Savoir relatif et absolu

Vie intérieure / Pensées

Il est un constat inéluctable : depuis les débuts de l’humanité, celle-ci n’a cessé d’observer, de théoriser et de chercher au-delà de ses propres limites sensorielles. Paradoxalement, cette quête perpétuelle de savoir l’a coupée de son lien intrinsèquement étroit avec l’Univers. Quel savoir est indispensable, finalement ?

Durant notre scolarité, l’on apprend moult choses qui, à première vue, semblent ne jamais servir pour la vie que l’on décide de vivre. Et à seconde vue, non plus. C’est à se demander à quoi sert la culture générale, hormis avoir un bagage culturel commun à tous les individus d’une société donnée, sans se soucier du bien-fondé ou d’une éventuelle remise en question de ce bagage. Alors qu’a contrario, on ne nous apprend pas les règles administratives, juridiques et financières du monde qui nous accueillera lors de notre passage à la vie d’adulte, cela renforce le sentiment d’inutilité de la connaissance accumulée les quinze dernières années !

Un savoir partiel

Sans étendre le raisonnement dans une pensée collapsologique (en lien avec l’effondrement de la société), la connaissance des fruits, légumes, plantes, écosystèmes, régimes alimentaires de la faune, météorologie, ainsi que ce qui touche à la connaissance de soi, gestion des émotions, apport affectif, respect de soi, n’est quasiment pas enseigné, hormis dans des institutions privées, sporadiques et minoritaires. On passera outre le fait que de nombreux parents n’acceptent pas un enseignement différent de celui qu’ils ont reçu, donc que leur progéniture puisse penser différemment.

Notre modèle d’enseignement étant majoritairement basé sur une binarité obligation / interdiction, on a du mal à concevoir que ce qui n’est pas tout blanc n’est pas nécessairement tout noir, le tout bercé d’un sentiment de dépendance sociétale, où la vie se résume à :

  1. il faut faire des études pour avoir un bon salaire, une maison et une famille
  2. il faut avoir un bon salaire pour avoir une bonne retraite
  3. si tu n’as pas tout ça, tu as raté ta vie

Ce qui signifie que sans travail, pas de salaire, donc à la rue et dans une galère administrative crescendo, où le suicide est souvent la réponse la mieux adaptée, toute réincarnation mise à part. Quid d’un credo comme :

  1. il faut que tu t’aimes, que tu t’apportes ce qui va combler ton cœur et que tu t’enrichisses de la connaissance que te donneront les autres
  2. il faut que tu consacres ton temps à ton environnement et à tes proches, que leur bien-être et leur prospérité soit autant ta priorité que ton propre bien-être
  3. si tu n’as pas fait tout ça, tu as raté ta vie

Alors, qu’est-il indispensable de connaître ?

Le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait 10 fois le tour du monde, mais 1 fois le tour de lui-même.
– Gandhi

La réponse est à la fois très simple et pas tant que ça. La première des choses à connaître est soi-même. La connaissance de soi est une approche qui nécessite une grande interaction sociale, car l’on n’est pas toujours en mesure de sentir ou d’apprécier un aspect de sa personnalité. En spiritualité, la connaissance de soi est de pair avec la reliance à l’Univers, dans le sens où l’on est en phase avec son environnement, et que l’on peut accéder à un Savoir sans mot ni enseignant, comme une mélodie qui sonne harmonieusement quand on est entouré d’éléments bienfaisants pour soi, et plus dissonant quand on s’approche de quelque chose qui ne nous est pas destiné.

Pour ce qui est du savoir scientifique, tant qu’il est mis à contribution du bien-être commun, il a une utilité. Savoir que l’étoile Proxima du Centaure est à 4.22 années-lumière de nous, que les tardigrades survivent dans l’espace ou que l’on sait créer de nouvelles bases d’ADN semble peu utile pour se nourrir, se loger et se vêtir. Le problème de la Pyramide de Maslow, c’est que le besoin d’estime est tout en haut, alors qu’il devrait être à la base, mais en provenance de soi-même, sans avoir à l’attendre des autres. On constate ainsi que la Pyramide est bien issue d’un modèle de pensée capitaliste, où il priorise le confort matériel et la reconnaissance sociale avant l’introspection.

Tant que l’humanité n’aura pas accepté l’autonomie de pensée, de respect et d’affection, elle restera dépendante de son propre bonheur, ce qui est totalement antinomique.