JDR : Le Temple d’Umaal, partie 2 [Reconfinement, jour 31]

Coronavirus 2020 Jeux de Rôle / Jeux de Société Quotidien

Suite.

Jour 5

06h00

Lever aux aurores pour les plus courageux. Ancelin reste encore faiblard. Après un petit déjeuner dans une obscurité faiblissante, ils décident de porter le jeune homme et de le poser au garrot d’un des chevaux. Malou lui pose sa couverture elfique. Et tous prennent la route du Nord.

08h00

Ruth, Rachel et Gus aperçoivent au loin la fumée du village reporté par Malou lors de sa sortie de la veille. Ils continuent leur marche.

09h30

Encore plus loin, ils voient de la fumée près de la plage. La lande de pins vient masquer les détails. Ruth, en regardant la carte, déduit que la fumée et la croix de débarquement coïncident géographiquement. Ancelin encore traumatisé par son expérience, propose d’envoyer un éclaireur. Rachel et Gus sont davantage partants pour tous y aller. Finalement, Rachel, Gus et Ananzi partent les premiers. Malou, Ruth, Ancelin et Vrochek restent en retrait. A la lisière de la forêt, les éclaireurs entendent un grand nombre de voix compréhensibles. « Vous, vous barricadez ici, vous posez ça là ! », comme si un camp était en train de se monter. Rachel essaye de voir parmi les écureuils si elle peut glaner quelque information. Gus s’approche silencieusement, se rapproche du camp, et aperçoit le feu d’où provient la fumée aperçue au loin, des tentes, des charrettes, et les personnes présentes arborent le blason de la garde du Nord. Ananzi essaye de monter dans un arbre, une branche casse mais se réceptionne sur des branches inférieures, ce qui ralentit sa chute et laisse le popotin rejoindre le sol, à grand bruit, ce qui alerte les hommes du camp : deux d’entre eux arrivent sur Ananzi, lourdement armés. Gus sort les bras levés, se présente sous couverture de la mission mandatée par Yuri Meïnistov. Les gardes invitent Gus à le suivre comme prisonnier, désarmé. Les écureuils indiquent à Rachel que le camp est présent depuis une dizaine de jours. Ananzi souffre du coccyx, se lève péniblement, rejoint Rachel mais d’aucun n’a remarqué l’arrestation de Gus.

10h00

L’attente est longue en retrait. Cela fait une quinzaine de minutes que les rangers ont franchi l’orée du bois.

Gus est emmené dans une des grandes tentes, aménagée. Un des gardes l’attache à une herse en métal. Un supérieur au teint mat, imposant et vêtu d’une fourrure, s’agenouille devant lui :
– Vous, vous n’êtes pas des vrognards. Que faites-vous ici ?
– En effet, on est ici sous la demande de Yuri Meïnistov.
– Vous seriez donc les aventuriers qui doivent seconder la cargaison ?
– C’est cela.
– Vous avez l’ordre de mission ?
– Pas sur moi, mais un de mes coéquipiers, oui…
– Je ne vous fais pas confiance, plusieurs se sont fait passer pour cette équipe.
– Nous avons sauvé un enfant qui était à bord du bateau », enchérit Gus. « Je ne sais plus son nom mais il était mousse et a été témoin du massacre.
– Et vos coéquipiers, où sont-ils ?
– Vers le Sud, à 600m… »
Le chef se lève, sort et appelle des gardes, laissant Gus.

Six gardes sortent du camp, précédés par le supérieur. Ananzi se cache. Ils tombent sur Rachel. Cette dernière sort sa hache :
– Halte ! », crie le chef. « Vous deux, par là, et vous deux par là ». Le chef et deux des gardes s’approchent sans arme de Rachel.
– Nous venons secourir la cargaison…
– OK, donc vous devez faire partie du groupe du demi-elfe. Vous avez l’ordre de mission ?
– Non, c’est un collègue en haut, près des canassons.
– OK, les mains dans le dos, on vous amène au camp. » Rachel et Ananzi sont amenés les mains dans le dos jusqu’au camp, par les deux gardes.
Les gardes entrent dans la tente avec leurs prisonniers, la désarment et l’attachent à la herse à côté de Gus.

Du point de retrait, Ruth, Malou, Ancelin et Vrochek voient sortir de la forêt cinq personnes en armure, dont le colosse de chef. Vrochek se prépare instinctivement au combat. Ruth et Malou commencent à sortir leurs armes mais gardent leur position. Au fur et à mesure de leur avancée, Ancelin reconnaît l’un des membres de la garde : le chef de la caravane. « Ce sont des personnes de la garde du Nord ! Je reconnais le chef… ». De sa petite voix, il l’interpelle : « Ohé, tu me reconnais ? J’étais sur le bateau…
– Ancelin ? », demande le chef de sa forte voix. « Que fais-tu là ? Que s’est-il passé ? Où est le bateau ? » Ancelin raconte sommairement le temps que les gardes viennent à hauteur de discussion normale. Ruth lui présente enfin le document de mission.
– Tout est en règle. Cependant, le barbare restera en-dehors du camp. »
Et tous marchent vers le camp. « Je m’appelle Mathias Kenvers, le chef de la caravane. Je suis content que vous soyez enfin là, car ça fait deux semaines que l’on attend les bateaux… Mais vous voir avec Ancelin ne laisse présager rien de bon. On va donc devoir chercher le bateau. »
Ananzi voit la scène, s’élance sur les gardes, Ruth s’interpose en leur expliquant qu’il est avec nous.

Une fois dans le camp, et Vrochek resté à l’entrée grâce à un garde qui parle un peu sa langue. Ils entrent dans la tente où sont détenus Gus et Rachel. Il les libère.
– Bon, on va commencer, grâce à Ancelin, de refaire le parcours du littoral, pour retrouver le bateau. Mais il faudra être prudents : les vrognards sont particulièrement virulents, et nous subissons des attaques quotidiennement. Déjà trois de mes hommes ont péri. Il reste 23 personnes ici, dont une quinzaine de vétérans militaires, et d’autres commerçants aguerris au combat. Des questions ? »
Tous se taisent. Mathias sort.
– Peut-on lui faire confiance, à Mathias ? », demande Ruth à Ancelin.
– Tu te souviens du massacre pour les bateaux ? Eh bien c’était lui à la tête des mercenaires. Mais bon, lui il reçoit les ordres de Yuri.
La méfiance emplit les esprits. Mais les options sont limitées.

13h00

Ils décident de placer leurs tentes près de l’entrée, pour garder le contact avec Vrochek. Rachel va plus loin et place sa tente près de celle de Vrochek. Mathias revient vers eux : « Nous avons pris du retard pour les préparatifs. Nous ne serons prêts que demain matin. Des questions ? » Le charisme de la troupe étant juste au-dessus de celui des pissenlits environnants, tous acquiescent.

L’après-midi s’écoule, les va-et-vient des soldats sont nombreux et énergiques. Quelques discussions avec Vrochek et le garde-interprète amènent à confirmer les propos de Mathias. Rachel continue les discussions avec les animaux, beaucoup sont stressés, et nombreux sont ceux qui ont quitté la forêt à cause des conflits et des sessions de chasse.

18h00

Le soleil se couche, baignant le campement d’une lueur rouge-orangée. Mathias invite le groupe à accompagner son repas. Rachel va faire la sieste en prévision d’un tour de garde, et tient compagnie à Vrochek ; Gus les rejoint. Les autres se joignent aux gardes : le banquet est copieux, autour d’un immense feu, tous ripaillent et boivent à l’envi.
Gus discute avec Vrochek pour avoir son avis sur Mathias. La discussion en signes et sons est complexe et fastidieuse, mais il arrive par comprendre que Mathias se présente comme un chef de barbare, dans la force et l’imposition, et qu’il fait généralement confiance en ce genre de personnes. Vrochek sait qu’un village a été massacré dans le Nord mais ne sait pas forcément que Mathias en est à l’origine.
Rachel finit sa sieste et rejoint les lurons. Elle entame la discussions avec tous les membres, l’alcool aidant à créer des liens.
« Moi ça fait au moins 4 mois que je suis avec eux. On a commencé l’expédition, c’était chiant, y avait pas d’action… Mais là depuis un mois, ça bouge : à Yviir, on a récupéré pas mal de choses, mais là on recommence à glander…
– Et vous n’êtes pas partis avec la cargaison ?
– Non, on a pris l’aéronef de Yuri, car on n’entrait pas tous dans le bateau. Il nous a déposé ici en attendant que ce satané bateau arrive… Bon, de l’action, on en a eu depuis le retour, mais merde, y a toujours pas de bateau, et on doit essuyer des attaques massives de vrognards !
– Et cela ne vous a pas questionné de voir des morceaux de bateau sur la plage ? » La boutade a un peu de mal à passer…
Ancelin discute avec eux et raconte son épopée une énième fois. L’auditoire est captivé et le respect de sa survie.
Ruth demande à certains gardes ce qu’ils pensent de Mathias : tous le portent en respect, il est dur mais juste avec ses subordonnées. « En tous cas, si jamais vous avez des ennuis, il ne vous laissera pas tomber et se joindra à l’action. C’est un excellent tacticien. »
Ananzi retrouve quelques connaissances, notamment Yakone, qui le surprend en lui déboîtant l’épaule. « Alors, vieille branche, qu’est-ce que tu deviens ?  Tu t’en sors avec les zigotos ?
– Oh rien de bien différent de d’habitude : un tigre des steppes, des gamins dans les grottes…
– Bah, tu verras, ici on s’éclate comme des fous ! Tiens, y a un mois, on s’est fait un village de barbares, trop délire ! Bon, il a fallu en massacrer quelques-uns, les autres se sont barrés comme des poules mouillées ! Hé, en plus, de toi à moi, on est pas mal payés pour s’éclater comme ça, non ?
– Tu penses qu’on affrontera des dragons ?
– Alors ça, j’espère pas. A la rigueur, un bébé, je dis pas… Mais t’as raison, le lac est immense, ça ne m’étonnerait pas qu’il y en ait. »

21h00

Le repas se termine. Un des gardes prend Ancelin sous son aile pour le vêtir, le protéger et l’équiper d’une dague. Il trépigne et s’exhibe au sortir de la tente, imitant un soldat au combat. Les autres rient de son innocence.

Chacun rejoint ses quartiers. Mathias poste quelques gardes pour la nuit, et invite le groupe à garder un œil ouvert.

Durant la nuit

Rachel, Gus et Ancelin dorment profondément. Ruth et Malou entendent dans la nuit un bruit d’égorgement et de corps tombant. Au moment de sortir de leur tente, deux vrognards armés de berserks (grande épée à deux mains) et les yeux rouge sang courent vers elles. Ruth crie « Vrocheeeeeeek ! » pour le réveiller. Rachel sursaute,  réveille le vrognard. Un des berserkers va pour frapper Ruth, qui ne peut l’esquiver : sa lame se plante dans son épaule. Malou, scène mélo, le vrognard la tirant avec sa lame pour essayer de l’y sortir. Gus sort de sa tente, voit le berserker trainer Malou, sort son épée et arme une flèche pour viser sa gorge : le vrognard voit la flèche, va pour l’éviter et se la prend dans l’épaule. Gus sort sa rapière quand son adversaire se rue sur lui. Ananzi sort de sa tente, voit la scène entre le vrognard et Gus la rapière à la main, et lance un poignard vers l’ennemi, qui rebondit sur son armure. Gus esquive le berserk, et attaque au flan : bien que blessé, le vrognard ne bronche pas. Rachel sort avec sa hache, suivi de Vrochek et de son sabre. L’attaque de Rachel vers le berserket face à Ruth et Malou est esquivée, Vrochek profite pour passer derrière Rachel et d’atteindre le flan du berserker, qui ne bronche pas non plus. Ancelin sort de sa tente, prend son courage à deux mains et sa dague dans l’autre, et court vers le vrognard face à Gus et Ananzi. Il vise son dos, le vrognard se retourne et dévie la lame de son bras, entraînant la jeune recrue dans l’élan. Ruth rejoint péniblement sa tente pour se cacher. Rachel subit une attaque latérale lui brisant plusieurs côtes, l’assommant et la rendant inapte au combat et vulnérable. Ruth récupère son arbalète, l’arme mais manque de peu l’ennemi. Malou lance un de ses poignards, qui rebondit sur l’armure également. Vrochek prend sa lame et la remonte entre les jambes, qui coupe une bonne partie du bas-ventre ; malgré la blessure, ce dernier reste néanmoins debout. Gus esquive une attaque, la lame de l’ennemi se plantant dans le sol, mais l’occasion n’a pas été saisie. Ananzi attaque de ses deux épées, l’une d’elles frôlant sa tignasse et l’autre lui tranche son matériel et le griffe. Ancelin se relève, tente de l’attaquer en courant comme un dératé vers le berserker, mais Ananzi s’interpose à son insu et prend la dague d’Ancelin dans la jambe.

Trois gardes entendent le duel et foncent en courant. Vrochek esquive le coup du vrognard et plante son sabre dans le barbare. Ruth tire un autre carreau et plante l’épaule du vrognard ; son bras ne peut plus tenir son arme à deux mains. Malou revit l’échec du poignard rebondissant. Ananzi esquive et va pour frapper ; l’ennemi esquive, la lame se rapprochant dangereusement d’Ancelin ; Ananzi, dans un réflexe, lâche une de ses épées et stoppe in extremis l’autre lame. Ancelin, qui a uriné dans sa couche et l’adrénaline, se relève d’un bond et plante le vrognard. Gus recule pour récupérer son arc et une flèche de qualité. Les gardes arrivent au niveau de la bataille. Vrochek prend sa lame à deux mains et l’abat de toutes ses forces sur le vrognard, coupant le bras déjà blessé par le carreau de Ruth. Rachel se relève tant bien que mal et se lance sur le manchot ; son sang giclant de son bras l’aveugle et elle manque son attaque. Malou tente un corps-à-corps, le plante et le met à genoux. Ruth rate son carreau. Ananzi rate son attaque et est blessé par l’ennemi au flan ; d’une roulade, tente de récupérer son autre épée en vain, tente une attaque par en-dessous mais le manque. Gus vise de nouveau la gorge, et réussit son tir. Ancelin manque son attaque. Malou dévie la lame du vrognard, mais manque son attaque. Ruth répète sa scène du carreau manqué. Vrochek rate son attaque et blesse Malou. Rachel s’essuie les yeux du sang de l’ennemi, frappe de sa hache et le décapite. Le vrognard à la flèche dans le cou fonce sur Gus, qui esquive son attaque. Ananzi le tape dans le dos, le blesse. Ancelin tente de viser le pied, parvient à lui couper les orteils, brisant son équilibre. Les gardes viennent enfin de se joindre à la bataille, le blessent mais le vrognard reste toujours debout. Un des gardes arrive à lui couper un bras, l’autre garde coupe le pied. Ananzi est au bout du rouleau et n’arrive même pas à planter le vrognard agonisant. Gus l’achève d’une flèche entre les deux yeux.

Le calme revient, l’on entend des vrognards partir dans les forêts. Le semblant de camp ainsi que les protagonistes présents sont dans un triste état. Chacun récupère son matériel de jet, flèches, couteaux et carreaux. A l’intérieur, Mathias achève un vrognard en affirmant d’une voix terne : « voici notre quotidien depuis deux semaines… On en a encore perdu quelques hommes. Vous avez des blessés ?
– Tous, plus ou moins… Ancelin et Vrochek semblent s’en être le mieux sortis. »
Gus fait un massage compressif sur Ruth, Ananzi l’imite sur Malou. Rachel et Vrochek suivent l’indication de Mathias pour rejoindre la tente d’infirmerie, et informe les autres. Tous se rendent à l’infirmerie, le médecin donne une potion de soin pour atténuer les dégâts, la nuit se finissant à panser et finaliser les soins.