Un univers d’exceptions

Vie intérieure / Pensées

Et si notre incompréhension des lois qui régissent notre Monde était tout simplement liée au fait que notre Monde est une exception ? Explication de mon point de vue.

Des biais cognitifs et d’observation

Nous observons notre Monde (et j’emploie Monde avec une majuscule pour parler de notre environnement aux échelles microscopique et macroscopique), nous déduisons des généralités et notons des incohérences, qui peuvent ou non s’intégrer dans le modèle général après d’autres observations. Bref, je résume ici en une ligne le travail de tout scientifique théoricien. Cependant, et c’est là le problème, notre référentiel n’a aucune comparaison possible : on ne peut observer d’autres Univers, et celui qu’on est en mesure d’observer est étroitement limité. Au même titre, en deçà de la matière visible, les modèles sont souvent spéculatifs. De plus, et malgré l’évolution des outils d’observations, nos limites de perception nous cloisonnent dans nos conclusions.

D’où ma question : et si notre référentiel n’était pas une généralité, mais une exception dans les Lois de l’Univers ? Cela pourrait expliquer un grand nombre de choses, à commencer pourquoi nous sommes la seule planète à avoir la Vie…

L’exception fait partie intégrante de toute chose, et la Nature sait s’en contenter. Dans les mécanismes de sélection, l’exception est soit ce que la Nature rejettera, soit ce qui assurera la survie de l’espèce en cas de changement brutal d’environnement. Des cellules cancéreuses sont produites par dizaines quotidiennement, et le corps sait les gérer dans 99.999% des cas. Mais imaginez si une cellule cancéreuse observait son environnement, ce qu’elle en déduirait…

Un remake des 80/20

Dans l’Industrie, on considère que 20% des règles peuvent répondre à 80% des attentes ; cela suppose bien qu’il y a plus d’exceptions que de règles, et d’aucun d’inverser l’idéologie et de faire de ces exceptions la Règle ! Il a longtemps été admis que la diversité était Loi, bien avant l’uniformité. En toute honnêteté, et au vu du nombre toujours croissant d’exceptions, les 80/20 devraient s’appeler les 99/1 !

Une seule règle : pas de règles

Attention : ce sous-titre n’est pas une incitation à l’anomie (nom que l’on devrait utiliser en lieu et place d’anarchie), mais une redéfinition de notre conception des Lois du Monde.

Dans le concret, et en faisant fi des considérations culturelles forcément limitantes, il n’existe pas de Règle à proprement parler, mais d’environnement et d’adaptabilité. Comme le disait un ancien cardiologue devenu sage, dont j’ai perdu le nom :

Ce n’est pas la molécule incluse dans la plante qui soigne, mais la plante entière.

Ce qui met en évidence la reliance de toute chose, et non un ensemble d’isolements, comme seule et unique Règle. Dans notre tempérament instinctif profond, il ne nous viendrait pas à l’idée de chambouler les équilibres naturels.

On retrouve ces concepts dans l’Art, où ce n’est pas tant la technique ou le sujet abordé, mais plus l’harmonie, l’atmosphère et l’émotion qui en découle, qui va faire qu’une œuvre fera son effet ou non. Et une œuvre qui ne trouve pas sa place dans le cœur du public n’est pas à jeter, mais à mettre en avant.

Tout n’est qu’exception

En résumé, je dirais que tout n’est qu’exception, certains se ressemblant plus que d’autres, et que d’établir des règles d’uniformisation est définitivement peine perdue. J’espère qu’un jour la Science ira dans ce sens, plutôt qu’à la quête des premières secondes de l’Univers ou des vies extraterrestres…