Le mois des LGBT+ [Terconfinement, jour 62]

Coronavirus 2020 Quotidien Vie intérieure / Pensées

En ce mois de juin, nous mettons en avant les membres de la communauté LGBT+ (Lesbiens, Gays, Bi, Trans, et les autres). Pour faire simple, il s’agit de l’ensemble des personnes qui n’entrent pas dans le moule :

« Je prends du plaisir sexuellement avec une personne du sexe opposé telle que catégorisée par la société, homme ou femme ».

Fait intéressant : cette notion n’inclut pas le nombre de partenaires simultané(e)s, ni les relations avec des « non-humains » (animaux ou objets)…

Pourquoi ce mois ?

Le mois de la Pride [fierté en anglais, NdA] a commencé après les émeutes de Stonewall à Manhattan, New-York, le 28 juin 1969. Les émeutes de Stonewall étaient une réponse à la violence policière contre les personnes LGBTQ. Elles sont considérées comme marquant le début du mouvement de libération gay aux États-Unis. La police a débarqué dans le Stonewall Inn, un bar populaire LGBTQ. Ils ont arrêté des personnes qui étaient habillées avec des vêtements du sexe opposé. La communauté a répondu par des protestations et des émeutes. Les émeutes furent menées par des femmes transgenres et durèrent trois jours. Les leaders trans les plus célèbres s’appelaient Marsha P. Johnson et Silvia Rivera. Ces émeutes ne furent pas pacifiques, mais elles ont inspiré les parades pacifiques d’aujourd’hui. (Source)

Pourquoi cette mise en avant ?

Dans notre concept binaire judéo-chrétien, tout ce qui n’est pas Bien est par conséquent Mal. Ainsi, toutes les personnes qui n’étaient :

  • ni blanches
  • ni catholiques
  • ni hétérosexuelles
  • ni valides
  • ni travailleuses ou nobles ou religieuses

N’étaient pas considérées comme dignes d’existence aux yeux de la société. D’une certaine manière, on pouvait parler d’eugénisme socio-religio-culturel, et donc assimilables à des animaux. Belle mentalité !

Aujourd’hui, et bien que les esprits s’ouvrent de plus en plus, l’on « tolère » ces personnes, ce qui n’entre pas dans une acceptation pleine et entière. Cela veut dire que la Loi les considère finalement comme des humains, mais pas forcément les concitoyens, toujours enclin aux préjugés de leurs aïeux.

Une mentalité ne change que de deux façons : un cataclysme qui remet tout en question, ou la mort de tous les porteurs de ladite mentalité.

Les problèmes des exergues

Comme tout mouvement mettant en avant une particularité, elle met, volontairement ou non, en défaut les autres particularités. Ainsi, revendiquer son orientation sexuelle, sa couleur de peau, son handicap, sa profession, sa croyance, différent de ce qui est communément établi revient, surtout pour ceux « dans le moule », de se sentir à l’écart ; en effet, ces derniers n’ont pas besoin de la revendiquer, étant de fait la norme. Cela a pour conséquence, malheureusement, de renforcer l’animosité des « socio-typiques » envers ces « socio-atypiques ».

N’oublions pas qu’une société hiérarchisée est basée avant tout sur les inégalités, sous forme pyramidale, les ressources allant du bas vers le haut. L’égalité, telle que promulguée dans la Devise Nationale, est uniquement en droit (aux yeux de la Loi), et non en fait (comment vivent concrètement les personnes).

Gustave Parking, humoriste piquant (et peu apprécié par la majorité, encore une particularité qui peut diviser !) avait trouvé une solution contre le racisme : la Carte d’Identité à gratter. Pas sûr que cela marche pour toutes les particularités…

Ce que j’en pense

Je pense que ce n’est pas la solution pour faire accepter les personnes non hétérosexuelles dans les mœurs. Faire adopter des lois qui ne vont pas dans la moralité incarnée a aussi été un problème (PMA, mariage pour tous…), laissant libre jugement aux autorités de les mettre en pratique ou non.

Paradoxalement, l’ensemble des membres toutes les minorités dépasse de loin, en nombre, la majorité. Il existe toujours des cases desquelles on est exclu, marginal, voire hors-la-loi. Cependant, on fait la distinction entre les minorités « administratives » et les minorités « sociales », avec le risque que les premiers rejoignent le rang des seconds. Et ne parlons pas des accumulations : si vous êtes noir, gay, musulman, en fauteuil roulant, clochard et sans papier, on peut dire que vous n’avez pas de chance d’être né dans ce monde…