, ne s’en souviendront-ils pas comme d’une honte mémorable…
– Crénomdediou ! Vous m’en direz tant !!! Vous me plaisez, les amis, et je vous paye la tournée !!! »

Et l’on trinque à la santé des aventuriers qui partiront en mission le lendemain. Mais ce n’est pas tout ça, il serait quand même bon d’avoir quelques retours sur Yuri et la mission où il a perdu sa caravelle…

Ananzi amène sa choppe face à un nain, aussi corpulent que Yuri mais dans les proportions d’un nain, qui semble avoir la descente aussi facile que son vécu militaire s’imprime sur son visage tuméfié.
– Viens t’asseoir, étranger », crie le nain. « On dirait que tu ne me connais pas, vu comment tu te tiens devant moi. Sache que je suis le chef de ce camp ! Et que pour un nain, devoir mener des hommes d’une main de fer, c’est pas un boulot de tout repos ! Raconte-moi ton histoire qui t’a mené dans ces terres reculées. »
Et Ananzi d’expliquer et de demander des renseignements sur Yuri et son escapade au temple.
– De toi à moi, Yuri c’est un mec qui n’a pas peur de privilégier sa cargaison aux hommes l’accompagnant… Mais bon, tant qu’il contribue aux finances du camp, je l’autorise à mener ses petites affaires. Le plus dur reste le renouvellement de personnel… »

Malou s’approche d’un homme grand, sec et isolé dans son coin, vêtu d’un long manteau et buvant le regard dans le vide.
– Euh, bonsoir…
– Qu’est-ce que tu me veux, la naine verte ? », répond-il tout aussi sèchement du coin de l’œil. Malou est intimidée. « Quoi, non seulement tu me déranges mais en plus tu n’as rien à me dire ? »
Gus, témoin de la scène, vole au secours de Malou : « Ô noble client, n’en veuille point à mon amie que tu intimides par ta prestance. Elle a cru, de par ta stature, que tu semblais bien connaître la région. » Malou acquiesce de la tête, le sourire coincé.
– Oh que oui, t’as vu juste petite. Où avez-vous l’intention de vous rendre ?
– Dans la direction du temple d’Umaal, vers le Nord. Connais-tu le coin ? »
Il boit après un soupire. « Vous n’avez, je pense, aucune idée de ce dans quoi vous vous fourrez, je me trompe ?
– Il est vrai, et c’est pour cela que nous quêtons l’information ici-même.
– D’ici au temple, il vous faudra redouter les vrognards. C’est un peuple qui a tendance à frapper avant de parler, qui ne parle aucun dialecte commun du pays de Fangh, et dont la seule monnaie d’échange reconnue est le zgarugs…
– Le zgarugs ? On en trouve ici ?
– Le zgarugs est uniquement constitué de dents de monstres, et plus la dent est grosse, plus elle vaut cher. Les plus petites dents valent l’équivalent de 5 PO jusqu’à plusieurs centaines pour les plus imposantes…
– C’est bon à savoir. Et comment dit-on dans leur dialecte : « Nous venons en paix ? »
– « Tulen rauhassa ». Un cri émanant de Rachel retentit du bar : « Et pour demander où sont les chiottes ? »
– « Missa oval ennut », répond avec le même aplomb l’homme sec.
– Rachel, voyons… », crie timidement Malou, rouge de honte.
– Bah quoi, même avec des rustres on doit — hips — conserver un minimum de dignité et d’intim — hips — ité… », répond Rachel, avant de s’endormir sur le comptoir, la bave à la lèvre.
– Et plus sérieusement : « nous ne faisons que passer » ? », continue Gus.
– « Olemme vain ohittamassa »- Eh bien merci noble étranger pour ton aide précieuse. Par hasard, et si le coeur t’en dit, accepterais-tu de te joindre à nous demain ?
– Merci, mais non merci. Je préfère rester ici… » Il approche son verre de ses lèvres, pendant que Malou et Gus s’éloigne : « Ah au fait, je vous ai parlé des dragons ? » Les deux s’arrêtent, une goutte de sueur commençant à perler sur leur front. « Si vous n’avez vraiment, mais vraiment pas de chance, vous pourriez croiser des Dragons Bleus des Monts Ailés. On les connaît aussi sous le nom de Dragons Olgöf. Mais comme ils tiennent à leur territoire comme à la prunelle de leurs yeux, et au vu de votre niveau d’expérience facilement devinable, la fuite sera votre meilleure option. Enfin, j’dis ça, j’dis rien… » Et il retourne dans sa solitude.

Ruth s’approche d’un des gardes, qui a l’air assez mal en point.
– Salut l’ami, tu trinques avec moi ? », rentre-t-elle dedans.
– Ma moi, c’est mieux que de boire seul…
– Que t’est-il arrivé pour te retrouver dans cet état ? Tu as affronté une armée d’orcs ?
– Si seulement… Je reviens de mission, on devait aller fouiller un temple dans le Nord.
– Attends, tu faisais partie de l’expédition de Yuri ?!?
– Quoi, tu le connais ?
– Ben ouais, on part demain avec les amis pour lui retrouver sa caravelle…
– Eh bien, sache qu’il n’a d’yeux que pour les richesses matérielles. Il fait fi de la condition humaine et du danger latent… On a dû massacrer des bêtes horribles, la plupart n’en sont pas revenus, et si ça ne tenait qu’à moi, sa caravelle il se la mettrait bien profondément dans son…
– Quels genres de bêtes ?  Des orcs ? Des gobelins ? Des castors mutants ? Des fonctionnaires ?
– Y avait des squelettes, des fantômes, des tas de choses qu’on n’a pas pu distinguer et surtout un démon hideux plus grand que Yuri — et tu reconnaîtras que ce n’est pas si évident — sur lequel on a cassé toutes nos armes. On l’aurait cru taillé dans du marbre blanc !
– En effet ça promet… Va l’ami, bois et merci pour tes informations.
– Attends, tu ne vas pas partir sans que je ne te paye un coup. Tavernier, ramène 2 shots ! » crie-t-il. On leur sert deux petits verres d’un liquide laiteux un peu chaud, au fumet étrange. Le soldat prend le sien et l’avale cul sec.
– Rhaaaaaaa ça redonnerait vie à un mort c’te boisson. Vas-y essaye. »
L’appel du tonneau, même de la taille d’un shooter, étant plus fort que tout, Ruth se lance tête la première et imite son hôte. Dans les secondes qui suivent, une immense chaleur l’envahit depuis son œsophage jusqu’à la gorge, lui faisant verser une larme, puis deux, puis un torrent. De la vapeur s’échappe de sa cuirasse et des couleurs étranges commencent à apparaître devant ses yeux.
– T’es pas tombée dans les vapes ? Tu me plais, ma petite ! » Et il finit sa choppe tandis que Ruth se traine toute dandinante vers le comptoir.

23h00

Bigre, que boire et parlementer prend du temps ! Nos cinq amis, en comptant Rachel dans un état léthargique, partagent leurs informations, avant de décider d’écourter la soirée et de se reposer pour le grand départ demain.

Ainsi commence la quête du Temple d’Umaal.