40 ans = 2×20 ans [Terconfinement, jour 80]

Coronavirus 2020 Le travail Quotidien Vie intérieure / Pensées

Il y a exactement 20 ans hier, le 18 juin 2001 (jour de la mort de René Dumont que personne ne connaît), je commençais mon premier CDI en l’entreprise EDISYS, alors située à Balma (31). Cette année-là, je découvre un univers qui n’a rien à voir ni avec l’école, ni avec la maison. Un univers où les exigences sont en lien direct avec des retombées économiques, où notre place dépend en partie de notre capacité à répondre à la croissance de l’entreprise, qu’il s’agisse de notre propre jugement ou de celui de nos supérieurs.

20 ans de boulot

Donc, du haut de mes 40 ans, je viens de passer 17 ans dans le milieu scolaire, entre la maternelle et l’IUT, et la moitié de mon existence à travailler, en faisant fi des périodes chômées :

Informatique

  • 5 ans à faire des macros Excel et apprendre le PHP en autodidacte
  • 8 mois à créer des sites marchands locaux
  • 3 semaines à apprendre le C#
  • 10 mois à faire la hotline et développer mon propre outil en WinDEV
  • 2 mois à bosser sur une base Access
  • 4 jours à rentrer malade le soir tant l’atmosphère était tendue
  • 2 ans à faire un projet pendant un an, et attendre du boulot le reste
  • 20 mois à reprendre les clients d’une entreprise à mon compte personnel
  • 8 mois à développer un super outil de caisse et e-commerce
  • 3 semaines à faire un module qui est maintenant en production
  • 1 an et demi à reprendre un projet avant sa réécriture totale
  • 1 an et demi à faire en sorte qu’une multinationale ne se gère plus comme une PME

Non-informatique

  • 15 jours en menuiserie
  • 1 mois et demi en manutention
  • 15 jours en géométrie
  • 3 mois à essayer de vendre des produits cosmétiques et des compléments alimentaires
  • 8 mois à faire des études statistiques
  • 16 mois à faire le standardiste au lieu de coder
  • 3 jours de serveur
  • 1 mois et demi à emballer des aliments transformés
  • Quelques consultations musicothérapeutiques

Le bilan des 20 ans

Ben il n’est pas fameux… Quand on est jeune diplômé, on pète plus haut que son cul par l’amas des connaissances que l’on acquiert durant les études et on repart la queue entre les jambes à cause du manque d’expériences. 20 ans plus tard, on pète plus haut que son cul par l’amas d’expériences que l’on a acquis et on repart la queue entre les jambes quand se rend compte de l’immense vacuité de la tâche accomplie jusqu’à maintenant. En gros, j’ai le sentiment de ne rien avoir réalisé de tangible, palpable, utile.

Malgré mon expérience, pour ne pas dire mon expertise, je reste reconnu uniquement à mon diplôme d’iutien. J’en tire le bénéfice de conserver des horaires de fonctionnaire, mais la perte d’un salaire conséquent en sachant que des jeunes ingénieurs gagneraient plus que moi dès leurs premières années.

Je garde le souvenir des villes où j’ai habité, des rencontres faites, des murs qui m’ont permis de grandir.

Pour les 20 prochaines années ?

A l’heure actuelle, je considère que la menuiserie serait le métier qui apporterait le plus de sens à mon existence, avec le sentiment de créer des choses utiles et durables. A voir si cela se concrétise. Je reste profondément pessimiste quant aux tournures que prennent les choses, le poids du capitalisme grandissant malgré les alternatives économiques et l’implication écologique (dans tous les sens du terme).

Selon les statistiques actuelles, il me resterait encore près de 23 ans à trimer avant d’avoir ma retraite à taux plein, sans tenir compte des amendements qui augmenteront le minimum d’annuités.