L’équilibre [Reconfinement, jour 35]

Coronavirus 2020 Quotidien Vie intérieure / Pensées

Voici une notion pour laquelle tous s’entendent sur la finalité mais pas sur sa compréhension : l’équilibre.

Une erreur d’approche

Lorsque l’on parle d’équilibre, qui signifie « balance égale », on pense justement à un phénomène statique, dans lequel l’ensemble des critères tendent vers un résultat nul. L’on retrouve cette notion dans tout phénomène opposable :

  • forces
  • poids
  • finance
  • travail/loisir
  • énergétique
  • écosystèmes
  • etc.

Dans la réalité, l’équilibre n’est valable qu’à un instant t. Si l’on met une pomme d’un côté d’une balance et un contrepoids équivalent de l’autre, l’équilibre sera assuré. Si l’on laisse le temps s’écouler, la pomme va pourrir et le contrepoids sera rapidement supérieur à la pomme. Étant donné que nous vivons dans un Univers dynamique, où rien ne persiste indéfiniment en son état ou sa position, c’est en cela que la notion d’équilibre est à ajuster à chaque instant.

Fragilité

Comme mentionné, un équilibre donné n’est valable qu’à un instant donné. Pour qu’il soit aussi valable à un autre instant, les paramètres porteurs de l’équilibre en question doivent être reconsidérées. Il y a cependant une loi immuable :

Tout système, indépendamment de sa complexité, tendra toujours à un moment ou à un autre à un équilibre.

Sauf que l’équilibre trouvé ne sera pas forcément celui attendu : une assiette qui tombe, donc en déséquilibre, risque de trouver un équilibre sur le sol, en mille morceaux… Dans un modèle fortement culturel comme une société politisée, l’équilibre des dynamiques sous-jacentes peut arriver par la corruption, la soumission, le renversement des institutions, ou la création d’un nouveau modèle ex nihilo.

Ainsi, se reposer sur ses acquis est l’une des plus grosses erreurs de l’approche statique de la notion d’équilibre.

On peut pousser la fragilité encore plus loin : en appliquant le principe d’incertitude d’Heisenberg, qui stipule que tout élément observé change de comportement, le fait même de porter son attention sur une forme d’équilibre donnée suffit à l’altérer.

Une question d’entretien

Si l’on souhaite conserver une forme donnée d’équilibre, il est important de préserver régulièrement les éléments en lien direct avec cet équilibre contre les éléments susceptibles de l’altérer. En ce qui nous concerne, rien que notre corps nécessite un entretien en vue de s’alimenter, évacuer cellules mortes et toxines, se reposer.Mais les déséquilibres ont parfois du bon, tout dépend de comment ils sont gérés : le jeûne a, par exemple, la faculté de fortifier le système immunitaire ; les changements d’habitude stimulent l’ouverture et la créativité, etc.

Tout s’entretient, mais tout n’a pas non plus besoin d’être conservé. Je pense notamment aux relations qui sont majoritairement contextuées, et pour lesquelles le maintien hors contexte est plus énergivore qu’utile. On peut également inclure tout ce qui nous fait du mal, tant sur le plan physique que psychique ou émotionnel, sous couvert d’habitude ou de peur de l’inconnu…