Le cerveau, entre satisfaction et compensation [Confinement, jour 13]

Coronavirus 2020 Quotidien Vie intérieure / Pensées

Rhaaa le nœud au cerveau dès le matin : je descends de mon lit (oui, il est à 1.80 m du sol), je regarde le réveil, il m’indique 8:00. J’allume mes appareils, téléphones et ordinateur, ils m’indiquent 9:00… Heureusement que je n’avais pas de rendez-vous aujourd’hui, cela m’est déjà arrivé, notamment pour des stages d’arts martiaux, d’avoir une heure de retard ce fameux dernier dimanche de mars… En cela, je préfère l’heure d’hiver…

Ah ben tiens, si on parlait un peu du cerveau, justement ? Vous savez, le truc qu’on ne voit pas et qui vous pourrit l’existence avec des émotions et des petites voix intérieures… Eh bien, aujourd’hui, je vais vous en apprendre une bonne !

Satisfaction, compensation

Bien qu’il soit constitué de milliards de neurones d’une centaine de types différents et répartis en aires et lobes, la mécanique globale est extrêmement simple, voire binaire : soit le cerveau est satisfait, soit il cherche à compenser.

De quoi a besoin le cerveau ? De pas grand chose :

  • d’affection
  • d’attention
  • de reconnaissance
  • de valorisation
  • de confiance
  • d’encouragements

Et quels sont ses outils de base ?

  • l’imagination
  • la créativité
  • la curiosité
  • l’imitation
  • l’observation

Et que fait-il quand un besoin lui fait défaut ou excès ? Il va tenter de chercher parmi ses outils un palliatif. Mais ce palliatif marchera un temps, et pour un effet similaire il faudra un palliatif plus important par la suite, et ce crescendo. Autrement dit, l’addiction n’est pas l’apanage de la drogue ou de l’alcool, mais de tout ce qui vient compenser un manque, et est tout aussi dangereux (je fais une parenthèse sur le fait que l’addiction d’une substance dépend en grande partie de l’état d’esprit dans lequel elle est consommée, sans faire référence au film A Scanner Darkly).

Tout est poison, rien n’est que poison, seule la dose fait la différence.
– Paracelse

Cette phrase s’applique parfaitement à tout ce qui compense un manque. Et si vous poussez le raisonnement, vous vous rendrez compte que 90% des psychopathologies sont liés à un défaut ou un excès d’affection dans la petite enfance. Et pour pallier à ce défaut/excès, le cerveau dispose d’une imagination sans limite ! Là où Einstein disait :

Il y a deux choses infinies : l’Univers et la bêtise.

Cette fameuse bêtise (poliment dite) est infinie car elle se base sur la créativité et l’imagination mais dans une finalité compensatoire !

L’étape qui tue

Pendant le développement personnel de l’enfant, il est une étape-clé consistant à se détacher du lien maternel et où il intègre le fait qu’il est autre que maman. Ce passage est délicat car le lien affectif prend une toute autre dimension. C’est là que, dans le top du must des cas, on commence à apprendre à l’enfant à accueillir la nouvelle forme d’affection de la mère et à lui apprendre à s’apporter une première forme d’affection.

Mais qui fait cette transition ? Peu de gens, et c’est trop souvent les attentions matérielles qui prennent le dessus, et non le moment de qualité (incluant partage d’activité, attention, encouragements…). Comme si, ce qui faisait la relation mère-enfant (contacts, attentions, paroles valorisantes…) ne pouvait se retrouver qu’avec un conjoint, et les femmes d’appeler leur homme « mon bébé » ? Merci Gary !

Ce qui voudrait dire, en une phrase plutôt qu’en mille, que la fameuse bêtise infinie d’Einstein pourrait être vaincue avec ces 4 mots :

S’aimer soi-même

Cela évite toutes les formes de compensation : dépendance affective, substances illicites, consumérisme…

Oui, mais la dépendance à l’argent dans notre société ?

Ceci est un autre problème qui n’est pas lié à l’affection mais à la relation. Et ce sera pour un autre jour !