La « Cancel Culture » [Terconfinement, jour 38]

Coronavirus 2020 Quotidien Vie intérieure / Pensées

Phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur depuis que Disney a voulu couper des scènes des Aristochats ou rendre d’autres films inaccessibles en-dessous d’un certain âge, la cancel culture consiste à supprimer l’accès à des éléments historiques en lien avec des situations racistes, sexistes ou homophobes. Derniers exemples : le passé colonialiste et négrier des ports français, la Warner retire de son catalogue les dessins animés de Pépé le Putois (et je tiens à préciser que, dans un bon nombre d’épisodes, les rôles s’inversent) ou la censure de Cho Ka Ka O d’Annie Cordy, voire interdire le baiser de Blanche-Neige car « non consenti« .

Qui tente-t-on de préserver ?

Toutes les personnes de 30 ans et plus ont connu Annie Cordy, Pépé le Putois, les Aristochats  et les Dix Petits Nègres. Pour autant, est-on devenus racistes, sexistes ou homophobes ? La réponse est clairement non. Parce que l’on sait faire la part entre un dessin animé et un inconnu dans la rue. Parce qu’on a probablement eu des parents qui nous ont appris à respecter tout le monde. Parce que rire de quelque chose, ce n’est pas la haïr.

Donc, que tentent de préserver les porteurs de ce mouvement ? L’éducation de nos/leurs enfants ? Leur statut de victime de racisme/sexisme/homophobie imputé à ces histoires ? Ces personnes ne tiennent pas compte des contextes culturels dans lesquels ces représentations ont eu lieu, et au lieu de les apprécier, elles préfèrent les adapter à des idéaux antiségrégationniques, dans une forme de dictature de la bienveillance !

Une étude a-t-elle fait un lien direct entre regarder une fois par semaine un épisode de Pépé le Putois et les déviances sexuelles des hommes ? Je parie que les adolescents font bien pire pendant les soirées trop arrosées, en sachant que 100% des collégiens post-4° ont déjà regardé du porno

Une autre étude a-t-elle fait le lien irrévocable entre les siamois de La Belle & Le Clochard et la haine envers les asiatiques ? Ou Les Dix Petits Nègres et d’éventuels mouvements de retour à la traite des esclaves ?

Enfin, est-ce que le fait qu’une personnalité ne soit pas d’accord avec une pensée, un mouvement ou quelque autre chose, justifie de la discréditer ou de la censurer ?

Les défenseurs de cette culture de l’annulation ne sont clairement pas ouvert au dialogue, à la concession ou à l’éducation.

La représentativité de surcroît

En plus, et les membres de communautés (raciales, nationales, LGBT+, victimes de viol, handicapées physiques ou psychiques…) ne font rien pour aider, c’est que leur représentativité ne peut être ni systématique ni inclusive, sans parler que les représenter pourrait être perçu comme préjudiciable selon le cadre !

Finalement, on a d’un côté des personnes imposant leur idéal social quitte à réécrire le passé, et d’un autre des personnes beaucoup et de plus en plus nombreuses en quête d’une représentativité médiatique positive. Tout ça à cause d’un monde d’étiquettes, et encore pire, d’étiquettes exclusives : si vous êtes blanc, hétéro, blond, entier, vous ne pouvez être noir, homo, châtain, handicapé.

Qu’a-t-on le droit de montrer ?

Bienvenue dans le casse-tête des scénaristes et des producteurs : comment satisfaire tout ce (petit, mais très grand) monde ? J’ai la réponse qui ne va plaire à personne : c’est impossible !

  1. Tous ceux qui attendent seront déçus
  2. Les œuvres culturelles ne sont que le reflet de leurs réalisateurs et de leur temps
  3. Les médias d’actualité et les réseaux sociaux ont plus d’impact sur les pensées racistes, sexistes et homophobes que Disney (même si ce dernier contribue à quelques catastrophes comme le sur-achat contesté de poissons-clowns depuis Némo)
  4. Les enfants ne sont que le produit de leur environnement, social comme familial ; l’éducation parentale est incluse dans le résultat