Reprise du travail dans les locaux

Coronavirus 2020 Le travail Quotidien

Si je devais résumer tout ce qui va suivre, ce serait : j’étais bien mieux chez moi !

06h45

Réveil naturel, une heure avant le réveil électronique et Radio Balistiq 103 FM, la seule station où il n’y a pas de blabla à ces heures… Je tourne dans le lit en attendant de me lever, enchaînant les cauchemars.

07h45

Le réveil sonne, je fais ma toilette, m’habille et prépare mon repas de ce midi. Je dois aussi ramener l’ordinateur professionnel, sinon cela ne servirait pas à grand-chose… j’en oublie mon téléphone pro et mes écouteurs pour les appels Skype !

08h05

Départ pour le bus, avec mon sac de repas et mon sac d’ordi. Le masque est obligatoire pendant le trajet, mais le peu de personnes présentes conforte une certaine distanciation sociale.

08h40

Arrivée, prise de température. La personne de l’accueil a même pris mon nom, croyant que j’étais un visiteur ! Comme quoi, 4 mois d’absence, ça vide les esprits… Ils m’ont proposé un masque en plastique, mais je préfère le mien en tissu. Je ne peux même pas badger physiquement pour marquer ma présence, je dois le faire depuis l’interface en ligne, qui sature de mails mon responsable et les ressources humaines, parce que la badgeuse n’est pas dans le même bâtiment !

Le masque est facultatif dans le bureau mais obligatoire à partir du moment où je le quitte, même pour aller uriner !

Mon bureau était dans un état d’abandon, le papier du carnet de notes jauni et froissé, le meuble tiroirs glissé en-dessous m’empêchant de m’y asseoir, et un PC destiné à un autre en lieu et place du mien. Bref, cela ne donnait pas une image très préparée de mon retour…

L’ambiance est morose, chacun le nez dans le guidon et les problématiques utilisateur, également en permanence au téléphone. L’humour, quand on n’est pas accrochés à nos combinés respectifs, est toujours aussi peu élevé et peine toujours aussi fortement à dépasser la ceinture. Le sentiment de solitude vient progressivement… Je redoute les deux semaines à venir !

11:00

Je prends l’initiative d’écrire aux RH, pour leur demander une dérogation en vue de continuer le télétravail, même si de base ils sont assez peu enclins à faire du cas-par-cas (comme les fenêtres du même nom) et à respecter les directives gouvernementales à la lettre. Il paraîtrait que cela fait partie des normes ISO, et que ça fait classe auprès des clients et des investisseurs… Je n’ai pas encore envoyé le mail, j’attends de voir si mon responsable en vacances m’appelle pour lui demander les conséquences de cet envoi.

Je me rends compte que ma bouilloire me manque…

11:45

Pause déjeuner. Une chance que la salle de repos ne soit pas condamnée ! J’avais entendu dire que la fermeture de la cantine avait créé un scandale, imposant un service minimum avec des plateaux froids sur réservation. Les collègues sont aussi dépités que moi et préfèrent aller chercher des sandwiches chez Marie Blachère.

La salle a été réduite à sa plus simple expression : les distributeurs de café et le lavabo. Il y a ni frigo ni micro-ondes ! Cela va impliquer de privilégier les repas froids… J’ai appris que dans une autre usine, ils avaient laissé le micro-ondes, car trop de personnes ramenaient son « miam » et qu’il n’y avait ni cantine ni restaurant/boulangerie à proximité. Les veinards !

Un collègue qui bosse sur le logiciel de paye, se dit aussi qu’il n’apporte aucune plus-value à être présent dans les locaux, et je lui ai proposé qu’on fasse une motion collective !

12:00

Fin de l’omelette lardons/pommes rissolées/herbes de Provence, froide. Je reprends le travail, seul dans le bureau, les autres n’étant pas encore rentrés de leur déjeuner.

L’après-midi se poursuit dans une accoutumée habituelle, entre débats plus ou moins fermés et blagues salaces, entrecoupés d’appels d’utilisateurs qui démontrent avec véhémence leur incompétence ou insistent sur des points qui sont techniquement impossibles, et de longs moments de silence. Une vraie sinécure !

16:55

Le téléphone retentit son alarme. Il est temps de renseigner dans l’interface Web mon pointage, de plier mes affaires et de prendre le bus de 18h17 17h03 car demain je suis en télétravail pour accueillir le technicien qui m’installe ma box fibre à 10€/mois, et que son intervention est entre 13h et 18h précises. Retour dans les locaux mercredi, tel un disque tournant sans fin et dont rien je change concrètement, tout du moins en ce qui me concerne. Je remercie mon horloge hebdomadaire de me donner le repère nécessaire pour savoir quand mettre mon réveil !