JDR : Le Temple d’Umaal, partie 1 [Reconfinement, jour 30]

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Le matin du départ pour la mission : Le Temple d’Umaal.

Jour 1

08h30

Le réveil dans le camp est loin d’être aisé : le froid de la nuit et le bruit environnant où se mêlent pas incessants et entraînements intenses n’aident point au repos. Ruth a un peu de mal à se remettre du shooter de la veille. Tant bien que mal, tous se retrouvent à l’auberge pour prendre le petit déjeuner.
– Bien le bonjour, mes seigneurs. Avez-vous le document pour pouvoir déjeuner ici ? », accueille aussi froidement que l’air ambiant le tenancier.
– Bonjour, le voici », tend Ruth.
– Bien, bien, il semblerait que tout soit en règle…
– Cool, on a bien imité son écriture ! », plaisante Rachel.
– Que voulez-vous dire ? », demande avec suspicion le patron en regardant Rachel du coin de l’œil.
– Non, rien, je rigole…
– Mouais, ma confiance en vous reste néanmoins assez limitée… Allez vous asseoir et vous restaurer. »
Ce qu’ils font.

Pendant le repas, Yuri entre dans l’établissement, et de son imposante prestance, se rapproche de leur table, tire une chaise et s’invite entre deux, sans autre forme de politesse.
– Bon, je vous avais promis, la carte : la voici. Vous pouvez voir en pointillé le trajet supposé du bateau et de la caravane. La croix est le point de débarquement des marchandises. Comme mentionné, cela fait 5 jours que les biens auraient dû arriver. Mon avis : suivez le chemin supposé avoir été pris, cela évitera de la croiser et de devoir faire demi-tour… Bonne chance à vous. »
Il laisse la carte et repart comme il est arrivé.

09h00

Les panses remplies, ils récupèrent chevaux et affaires pour se rendre à l’entrée Nord du camp. Franchir la grande porte montre l’intérêt des hautes palissades : le vent froid semble geler toute peau présentée à l’air ! Comme la personne devant le groupe prendra plus de froid que les autres, ils décident d’avancer en se relayant.

Le chemin est dangereux, la neige épaisse et le sol en-dessous irrégulier. La journée exténue tout le monde.

17h00

En longeant une falaise, Rachel aperçoit dans l’épaisse nappe de neige emmenée par le vent une anfractuosité de rocher sous laquelle il est possible de s’abriter. Tous s’y rendent d’un pas résolument pressé. Le vent ne souhaite pas s’y engouffrer, amenant le premier vrai repos de la journée !

La roche présente une petite cavité ressemblait à s’y méprendre à l’âtre d’une cheminée, avec un trou au-dessus creusé par les précipitations. Rachel et Gus profitent d’une légère accalmie pour repérer une forêt à proximité et rapporter du bois. « Quelle flambée salvatrice », pensent-ils tous en dégustant leur ration réchauffée.

Il ne leur faudra pas longtemps pour préparer un campement de fortune et rejoindre Morphée…

Jour 2

08h00

Le temps est radieux, le vent s’est calmé, l’air est sec. Un temps idéal pour reprendre le chemin !

Comme pour la marche, ceux qui ont dormi aux extrémités ont été plus atteints par le froid que les autres ; ainsi, Ruth et Ananzi se retrouvent frigorifiés, les cernes sous les yeux, bien moins reposés que les autres… Malgré tout, ils déjeunent, replient leur paquetage et poursuivent leur quatrième épopée.

12h00

Depuis plusieurs heures, ils longent un torrent qui grossit au fur et à mesure qu’ils le côtoient, jusqu’à former une grande rivière. Ils se posent dans ce cadre idyllique pour bivouaquer. Rachel essaye de parler aux poissons pour tenter de les pécher, mais elle réussit juste à les effrayer ! Les autres se contentent de leur ration.

Un étrange son semble venir de plus au Nord, comme des hurlements. Trois, possiblement quatre, bien distincts. Malou voit des ombres se rapprocher. Rachel essaye de se rapprocher pour essayer de leur parler ; les ombres se dessinent sous leurs yeux, les bêtes ressemblent à des loups, plus petits, aux faux airs de coyotes. Rachel continue à s’approcher d’eux, les quatre carnassiers commencent à l’entourer en montrant les crocs et en salivant. « L’heure des négociations est révolue », pense-t-elle.

Les quatre coyotes l’attaquent simultanément. De sa hache double, elle en fend un et en assomme un autre. Les autres, restés près de la rivière, tentent de faire fuir les autres en bruissant fortement, mais sans réel effet. Un coyote attaque le mollet de Rachel. Ruth lance un carreau mais ne touche personne. Rachel parvient à assommer celui qui l’attaque au mollet et à le tuer. Gus dégaine une flèche qui va se planter dans l’épaule du quatrième, et le fait fuir.

Ainsi s’achève la première bataille depuis une semaine. Ananzi et Gus pansent la blessure de Rachel, avec leurs dons de premier soin. Rachel, remise totalement de son combat, embarque les canidés en vue de les manger plus tard.

13h00

La route se poursuit le long de la rivière et continue vers l’Ouest, en direction du grand lac.

15h00

Près de là, en haut d’une colline, des bruits de métal mêlés à des grognements et des cris se font entendre. Bien que la quête soit le plus important aux yeux de Ruth, le goût du risque inutile semble dominer chez les autres, et tous décident d’un commun accord d’aller satisfaire leur curiosité.

En haut de la colline rencontrent-ils un duel entre un jeune homme gringalet mais vif, vêtu de peaux diverses, et affrontant non sans mal un tigre géant ! Rachel, toujours dans son idée première de discuter avec les animaux avant qu’ils ne finissent dans son estomac, tente d’interpeler le félin qui n’en a cure de ses propos. Gus arme une flèche empoisonnée qui touche l’animal. Dans un râle, il pousse violemment le vrognard et se retourne vers la troupe. Ananzi s’arme de ses épées et se lance vers le gros chat, qui fait de même mais avec ses griffes. Dans son élan, le félidé va pour donner un coup de griffes à Ananzi, qui trébuche en arrière ; dans le même élan, le tigre passe au-dessus d’Ananzi, qui d’une épée sur les deux lui fend le ventre en deux ! La bête s’écroule derrière lui. Rachel attaque, l’animal esquive, et anticipant cette manoeuvre, Gus arme son arc et lui tire une flèche qui lui transperce l’œil, et l’achève.

Ruth et Malou vont voir comment se porte l’autochtone, pendant que Ananzi, Gus et Rachel piquent dents, griffes et peau de l’animal. Le vrognard, par un jeu de mimes et de bruitages, présente sa gratitude. Ruth lui présente la carte, il explique que des gardes de la patrouille sont arrivés par bateau mais se sont fait massacrer, ainsi que des personnes de son peuple. Il propose de les accompagner. Tous se regroupent autour de lui et officialisent les présentations : il s’appelle Vrochek.

19h00

Vrochek les amène en haut d’un plateau, où le vent est calme et la vue dégagée. Vers l’Ouest, le lac se présente comme un océan ; vers le Nord, les forêts s’étendent à perte de vue, laissant apparaître les cimes des montages. Vrochek s’occupe du feu. Les conditions pour se reposer sont idéales, tous partagent le repas, montent des tentes, et dorment sereinement.

Jour 3

14h00

La troupe arrive aux bords du lac. L’étendue ressemble de plus en plus à une mer. Sur le sable de la plage et dans l’eau, des morceaux de bois et des restes d’humains déchiquetés par les oiseaux se juxtaposent ; l’odeur et la vue sont difficilement tenables. Ils descendent pour inspecter.

Ananzi et Gus s’occupent des traces de pas. Ils remarquent un groupe de traces s’éloignant vers l’Est, et une trace esseulée longeant les berges vers le Nord. Rachel fouille les corps, tout du moins ce qu’il en reste : elle remarque que tous portent une veste arborant le blason de la patrouille, sauf l’un d’eux. Un peu plus loin, dans les rochers, s’est échouée un canot. Selon les observations de Gus, bien qu’il n’y ait que trois corps sur la plage, il devaient être au minimum cinq à bord, laissant présager au moins deux survivants.

La question, à la découverte de tout ceci, est de savoir quelle piste privilégier. Après de longues discussions sur les avantages et les inconvénients de chaque piste à suivre, la décision finale retenue est de suivre les traces isolées vers le Nord.

17h00

Les traces conduisent vers une grande esplanade en pierre, avec une fosse en son milieu. Dans la fosse profonde de quelques mètres, une rampe assez large et à la pente douce y autorise un accès aisé en ses entrailles. Après avoir attaché les chevaux, ils descendent, en faisant attention aux plaques de verglas. En bas se trouve un couloir assez sombre, que le coucher de soleil éclaire timidement, ne laissant visible que le plafond. Gus et Malou, les nyctalopes du groupe, commencent à s’aventurer. Le couloir se prolonge sur on coude vers la gauche. Malou tend la tête dans l’angle et aperçoit une salle, avec une forme voûtée au fond. Gus ne détecte aucun piège, Malou avance donc à tâtons. Gus, d’un geste, annonce que l’on peut s’aventurer sans danger ; Ruth remonte chercher des lampes et en distribue à tous. la voûte sombre est en fait un jeune garçon, transi par le froid et la faim, et couvert de haillons. Ruth invite Vrochek à se joindre à elle pour aller l’aider, au cas où le jeune soit également un vrognard.
– Haaa, que me voulez-vous ? Ne me faites pas de mal !!!
– N’aie pas peur, je m’appelle Ruth, moi et mon groupe on vient en ami. Qui es-tu ? », en lui posant son chaud manteau sur ses frêles épaules
– Je… je m’appelle Ancelin. » Les autres se rapprochent doucement.
– Que fais-tu ici ? D’où viens-tu ?
– Je me cache. J’étais sur un bateau qui a été attaqué… », balbutie-t-il.
– Ok, on va prendre soin de toi. Rachel, aide-moi, on va l’emmener à l’entrée de la grotte. »
Rachel le porte jusqu’à l’entrée. Malou va chercher du bois pour faire un feu à l’entrée, pour le réchauffer. Dans sa posture, Gus remarque qu’il se tient étrangement les mains sur son torse, et demande à les regarder : la phalangette de son auriculaire droit est nécrosée, et la moitié de sa main était blanche d’une grande engelure.
– On ne peut pas laisser ta main dans cet état. Si tu acceptes, je  me charge de couper la partie nécrosée. »
Ruth lui tend sa dague, et au moment où la lame descend plus lentement que le courage du jeune homme, Ruth s’exclame : « Mais… il me reste une potion de guérison ! » Ancelin sourit d’un soulagement peu contenu, boit la potion et sa nécrose disparaît en même temps que l’engelure !!! Apaisé, il s’endort.
Les autres dînent autour du feu, et chacun tour à tour monte la garde jusqu’au matin.

Jour 4

Ancelin est encore affaibli, et peine à se réveiller ou se lever. Chacun va prendre sa journée pour inspecter les environs plus en avant. Ruth reste à son chevet.
Ananzi décide de suivre plus en amont le groupe de traces. Il remarque qu’elles bifurquent vers le sud-ouest, longeant le lac vers le Sud et sortant de la carte.
Rachel retourne fouiller la plage, et constate pendant la journée un phénomène de marée ! Elle note de ce fait que l’estran (partie de terre émergée à marée basse) est plus grand pendant la nuit et au petit matin.
Malou reste autour de la grotte pour récupérer branchages et prendre soin des chevaux. En regardant le lac, à l’horizon, elle aperçoit un pic autour duquel vole des bêtes indiscernables mais assez immenses pour être visibles à l’œil nu à cette distance…

19h00

Ancelin se sent mieux, et reprend des forces avec grand appétit. Il raconte son épopée :
– J’ai 11 ans, j’étais mousse sur le bateau de la garde qui revenait du temple d’Umaal, situé à Yviir. J’étais avec un groupe de mercenaires qui a décimé un village de vrognards pour voler leurs bateaux en vue de descendre le lac. Pendant que je lavais le pont, j’ai senti des coups violents frapper la coque par en-dessous. Cela a affolé les gardes qui ont pris d’assaut le pont. Je n’ai pas vu grand chose mais tous volaient par-dessus bord ! Le mage à bord m’a attrapé et jeté avec lui dans le canot, avec trois autres gardes. Nous avons ramé pendant des heures jusqu’à nous échouer sur des rochers. Deux des gardes n’y ont pas survécu. Sur la plage, nous avons été accueillis par des barbares, mais qui ne parlaient la même langue que votre ami. Le dernier garde a été massacré ; le mage, malgré ses sorts, s’est vu mettre à terre et emmené par la tribu. J’ai fui à toutes jambes. J’ai survécu en péchant et cueillant ce que j’ai trouvé. J’avais commencé à compter les jours, mais j’ai perdu le fil au bout d’une semaine…
– D’après nos estimations, l’attaque de ton bateau a eu lieu il y a presque deux semaines », précise Ruth. « Sais-tu si la cargaison était de valeur ?
– Il semblerait oui. Mais le mage n’a rien pris avant de m’embarquer.
– Reposons-nous, et demain, levons-nous tôt pour voir le lac à marée basse. »