Un pardon inespéré

Rencontres

Mes mauvaises expériences devraient m’enseigner de ne pas reprendre contact avec des personnes d’une époque révolue. Et heureusement que je ne l’ai pas écoutée, car ce soir, j’ai accompli une des plus belles actions de ma vie.

Remontons 25 ans en arrière (oui, sur 39, ça fait beaucoup). A cette époque, j’étais au collège, précisément entre la 4ème et la 3ème. Dans ma classe, il y avait une fille qui vivait sa scolarité comme la capitaine des pom-pom girls dans les feuilletons américains, et si l’établissement disposait d’une équipe de football américain, on aurait pu parier qu’ils seraient sortis ensemble ! Donc, le cliché : belle, sportive, douée en classe et dénigrant à peu près tout sur son passage, dont votre hôte, à très forte dose !

Me faire houspiller, je connais ça depuis la maternelle, donc je n’y prêtais pas plus d’attention. Mais il y a une chose que je voyais : je savais quand les actions d’une personne étaient en contradiction avec ses intentions. Et autant la majorité des harceleurs avaient un fond de méchanceté, autant elle je ne le ressentais pas. Vous pensez bien que 1) j’étais à des milliers de kilomètres de conscientiser ça et 2) de pouvoir l’exprimer ! De ce fait, je ne lui en ai jamais tenu rigueur. Parfois, elle avait des gestes un peu attentionné, comme une fois en cours de musique où en revenant du tableau, elle m’avait caressé les cheveux.

Il y a à peu près 10 ans, on était arrivé à reprendre contact. C’était une période difficile, une rupture chaotique et un enfant sous le bras. Cela n’a pas duré très longtemps, mais elle pris le temps de m’avouer qu’elle m’aimait bien mais qu’elle n’a jamais su comment me le dire. Aujourd’hui, le contact repris de nouveau, on discute davantage, jusqu’à ce soir où on a fait une visioconférence, où elle a fait son mea culpa, et qu’elle me demandait de lui pardonner ses actes à mon égard. Chose que j’ai faite avec la plus grande sincérité.

Tout ne se raconte pas avec des mots, je sais qu’elle en a bavé dans sa vie sans qu’elle ait à me le dire. Mais je sentais que c’était quelque chose qu’elle avait besoin de régler pour se soulager d’un fardeau. Je suis ravi d’y avoir contribué, et il est possible qu’une nouvelle amitié se tisse, 25 années plus tard.