Journée sans tabac [Terconfinement, jour 61]

Coronavirus 2020 Quotidien Vie intérieure / Pensées

« Bonjour, je m’appelle Aurélien, et aujourd’hui ça fait 14701 jours soit 40 ans, 2 mois et 30 jours que je n’ai pas touché une cigarette (en fait, depuis ma naissance) »

Voici, si j’allais à une réunion des tabacoliques anonymes ce jour, ce que je dirais. Avec 100% de certitude de me faire lyncher avant de sortir !!!

Le problème de fond

Le tabac est une plante, dont on sèche les feuilles pour les fumer. Pour histoire, dans les temps anciens, fumer des plantes avait des vertus médicinales ou psychotropiques (du Capricorne). D’abord accueillie en Europe au XVI° siècle comme plante d’ornement, sa production et son rendement dépassent de loin celles d’autres plantes comme le lin ou le chanvre. Fin XVII° se montent de partout des manufactures des tabacs, et l’exploitation devient mondiale. Fait notable : en 1821, le Dictionnaire des sciences médicales cite le tabac parmi les végétaux « dont les qualités, dangereuses à cause de leur trop grande activité et de leur action en quelque sorte corrosive sur les tissus, doit rendre l’emploi fort rare »

Le développement de la culture patriarcale, l’esprit de compétition, la pression sociale, le maintien des inégalités, amènent les personnes à consommer le tabac sous forme de cigarette. L’État décide même de taxer la plante et de monopoliser la fabrication et la distribution, rajoutant un argument non négligeable sur l’incitation à la consommation.

Et non : on ne peut pas dire que la vapoteuse soit beaucoup plus saine…

Je vous partage ce sport de la DNF (Demain sera Non-Fumeur) de 2010 :

Le double discours des gouvernements

D’un côté, l’Etat fait du tabac un enjeu sanitaire majeur ; d’un autre, les taxes que les ventes de celui-ci rapportent tellement qu’ils ne peuvent s’en passer. Comment faire ?

Certains voient dans la hausse du prix des paquets une luxisation du produit, pour aider les fumeurs actuels à s’orienter vers des thérapies et privilégier les plus riches dans leur problématique de santé. D’autres voient que la majorité d’entre eux sont prêts à se ruiner autant la santé que le portefeuille, advenant ce que pourra.

Rappelez-vous : les tabacs étaient les premiers commerces indispensables en plein confinement… Leur fermeture provoquerait sans exagération une véritable guerre civile…

L’addiction n’est pas le propre de l’homme

L’addiction au composé actif du tabac, la nicotine, est réel et même chez les singes. On pensera au chimpanzé Azalea en 2016, à l’orang-outan Tory en 2012 ou son homologue Ozon en 2018.

Comme toute drogue, plus c’est consommé jeune, plus l’addiction s’ancre rapidement. On se souvient également d’Ardi Rizal, l’enfant indonésien de 2 ans qui carburait à 42 clopes par jour en 2010 ; aujourd’hui, après s’être rué sur la nourriture pour compenser le sevrage tabagique et son insulino-dépendance, il semble bien aller…

On passera outre les affres du tabagisme passif sur les animaux de compagnie… Pourtant, dans la nature, on peut aussi noter que certains animaux ont leurs faiblesses :

  • les chats et leur herbe à chat
  • les muflons et le lichen psychotrope
  • les éléphants et l’iboga
  • les wallabys et le pavot
  • les lémuriens et les mille-pattes
  • les rennes et l’amanite tue-mouches
  • les dauphins et le fugu (en petite dose)
  • les oiseaux et les fruits fermentés