Un sentiment désagréable

Vie intérieure / Pensées

Il y aurait tellement à continuer à dire concernant l’absurdité de la mise en place du déconfinement, que d’autres s’en chargeront mieux que moi. Bien que le gouvernement ait pris la mauvaise habitude de prendre les gens pour des imbéciles, ils auront du mal à voir autre chose d’eux-mêmes si on ne leur montre que cet aspect de leur personne. Et c’est ce qui va faire la transition avec mon sujet du jour.

Ces deux dernières semaines ont été très intenses au niveau du travail, en raison d’une grosse réunion prévue ce jour impliquant tous les membres du comité exécutif dans laquelle mes projets seront présentés. En plus de cela, j’ai été pas mal sollicité pour des dépannages ou des réparations matérielles pour le Troc des Lutins. Cela me conforte malheureusement dans un sentiment désagréable, déjà évoqué au début du confinement.

Je peux aisément affirmer qu’il est pire d’être aimé pour une seule facette de soi que de ne pas être aimé pour l’entièreté de sa personne. Il serait aisé de faire un raccourci que nombreux doivent compenser ce manque de reconnaissance entière et pleine en faisant « payer » les autres lors de leurs prestations professionnelles… Cela pourrait constituer une étude intéressante : « Psychologie monétaire, quand le paiement vient compenser une limite de reconnaissance » ! A contrario, lorsqu’on se sent aimé pleinement, on aurait plutôt tendance à vouloir dépenser de l’argent pour le conserver… Magnifique paradoxe qu’apporte le lien d’attachement, non ?

Je ne nie pas que ceux qui se disent mes amis ne m’aideraient pas si je leur demandais, mais ils n’ont pas forcément la spontanéité de me proposer quoi que ce soit. Cela rejoint et confirme cette relation unilatérale, mêlant besoin (les dépannages) et opportunité (mes propositions). Pire : parfois je suis la roue de secours, une fois qu’ils ont fait quelque chose de travers, alors qu’ils auraient pu me demander mon avis avant ; cela me donne en plus un rôle salvateur, dont certains usent et abusent au point de me faire comprendre que je suis leur dernier espoir… Merde, à la fin ! Je ne suis pas responsable de leurs malheurs et encore moins le seul pékin en mesure de leur venir en aide !!! Dans le fait que j’ai 50% de part de responsabilité dans cette Histoire, j’avoue que le Karma qui me meut est fortement énergivore et émotionnellement frustrant. Et je ne sais par quel bout prendre mon problème, car je n’ai pas trop envie de revivre les mêmes relations dans ma future vie de menuisier !

La solitude ne dépend pas du nombre de personnes qui nous entourent.

Bref, je me sens majoritairement (pour ne pas blesser quelques rares personnes qui n’entrent pas dans ce qui va suivre) entouré de personnes « à facette », dans le sens où elles ne tiennent compte que d’une de mes facettes. Et quand c’est toujours la même facette qui est sollicitée, elle fait tomber dans l’oubli les autres, et le doute s’installe… Je doute énormément de ma personne, bien que certaines âmes me considèrent comme une « belle personne ». Cela ne se ressent pas dans mon quotidien, sans pour autant demander que mon ego soit caressé dans le sens du poil tous les jours non plus. Je n’en ai rien à faire que l’on soit content de mon travail, je sais que je suis bon dans ce que je fais et que je ne le ferais pas si je ne pouvais apporter la réponse attendue. J’aimerais juste qu’on m’aime pour autre chose que mes « talents », qui sont naturels et ne me demandent aucun effort… Simplement, moi ?